Le 15 octobre 2026, un décret présidentiel désigne les nouveaux membres du conseil d’administration de la MAGZI. Quatre jours plus tard, le 19 octobre, le nouveau président du conseil d’administration, Florent Guy Ela Foe ,est officiellement installé à Yaoundé, aux côtés des autres administrateurs, par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, le professeur Fuh Calistus Gentry.
Au moment de présenter le nouveau PCA, le ministre de tutelle insiste sur son expérience, qu’il juge susceptible de contribuer au redressement de la structure. Il met également en avant deux traits de caractère attribués à Florent Guy Ela Foe : la loyauté et la pondération. Des qualités que le responsable devra traduire dans la conduite des travaux du conseil d’administration, le suivi des décisions stratégiques et le contrôle de la gestion de l’entreprise.
La MAGZI, un patrimoine industriel de 2 277 hectares
L’importance de la mission confiée au nouveau PCA se mesure d’abord à l’ampleur du patrimoine géré par l’entreprise. Selon les données communiquées sur le portefeuille de la MAGZI, celle-ci gère actuellement onze zones industrielles aménagées au Cameroun, représentant 1 293 hectares sur un patrimoine foncier global de 2 277 hectares. Ces espaces accueillent plus de 405 entreprises.
Pour les investisseurs, la disponibilité du foncier ne suffit toutefois pas. L’attractivité d’un site dépend également de la qualité des routes, de l’accès à l’électricité et à l’eau, des dispositifs d’assainissement, de la sécurité foncière et de la prévisibilité des coûts d’installation et d’exploitation.
Le portefeuille de la MAGZI constitue ainsi un levier de développement, mais également une responsabilité importante. La question centrale n’est plus uniquement celle de la superficie des terrains disponibles. Elle porte aussi sur leur niveau d’équipement, leur capacité d’accueil et leur aptitude à répondre aux standards attendus par les entreprises nationales et internationales.
Le financement, chantier majeur de la nouvelle gouvernance
C’est précisément sur le financement et le fonctionnement des zones industrielles que les attentes de la tutelle sont les plus fortes. Lors de l’installation du nouveau conseil d’administration, le professeur Fuh Calistus Gentry a insisté sur les difficultés que traverse actuellement la MAGZI, appelant à une gestion rigoureuse et à une exécution stricte des orientations gouvernementales.
Le problème du financement se révèle comme un grand défi : comment financer durablement l’aménagement, la modernisation et l’entretien des infrastructures industrielles dans un contexte où les besoins d’investissement sont considérables ?
Un rapport issu d’une enquête socio-économique menée par la MAGZI et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), entre novembre 2025 et février 2026, a mis en évidence ce paradoxe. Selon les données présentées en juin 2026, les entreprises implantées dans les zones industrielles concernées ont généré un chiffre d’affaires estimé à 7 000 milliards de FCFA en 2024. Pourtant, les financements reçus par la MAGZI sur près de cinquante ans auraient atteint seulement environ 20 milliards de FCFA.
Ces données illustrent le décalage entre le poids économique des activités industrielles et les moyens mobilisés pour aménager et entretenir les espaces qui les accueillent. Des infrastructures vieillissantes, des difficultés logistiques et des insuffisances dans les réseaux peuvent renchérir les coûts de production et réduire la compétitivité des entreprises. Pour Florent Guy Ela Foe, l’enjeu sera donc de contribuer à l’identification de solutions de financement adaptées.
Une gouvernance axée sur la performance et la compétitivité
À la tête du conseil d’administration, Florent Guy Ela Foe devra veiller à la qualité de la gouvernance, au contrôle de la gestion et au suivi des orientations stratégiques, en collaboration avec le directeur général, responsable de la gestion opérationnelle. Son action sera également attendue sur la modernisation des infrastructures, l’attractivité des zones industrielles et l’amélioration des services aux entreprises.
Dans un contexte marqué par la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’enjeu est de faire des onze zones industrielles aménagées de véritables pôles de production, d’innovation et de création d’emplois, capables de renforcer la compétitivité du Cameroun en Afrique centrale. Pour relever ce défi, le nouveau PCA pourra compter sur un conseil d’administration de plusieurs membres représentant la Présidence de la République, les services du Premier ministre, plusieurs départements ministériels et la Chambre de commerce, de l’industrie, des mines et de l’artisanat.

