Sénégal : ce qu’il faut retenir de la loi de finance rectificative 2026

Le ministre des Finances du Sénégal, Cheikh Diba évoque les contre-performances du Plan de redressement économique et social (PRES), les résultats des régies financières et la stratégie retenue pour couvrir les besoins de financement de l’État.

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La révision de la loi de finances 2026 repose sur un ajustement des prévisions budgétaires aux résultats enregistrés en cours d’exercice. C’est l’explication avancée par le ministre des Finances, Cheikh Diba, lors de son intervention à l’occasion de la conférence de presse organisée par le gouvernement suite au rejet du projet de loi par l’Assemblée nationale, dimanche 25 octobre 2026. Interpellé sur l’évolution des recettes fiscales et douanières, les mesures envisagées pour soutenir le secteur privé et les moyens de couvrir les besoins de financement de l’État, il a mis en avant les écarts entre les prévisions initiales et les réalisations.

Selon l’argentier de l’Etat, la baisse globale des recettes inscrite dans le projet de LFR atteint 340,3 milliards de FCFA. Une situation qu’il attribue principalement aux contre-performances enregistrées dans la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES). Par rapport aux prévisions de la loi de finances initiale, le manque à gagner lié à ce plan est évalué à 450 milliards de FCFA.

Cette situation a été tout de même atténuée par les résultats des administrations fiscales et douanières. Cheikh Diba indique que la Direction générale des impôts et des domaines et la Direction générale des douanes avaient dépassé leurs objectifs cumulés de 81,2 milliards de FCFA à fin septembre.

La baisse globale des recettes inscrite dans le projet de LFR atteint 340,3 milliards de FCFA

Ces performances ont contribué à limiter la baisse des recettes attendues. Il salue, à cet effet, le travail des régies financières, citant les impôts, les douanes et le trésor parmi les services mobilisés dans la collecte des ressources publiques. Du côté des dépenses, il évoque l’évolution du marché pétrolier. Laquelle a, selon lui, modifié les hypothèses retenues lors de la préparation du budget.

L’évolution du marché pétrolier a accru les contraintes auxquelles l’État doit faire face dans la prise en charge de certaines dépenses. Pour le ministre, la révision budgétaire répond ainsi à des évolutions qui n’étaient pas intégrées dans les prévisions initiales et qui affectent simultanément les recettes et les charges publiques.

De son avis, l’ajustement proposé vise à tenir compte des écarts survenus en cours d’exercice. Il intervient alors que l’État doit également poursuivre le règlement de ses engagements et mobiliser les ressources nécessaires à l’exécution de ses dépenses.

Le marché régional au cœur de la stratégie de financement

Pour couvrir les besoins de financement de l’État, le gouvernement entend maintenir son recours au marché financier régional. Cheikh Diba déclare que cette orientation va permettre de mobiliser des ressources sur le marché intérieur, tout en limitant le recours aux financements en devises. Le ministre a justifié ce choix par les risques associés à l’endettement extérieur, dans un contexte où les autorités ont pris des engagements concernant la maîtrise de la dette. Il indique à cet effet, que les opérations de mobilisation se poursuivent et que les actes nécessaires aux prochaines interventions avaient été signés.

L’objectif annoncé est de couvrir l’essentiel des besoins de financement avant le 30 décembre 2026. Selon le Ministre, la question du financement repose également sur les arriérés de paiement de l’État. Il révèle que les autorités avaient engagé un travail de clarification de la dette non financière, notamment à travers les interventions de l’Inspection générale des finances (IGF), après les travaux de la Cour des comptes. Le travail de stabilisation réalisé par l’IGF fait ressortir un stock d’arriérés de 1 956 milliards de FCFA. Et leur apurement devait se poursuivre progressivement, en fonction des ressources disponibles.

Pour 2026, la LFR prévoit 300 milliards de FCFA destinés à ces paiements. L’objectif étant de permettre aux entreprises concernées de retrouver de la liquidité, de relancer leurs activités, de recruter et d’achever des chantiers en cours. Or, en l’absence des ajustements proposés, l’État risquerait de reconstituer les arriérés qu’il cherche à résorber.

La crédibilité financière du Sénégal en jeu

Au-delà des équilibres budgétaires, le ministre insiste sur les conséquences qu’aurait la non-adoption du texte. Il évoque à cet effet les relations avec les acteurs économiques nationaux, mais également avec les partenaires internationaux qui accompagnent le Sénégal dans la couverture de ses besoins de financement. Pour Cheikh Diba, la LFR doit permettre d’adapter le cadre budgétaire aux évolutions constatées et de donner à l’État les moyens de poursuivre l’exécution de ses engagements. Et les entreprises, les infrastructures hospitalières et les projets publics demeurent parmi les domaines concernés par ces arbitrages budgétaires.

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