FMI – Banque mondiale : le Cameroun défend des financements à bas coût face au piège de la dette en Afrique

Aux Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok, le ministre camerounais des Finances défend un meilleur accès aux financements concessionnels pour les pays africains. Un plaidoyer qui renvoie à une question centrale : comment financer les infrastructures et soutenir la croissance sans alourdir davantage le poids de la dette ?

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Louis-Paul Motazé, ministre des Finances du Cameroun

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Le financement du développement africain reste confronté à une équation délicate : mobiliser davantage de capitaux tout en maîtrisant leur coût. C’est dans ce contexte que Louis-Paul Motazé, ministre camerounais des Finances, a plaidé, le 17 octobre 2026 à Bangkok, pour un accès renforcé aux financements concessionnels et un soutien accru des institutions financières internationales. Son intervention, prononcée devant le Comité monétaire et financier international au nom d’un groupe de pays africains, souligne les limites des ressources nationales face à l’ampleur des besoins de développement.

Le coût du crédit, un frein à l’investissement

Pour les économies africaines, l’accès aux financements ne dépend pas uniquement de la capacité à emprunter. Les taux d’intérêt, les échéances de remboursement et les conditions d’octroi déterminent également la soutenabilité des projets et la marge de manœuvre des États. Selon les données de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), les emprunts sur les marchés intérieurs des pays en développement ont coûté, en moyenne, 2,8 points de pourcentage de plus que les financements extérieurs entre 2014 et 2024. Cette différence illustre le poids que peuvent représenter les conditions d’emprunt dans le financement des politiques publiques.

Pour le Cameroun, l’enjeu est particulièrement important. Le financement des routes, des infrastructures énergétiques, de l’eau potable et des équipements sociaux exige des ressources considérables. Or, lorsque le coût de la dette augmente, une part plus importante des recettes publiques doit être consacrée aux remboursements, au détriment potentiel des investissements et des dépenses sociales.

Des financements concessionnels pour préserver les marges budgétaires

Le plaidoyer de Louis-Paul Motazé vise notamment à améliorer l’accès à des ressources concessionnelles, proposées à des conditions plus favorables que les financements commerciaux classiques. Ces mécanismes peuvent offrir des taux plus faibles, des échéances plus longues et, selon les dispositifs, des périodes de grâce.

Le ministre appelle également à une mobilisation accrue des capitaux privés et à une amélioration des mécanismes de restructuration des dettes souveraines. L’objectif est de permettre aux pays en développement de mieux répondre à leurs besoins de financement sans compromettre leur stabilité budgétaire.

Un plaidoyer qui dépasse les frontières nationales

À Bangkok, la position défendue par Louis-Paul Motazé s’inscrit dans une préoccupation partagée par de nombreuses économies africaines, celle de financer leur transformation structurelle sans voir le service de la dette absorber une part excessive de leurs ressources.

Reste à traduire ce plaidoyer en engagements financiers concrets, en décaissements plus rapides et en projets capables de générer des retombées économiques durables pour les économies africaines.

Notons que la délégation camerounaise était conduite conjointement par Louis-Paul Motazé, ministre des Finances, et Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire.

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