La disponibilité du gaz domestique devient une préoccupation pour certains ménages à Yaoundé et à Douala. Sur le terrain, des consommateurs rapportent des difficultés à trouver une bouteille dans plusieurs points de vente. Une consommatrice rencontrée à Yaoundé raconte avoir parcouru plusieurs points de vente dimanche dernier avant de finalement trouver une bouteille à Nyom. Cette situation intervient dans un contexte où l’offre de GPL fait l’objet de mesures de renforcement au niveau national.
Plusieurs points de vente avant de trouver une bouteille
Tout commence dimanche, lorsque la consommatrice constate que sa deuxième bouteille est vide. Elle dispose de deux bouteilles, l’une de Tradex et l’autre d’Afrigaz, mais se retrouve tout de même sans réserve lorsque les deux arrivent à épuisement.
Elle commence ses recherches dans plusieurs points de vente Tradex. Elle se rend notamment à Olembé, puis à Emana et Bastos, sans parvenir à obtenir une bouteille selon son témoignage.
La recherche du gaz de nos jours, c’est vraiment un combat de titans. Vraiment, c’est très, très difficile.
Son fils lui propose alors de se rendre à Nyom, où un vendeur leur avait déjà fourni du gaz. C’est finalement à cet endroit qu’elle réussit à s’approvisionner.
6 500 FCFA homologués, 8 500 FCFA payés
Au Cameroun, le prix homologué de la bouteille classique de gaz domestique de 12,5 kg est fixé à 6 500 FCFA. Mais après plusieurs recherches, la consommatrice affirme avoir déboursé 8 500 FCFA pour obtenir sa bouteille.
Le monsieur nous vendait le gaz à 8 500 francs.
Les 8 500 FCFA ne correspondent donc pas au tarif officiel. Dans ce cas précis, la consommatrice a payé 2 000 FCFA supplémentaires par rapport au prix homologué.
Une offre fragilisée par le départ du Hilli Episeyo
Cette situation intervient alors que l’approvisionnement du marché camerounais connaît une évolution importante. Avant son départ, le Hilli Episeyo contribuait à l’offre nationale avec près de 30 000 tonnes de GPL.
Depuis cette sortie du dispositif d’approvisionnement, la production locale de Bipaga ne suffit pas à couvrir les besoins du marché. Le gouvernement a donc engagé des démarches pour faire venir 60 000 tonnes de GPL afin de renforcer les disponibilités. Dans le même temps, la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) a augmenté sa capacité de stockage de GPL à Bonabéri, passée de 2 500 à 3 500 tonnes.
le manque conduit au charbon
la difficulté est également rapportée par la consommatrice. Son petit frère aurait effectué plusieurs déplacements dimanche à la recherche d’une bouteille, sans succès.
Mon petit frère est allé acheter le gaz. Il a fait le tour de Douala. Il n’a pas trouvé le gaz dimanche. Il a fait recours au charbon.
Pour les ménages concernés, l’épuisement des réserves transforme ainsi une difficulté d’achat en problème immédiat pour la préparation des repas. Le recours au charbon devient alors une solution de remplacement lorsque le GPL n’est pas disponible.
Les mesures d’approvisionnement attendues
L’importation envisagée de 60 000 tonnes doit contribuer à renforcer l’offre disponible sur le marché national. Elle s’ajoute à l’augmentation des capacités de stockage de la SCDP, alors que le pays cherche à compenser la disparition de la contribution du Hilli Episeyo et l’insuffisance de la production locale.
Sur le terrain, les consommateurs restent confrontés à une disponibilité variable selon les points de vente, avec, dans certains cas, des écarts entre le tarif homologué et le prix effectivement payé.
La disponibilité du GPL dans les prochains jours dépendra notamment de l’arrivée effective des volumes recherchés et de leur répartition dans les différents circuits de distribution. Pour les ménages, l’enjeu reste de pouvoir retrouver une bouteille au tarif homologué sans multiplier les déplacements entre les points de vente.

