Avec une production annuelle dépassant 150 000 tonnes, la filière mangue classe le Sénégal parmi les principaux exportateurs africains, notamment vers l’Europe et la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Au Sénégal , la mangue représente la deuxième production fruitière après la pastèque.
Les principales zones de production sont la région de Thiès, la Casamance (Ziguinchor) et la Vallée du Fleuve Sénégal . La région naturelle de la Casamance est la première zone de production de mangue au Sénégal avec plus de 55 % de la production nationale moyenne, selon les données du rapport de My Casamance. Elle demeure aussi la zone de production la plus importante de mangue. Le Sine-Saloum joue aussi un rôle clé dans la production de mangues au Sénégal , avec environ 5 306 tonnes de mangues par an.
Des records d’exportation vers l’Europe
Concernant les exportations, des progrès, ont, aussi, été notés. Le Sénégal bat depuis des années des records d’exportation de mangues vers l’Europe, avec 17 mille tonnes en 2017, 21 mille tonnes en 2018, 19,5 en 2019 et près de 15 mille tonnes en 2020. Le cluster Mangue du Sine-Saloum a d’après le rapport du Programme d’Accélération Compétitive et Emplois publié en 2024, modernisé ses vergers et produit environ 5 306 tonnes de mangues par an, soit 4,08% de la production nationale estimée à 130 000 tonnes. La région couvre une superficie de 1 061 hectares avec 130 572 manguiers, incluant des variétés locales pour les marchés intérieurs et des variétés commerciales comme kent, keitt, et tommy atkins pour l’exportation. Les variétés locales comprennent sewe, greffal, papaye, boukodiexal, thiéré, diourou, ousseynou, diegbougatt, etc.
En 2026, les exportations ont augmenté de 15 % par rapport à la saison précédente, avec un volume d’exportation dépassant 19 000 tonnes », confie Abdoulaye Ndiaye Seck, Chef de la division législation phytosanitaire à la Direction de la protection des végétaux (DPV) qui s’est exprimé sur FreshPlaza en août 2026.
Le Sénégal détient la plus longue saison de mangue selon Bacary Seydi, journaliste consultant et membre de « Foumangaffe » (Festival annuel centré sur la production de la mangue). Contrairement aux autres pays comme le Brésil qui a une forte production et l’Afrique du SUD, sa saison est de six mois.
De la moutarde, du couscous, du Thiakri, du savon, des produits dérivés de la mangue
La filière représente une source de revenu pour les femmes et les jeunes. Selon Bacary Seydi, membre du festival Foumangaffe ces dernières années, il y a un dynamisme notable autour de la filière. Les femmes produisent plusieurs produits dérivés du fruit, tels que la moutarde, le couscous, le Thiakri, le savon, entre autres.
Il est important de savoir qu’en 2022, dans la transformation, les produits dérivés de la mangue ont représenté une opportunité énorme pour ajouter de la valeur à la production. Une petite coopérative à Ziguinchor en 2022 avait commencé à produire du jus de mangue bio, vendu sur les marchés locaux et prévu dans les supermarchés de Dakar. En un an, la coopérative avait multiplié par quatre ses revenus, passant de 2 millions de FCFA à 8 millions de FCFA.
La filière mangue a longtemps fait ses preuves, notamment en 2022 avec un volume d’exportation de près de 20 000 tonnes de mangues principalement vers les marchés européens tels que la France, les Pays-Bas et la Belgique. Ces exportations ont généré des revenus estimés à plus de 10 milliards de FCFA (environ 15 millions d’euros), contribuant positivement à la balance commerciale du pays.
Selon Bacary Seydi, joint par téléphone, « le gouvernement tient à faire de la mangue une filière phare et créer des champions au niveau local. Il œuvre à faciliter le passage de l’artisanat à l’industrie à travers les agropoles, dont un dispositif est installé en Casamance ».
Il faut préciser que cette structure offre des dispositifs matériels, logistiques, de formation et d’accompagnement technique pour inciter les femmes et les entrepreneurs à se lancer dans la transformation de la mangue. Il s’agit de leur permettre d’accéder à des matériels qu’elle n’aurait pas par elles-mêmes. « Cela contribue à développer la filière et à créer des opportunités économiques pour les populations locales », conclut le le journaliste consultant, Bacary Seydi.

