Coton africain : 30 milliards de FCFA de produits bloqués au port d'Abidjan

Coton africain : 30 milliards de FCFA de produits bloqués au port d'Abidjan

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La filière cotonnière ouest-africaine est confrontée à un défi majeur : la congestion record du port d’Abidjan bloque 3 000 tonnes de coton, soit 30 milliards de FCFA (environ 45,7 millions d’euros), au moment où la campagne 2026-2027 bat son plein. Selon Ivoire Coton, l’attente à Abidjan atteint jusqu’à trois mois, contre trois semaines normalement.

L’engorgement de la plateforme portuaire d’Abidjan est dû à une combinaison de facteurs, notamment la hausse des volumes à exporter et une chaîne logistique terrestre saturée. Selon Kuehne+Nagel, groupe d’entreprises spécialisées dans le transport routier, maritime et aérien, ainsi que dans la logistique, le parc à conteneurs et les camions sont affectés par un taux d’occupation élevé, une fiabilité des équipements insuffisante et une capacité de transport limitée, ce qui freine la productivité du terminal.

Le coût de la congestion du port d’Abidjan dépasse largement les frais de quai

Les conteneurs vides manquent et les fenêtres d’accostage sont courtes, révèle la directrice commerciale d’Ivoire Coton et de Faso Coton. La réputation de l’origine africaine est en jeu. Kassoum Koné, président de l’Association cotonnière africaine, a expliqué sur RFI que le coût de la congestion du port d’Abidjan dépasse largement les frais de quai. Il affirme que ce coût affecte la trésorerie de toute la filière cotonnière et nuit à la réputation de l’origine africaine, au moment où les volumes à écouler augmentent.

Les cotonculteurs ne sont pas payés, ce qui entraîne des difficultés financières pour les producteurs et les sociétés cotonnières, dit-il.

Des opportunités d’investissement malgré la congestion du port d’Abidjan

Cette congestion du port d’Abidjan révèle des opportunités d’investissement. Il s’agit notamment de la construction de nouveaux ports secs en Afrique de l’Ouest et du lancement des chantiers routiers. A ce sujet, le port sec de Parakou, au Bénin, manque par exemple de liaisons et d’équipements de stockage près des usines d’égrenage selon la Société Internationale de Transport Africain par Rail (SITARAIL).

Malgré la saturation des sorties, les objectifs de production pour 2026-2027 sont en hausse. Les informations disponibles annoncent que le Bénin vise 700 000 tonnes de coton-graine, le Burkina Faso 534 250 tonnes, le Mali 598 500 tonnes, la Côte d’Ivoire 400 000 tonnes et le Togo 105 000 tonnes.

Cette production projetée est majoritairement destinée à l’exportation. Une activité menacée par la congestion du port d’Abidjan, qui pourrait durer entre six et 12 mois, selon une analyse d’Hylios, cabinet de conseil français indépendant, spécialisé dans l’assistance à maîtrise d’ouvrage.

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