Cameroun : 1 119 milliards de FCFA à mobiliser pour réduire les importations alimentaires

Le Cameroun prévoit de mobiliser environ 1 119 milliards de FCFA sur la période 2026-2030 dans le cadre du Pacte AgriConnect, lancé le 21 octobre 2026 à Yaoundé avec le Groupe de la Banque mondiale. Le programme cible huit chaînes de valeur agricoles et vise une réduction de 28 % de la facture des importations alimentaires d’ici 2030, selon le Fonds international de développement agricole (FIDA).

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Le secteur agroalimentaire représente environ 17 % du produit intérieur brut (PIB) du Cameroun et emploie près de 4,7 millions de personnes, soit 42 % de la population active, selon la Banque mondiale et le FIDA. Malgré ce poids dans l’économie, les importations alimentaires absorbent en moyenne 3,5 % du PIB chaque année, d’après le fond internationale de développement agricole (FIDA).

Pour réduire cette dépendance, le gouvernement camerounais a lancé le Pacte AgriConnect, un programme couvrant la période 2026-2030. Les besoins d’investissement sont estimés à 1,87 milliard de dollars, soit environ 1 119 milliards de FCFA. Le dispositif prévoit des interventions sur la production, les infrastructures agricoles, la transformation des produits et l’accès au financement.

1 119 milliards de FCFA pour huit chaînes de valeur agricoles

Le Pacte AgriConnect prévoit 24 interventions nécessitant environ 1,87 milliard de dollars sur cinq ans. Les actions annoncées concernent notamment l’accès aux semences, la mécanisation, l’irrigation, les infrastructures rurales, les capacités de stockage, la transformation agroalimentaire et le financement des producteurs.

Huit chaînes de valeur sont ciblées : le riz, le maïs, le manioc, le palmier à huile, le cacao, le soja, les produits laitiers, ainsi que la pêche et l’aquaculture.

Le programme associe le gouvernement, le Groupe de la Banque mondiale, le FIDA, la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne, l’Agence française de développement (AFD), l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), le secteur privé et les organisations de producteurs.

Selon la Banque mondiale, le Pacte s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), la Stratégie de développement du secteur rural et le Programme intégré de substitution des importations agropastorales et halieutiques (PIISAH).

Une baisse de 28 % de la facture alimentaire visée en 2030

Le FIDA fixe comme objectif une réduction de 28 % de la facture des importations alimentaires du Cameroun d’ici 2030. Celle-ci devrait passer d’environ 1,6 milliard de dollars à 1,15 milliard de dollars.

Le programme prévoit également plusieurs objectifs de production à l’horizon 2030. La production annuelle de maïs devrait atteindre 6 millions de tonnes, tandis que celle d’huile de palme est visée à 800 000 tonnes.

Pour le riz, le Pacte prévoit un taux d’autosuffisance de 55 %. La production nationale de lait devrait couvrir 60 % de la demande intérieure. Dans la pêche et l’aquaculture, l’objectif annoncé est de porter la production à 450 530 tonnes. Ces indicateurs doivent permettre de suivre l’évolution de la production nationale et la place des produits locaux dans l’approvisionnement du marché camerounais.

Le financement, les infrastructures et l’accès aux marchés au cœur du dispositif

Le Pacte repose sur trois axes : le renforcement des capacités de production agricole, les réformes des politiques sectorielles et le développement des mécanismes de financement.

Les interventions prévues portent notamment sur l’accès aux intrants agricoles, l’irrigation, les équipements, les infrastructures de stockage et la chaîne du froid. Elles comprennent également le développement des services de conseil agricole, les solutions numériques et les mesures relatives au foncier.

Le FIDA indique que le développement du secteur reste freiné par l’accès limité aux intrants de qualité, aux infrastructures, aux technologies, aux marchés et aux financements.

Au Cameroun, ses programmes en cours couvrent notamment les filières riz et oignon, l’entrepreneuriat agropastoral des jeunes et des femmes, ainsi que les activités liées au cacao, au café et à la résilience climatique.

Le Pacte AgriConnect doit coordonner ces interventions avec les priorités nationales et les actions des partenaires techniques et financiers. Un comité de pilotage coprésidé par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural et le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales est chargé de superviser sa mise en œuvre.

À l’horizon 2030, le Pacte AgriConnect prévoit de porter la production annuelle de maïs à 6 millions de tonnes, celle d’huile de palme à 800 000 tonnes et de réduire de 28 % la facture des importations alimentaires. Le programme mobilise un besoin d’investissement estimé à 1,87 milliard de dollars sur la période 2026-2030. Ces objectifs constituent les principaux indicateurs à suivre pour mesurer l’évolution de la production agricole et de la dépendance alimentaire du Cameroun.

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