Longtemps considéré comme l’un des grands projets miniers inachevés du continent africain, Simandou est désormais entré dans sa phase de production et d’exportation.
Le mégaprojet Simandou, le plus vaste projet minier et d’infrastructure d’Afrique, est aujourd’hui réalisé
S’est, d’ailleurs, réjouit le président guinéen, Mamadou Doubouya, le 24 septembre 2026 lors de son discours à l’occasion de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Le projet repose, selon les autorités guinéennes, sur un vaste système intégré comprenant les mines, un réseau ferroviaire, des infrastructures portuaires et toute une chaîne logistique destinée à acheminer le minerai vers les marchés internationaux.
En effet, avec ses importantes réserves de minerai de fer, ses infrastructures ferroviaires et portuaires et les investissements mobilisés, Simandou est appelé à modifier en profondeur le paysage économique guinéen. L’enjeu dépasse donc l’exploitation d’un gisement. Pour les autorités guinéennes, il s’agit de transformer la richesse minière en croissance durable, emplois, infrastructures et diversification économique.
Simandou, un projet pour modifier en profondeur le paysage économique guinéen
Cette dimension infrastructurelle pourrait constituer l’une des principales retombées à long terme pour la Guinée. En tout cas, l’une des principales attentes concerne l’impact du projet sur la croissance économique nationale. D’ailleurs, selon les dernières perspectives présentées par la Banque africaine de développement, la croissance du PIB guinéen pourrait atteindre 9,3 % en 2026 et 9,8 % en 2027. En 2025, le PIB était arrêté à 7,4 %.
De son côté, la Banque mondiale prévoit une croissance économique de 8,8 % en 2026 et 11,1 % en 2027-2028, à mesure que la production de fer de Simandou montera en puissance. Et pour la Banque mondiale, Simandou peut représenter une occasion de transformer l’économie guinéenne, à condition que les réformes macroéconomiques, fiscales et sectorielles nécessaires soient mises en œuvre.
Un PIB attendu à 9,8 % en 2027 selon la Banque africaine de développement
Pour le moment, au-delà de l’exportation du minerai brut, les autorités guinéennes affichent l’ambition de favoriser davantage la transformation industrielle. Pour cela, elles envisagent d’utiliser les revenus et les infrastructures du projet minier comme levier pour développer l’industrie, l’agriculture, l’énergie, les transports et le capital humain. Cette stratégie répond à une préoccupation centrale : éviter que l’économie guinéenne ne dépende davantage d’une simple exportation de matières premières. A noter qu’une économie dépendante des exportations minières reste exposée aux fluctuations internationales des prix des matières premières. La diversification devient donc un impératif. Ainsi, l’agriculture, l’industrie, l’énergie, doivent permettre à la Guinée de ne pas faire reposer son développement uniquement sur le fer.
La Banque mondiale prévoit une croissance économique de 8,8 % en 2026 et 11,1 % en 2027-2028
Le développement d’un écosystème de fournisseurs locaux constitue également une attente importante. Les activités induites par Simandou pourraient offrir des débouchés aux entreprises guinéennes. Mais, la réussite de cette stratégie dépendra toutefois de la capacité des PME locales à répondre aux exigences techniques, financières et qualitatives des grands opérateurs. Dans tous les cas, le projet apporte à la Guinée des infrastructures majeures, des investissements considérables et la perspective d’importantes recettes publiques. Mais l’impact réel sur la population dépendra de la manière dont ces ressources seront gérées et redistribuées dans l’économie. Pour le moment, le FMI insiste sur la nécessité de renforcer la gestion des ressources naturelles, d’investir dans le capital humain et les infrastructures et de diversifier l’économie.
Le projet apporte à la Guinée des investissements considérables, la perspective d’importantes recettes publiques, mais…
Pour rappel, au premier semestre 2026, SimFer, coentreprise réunissant l’État guinéen, Rio Tinto et le consortium CIOH conduit par Chinalco, a annoncé l’expédition de 2,2 millions de tonnes de minerai de fer. Le réseau ferroviaire, aussi, a été entièrement mis en service au premier trimestre 2026. Du côté de la mine, le taux d’avancement a atteint 77 % en août, tandis que les infrastructures portuaires sont annoncées à 85 %.
Il faut savoir que le projet repose sur quatre blocs miniers dans le sud-est de la Guinée. Le minerai doit être acheminé vers la côte à travers un réseau ferroviaire de plus de 650 kilomètres avant son exportation depuis le port de Morebaya. Les investissements sont estimés à plus de 20 milliards de dollars, soit plus de 11500 milliards de Fcfa, et la production à pleine capacité pourrait atteindre environ 120 millions de tonnes par an.

