Fin de mission du Fonds monétaire international au Sénégal. Après 12 jours de négociations avec les autorités, la mission conduite par Mercedes Vera Martin et les autorités sénégalaises sont parvenus à un accord au niveau des services sur les principales politiques économiques. Ce qui ouvre la voie à un nouvel accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) destiné à appuyer le programme global de réformes économiques des autorités. Lequel vise à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, à réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures, à accroître les dépenses sociales et à soutenir une croissance durable tirée par le secteur privé.
Les autorités sénégalaises et les services du FMI sont parvenus à un accord au niveau des services sur les principales politiques économiques qui pourraient sous-tendre un accord de 36 mois au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars soit 1243 milliards de Fcfa, afin d’appuyer le programme de réformes économiques et financières des autorités pour la période 2026–2029,
a déclaré Mercedes Vera Martin après son entretien avec les autorités.Le programme vise à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, à réduire les vulnérabilités budgétaires
Et même si cet accord demeure soumis à l’approbation du conseil d’administration du FMI, les autorités sont invitées à mettre en œuvre des mesures destinées à renforcer davantage les finances publiques et à améliorer la transparence budgétaire, tout en améliorant l’environnement des affaires et en favorisant l’inclusion financière. « L’accord reste soumis à l’approbation de la direction et du conseil d’administration du FMI. Il nécessite par ailleurs la mise en œuvre de mesures correctrices résolues à l’appui de la demande de dérogation présentée par les autorités dans le cadre du cas de communication d’informations erronées, avant l’approbation par le conseil d’administration », a-t-elle précisé.
Selon la cheffe de la mission du Fmi, l’économie sénégalaise est demeurée résiliente, enregistrant une croissance de 6,7 % en 2025 grâce à la première année complète de production pétrolière, bien que la croissance du PIB hors hydrocarbures ait ralenti à 2,2 %. L’inflation est restée dans la fourchette cible à 1,4 %. Au premier trimestre 2026, la croissance du PIB hors hydrocarbures a rebondi à 4,7 % en glissement annuel, soutenue par la vigueur de la consommation privée. Ainsi, indique-t-elle, « les principales réformes prévues dans le cadre du programme appuyé par le FMI visent à rétablir la viabilité des finances publiques tout en protégeant les ménages vulnérables. La stratégie budgétaire repose sur le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures et la rationalisation des dépenses, tout en consolidant les filets de protection sociale, en particulier grâce à des transferts monétaires ciblés ».
Les autorités sénégalaises déterminées à renforcer la gouvernance budgétaire
Les réformes structurelles, poursuit-elle, « étayeront la stratégie budgétaire en faveur d’un assainissement durable. Les autorités prévoient d’adopter en 2027 une stratégie de recettes à moyen terme qui renforcera la mobilisation des recettes intérieures et contribuera à dégager des marges de manœuvre pour les dépenses prioritaires. Les autorités sont aussi déterminées à renforcer la gouvernance budgétaire, notamment par une meilleure gestion de la dette publique, un suivi accru des arriérés intérieurs et une supervision renforcée des entreprises publiques. Les réformes destinées à améliorer l’environnement des affaires et à promouvoir l’inclusion financière contribueront à soutenir une croissance tirée par le secteur privé. En outre, les autorités ont annoncé leur intention de solliciter un traitement de la dette afin de rétablir sa viabilité ».


