Diouma Dieng Diakhaté : de l’ombre du garage familial aux lumières de la haute couture

La fondatrice de Shalimar Couture a, pièce par pièce, cousu sa place dans l'histoire de la mode sénégalaise

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Il y’a des destins qui commencent bien avant la première consécration. Celui de Diouma Dieng Diakhaté prend forme dans l’enfance, au milieu des étoffes, des rêves de coquetterie et d’une envie irrésistible de créer. En effet, bien avant que son nom ne soit associé à Shalimar Couture et aux garde-robes de personnalités africaines de premier plan, la styliste sénégalaise avait déjà trouvé sa vocation. Il lui restait à inventer le chemin pour en faire un métier. Dans une autobiographie intitulée « Les secrets d’une réussite », elle raconte ses débuts.

Et il faut dire que ses premières créations sont modestes, parfois réalisées avec des morceaux de tissu récupérés. Ses poupées, ses sœurs et ses amies deviennent ses premiers modèles. Elle apprend par la pratique, par l’observation et par l’expérimentation. Mais la passion ne dispense pas des réalités matérielles. Pour assurer son avenir, elle s’oriente vers le monde des salariés. Devenue secrétaire de direction pendant plusieurs années, elle consacre ses journées au travail administratif, les heures libres et les week-ends, à la couture.

Ses poupées, ses sœurs et ses amies…. ses premiers modèles

Cependant, il faut parfois une occasion pour que le talent cesse d’être une affaire privée et rencontre son public. Et pour Diouma Dieng Diakhaté, ce moment se situe en 1981, à l’occasion d’un mariage familial au Mali. Elle y porte un boubou en bazin brodé de fil jaune qu’elle a elle-même confectionné, mais, la tenue attire l’attention et suscite l’admiration. « Tous n’avaient que mon nom à la bouche », confie-t-elle lors d’un entretien en prélude de la présentation de son ouvrage.

À son retour, elle rapporte plusieurs commandes :

une soixantaine de coupons et des commandes dépassant un million,

selon elle.

Celle-ci affluent au point de donner une nouvelle dimension à son activité. Cette expérience lui permet de réunir les moyens nécessaires pour acquérir deux machines à coudre. Elle décida de transformer le garage familial en atelier. Ce tournant révèle un trait déterminant de son parcours : sa capacité à reconnaître une opportunité et à la convertir en action. Là où le succès aurait pu rester une gratification personnelle, elle voit la possibilité de bâtir une activité durable. Le vêtement qu’elle porte devient ainsi bien plus qu’une démonstration de talent : il ouvre une porte vers l’entrepreneuriat.

Un mariage familial en 1981, là où tout a commencé

Les commandes se multiplient et le garage familial qu’elle avait transformé en atelier ne suffit plus. Diouma Dieng Diakhaté décide de franchir alors une nouvelle étape en développant son activité dans des locaux plus adaptés. Elle confie avoir acquis Shalimar grâce à un prêt bancaire qu’elle rembourse progressivement. Avec la structure, la styliste donne progressivement une autre dimension à son travail. La maison s’impose dans l’univers de la mode africaine, portée par des créations raffinées et une clientèle qui dépasse les frontières du Sénégal. En effet, Diouma Dieng Diakhaté, diva de la mode, dessine des tenues de gala pour des chefs d’état, des couples présidentiels africains et des célébrités des quatre coins du monde.

Bref, l’histoire de Diouma Dieng Diakhaté tient dans un contraste : un garage modeste à l’origine, une maison de couture reconnue à l’arrivée, des créations d’abord destinées à son entourage, puis une clientèle qui dépasse les frontières nationales, une passion d’enfant, devenue une activité économique structurée.

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