Le Sénégal entend faire de la réforme de son secteur électrique un levier de transformation économique. Engagé dans le cadre du deuxième Compact énergétique conclu avec les États-Unis, ce chantier porte sur la modernisation du cadre réglementaire, le renforcement des institutions et l’amélioration des conditions d’intervention des acteurs du secteur. Profitant de l’atelier de présentation des réformes du secteur de l’électricité et du guichet unique ce 27 octobre 2026, Oumar Diop, directeur général du Millennium Challenge Account Sénégal II (MCA-Sénégal II) a rappelé l’importance stratégique de cette transformation.
Le Gouvernement du Sénégal, conscient du fait que le secteur de l’énergie constitue un levier fondamental pour la transformation économique et sociale, a orienté le second Compact vers la modernisation et le renforcement du secteur de l’électricité
a-t-il déclaré.
Pour accompagner cette dynamique, affirme M. Diop, le MCA-Sénégal II, avec le soutien de la Millennium Challenge Corporation (MCC), mobilise plus de 19 milliards de FCFA sur cinq ans pour soutenir les réformes institutionnelles du secteur, selon son directeur général. Les avancées enregistrées concernent notamment le renforcement du cadre juridique, l’amélioration de la régulation et l’introduction de nouveaux mécanismes d’organisation du marché électrique.
Un cadre réglementaire en pleine évolution
Dans son intervention, la Secrétaire permanente à l’Énergie, Oumou Khaïry Diop, a mis en avant l’adoption du Code de l’électricité et de ses textes d’application, ainsi que les progrès réalisés dans la planification intégrée à moindre coût. Elle a également souligné l’introduction de l’accès des tiers au réseau, avec la mise en place du Bureau d’accès au réseau de transport (BART). Ces évolutions doivent contribuer à améliorer l’organisation du secteur et à renforcer les conditions de participation des différents acteurs.
Grâce aux réformes engagées, le secteur de l’électricité devient plus attractif pour les investissements privés,
indique-t-elle.
Le renforcement de la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE) constitue un autre volet de cette transformation. Selon la Secrétaire permanente, l’institution a amélioré sa gouvernance et ses mécanismes de régulation, notamment avec l’adoption de son nouveau cadre juridique, la loi n° 2021-32 du 9 juillet 2021.
Le guichet unique pour centraliser les démarches
La simplification des procédures administratives constitue également l’un des axes des réformes. Le directeur général du MCA-Sénégal II a présenté le SIGTEN (Système Intégré de Gestion des Titres d’Exercice et des Notifications), un guichet unique destiné à centraliser les demandes de titres d’exercice dans le secteur de l’électricité.
Une fois déployé, cet outil constituera le point d’entrée central pour toute demande de titre d’exercice, quel que soit l’opérateur concerné
a-t-il expliqué.
Le dispositif s’inscrit dans une démarche de consolidation des réformes et de communication auprès des acteurs concernés. Sa mise en place doit permettre de disposer d’un point d’entrée commun pour les demandes administratives liées à l’exercice des activités dans le secteur.
Le directeur général du MCA-Sénégal II a également insisté sur la nécessité d’impliquer les parties prenantes dans ce processus. Des campagnes et des sessions d’information doivent ainsi se tenir à Tambacounda, Ziguinchor et Saint-Louis afin de mieux faire connaître les réformes et leurs implications.
L’investissement privé au cœur des ambitions
Au-delà des réformes institutionnelles, le deuxième Compact énergétique comprend des investissements consacrés au renforcement du réseau électrique et à l’élargissement de l’accès à l’électricité. Selon la Secrétaire permanente à l’Énergie, le programme représente 600 millions de dollars soit 352, 902 milliards de Fcfa, auxquels s’ajoutent 50 millions de dollars soit 29, 408 milliards de Fcfa représentant la contrepartie de l’État du Sénégal.
Il repose sur trois composantes : le projet Transport, le projet Accès et le projet Réforme. Le projet Transport porte sur la modernisation et le renforcement du réseau de Senelec. Mme Diop a indiqué que les travaux réalisés au niveau des postes électriques de Kounoune, Hann, Diass et de l’Aéroport international Léopold Sédar Senghor affichaient un taux d’avancement de 99 %. Le projet Accès doit, quant à lui, contribuer à l’objectif d’accès universel à l’électricité à l’horizon 2029, grâce à l’électrification de plus de 300 villages.
Ces deux composantes complètent le volet institutionnel en agissant sur les infrastructures et la desserte électrique. Elles répondent aux contraintes identifiées par les autorités, parmi lesquelles figurent le coût élevé de l’énergie pour les entreprises raccordées au réseau, le faible taux d’accès en dehors de Dakar et le manque de fiabilité de l’approvisionnement, qui alourdit les coûts de production.
Pour les autorités, la transformation du secteur électrique doit contribuer à créer des conditions plus favorables au développement des investissements. L’enjeu est désormais de poursuivre la mise en œuvre des réformes engagées et de consolider les avancées enregistrées.

