Le Royaume-Uni a choisi Conakry pour poser un acte commercial d’envergure, en annonçant la mobilisation de 1,1 milliard de livres sterling soit un environ 900 milliards de FCFA de financements et de garanties pour soutenir neuf projets majeurs en Guinée et au Bénin, via UK Export Finance, UKEF. Ces projets concernent des secteurs clés tels que l’éducation, l’eau potable, la transmission électrique et les infrastructures gouvernementales.
Le portefeuille de projets soutenus par UKEF en Guinée s’élève à 1,8 milliard de livres sterling soit 1 411 milliards FCFA couvrant les infrastructures, l’énergie et la formation. Des projets concrets sont déjà en cours, tels que le projet régional d’eau, qui bénéficie d’un financement de 91 millions de livres soit environ 71,34 milliards FCFA destinés à étendre l’accès à l’eau potable, et le projet de transmission de La Côtière à Conakry, qui reçoit 129 millions de livres soit environ 101,1 milliards FCFA avec des opportunités pour les fournisseurs britanniques d’équipements et de technologies de réseau.
UKEF a également signé un protocole d’accord cadre avec la Banque africaine de développement pour cofinancer des projets souverains et non souverains dans des domaines prioritaires, tels que l’énergie, les infrastructures numériques, les minéraux critiques et l’agriculture.
L’offensive de Ukef en Guinée ne relève pas du hasard. La Guinée connaît une croissance économique exceptionnelle, portée par l’exploitation du mégaprojet de fer de Simandou. La croissance guinéenne a atteint 7,3% en 2025 et devrait se maintenir autour de 9% par an sur la période 2026-2028, selon la Banque mondiale. Cependant, le pays doit relever le défi de la transformation locale pour éviter une concentration excessive dans le secteur minier.
Le défi pour la Guinée est de transformer ces financements en valeur ajoutée locale. Le déficit de financement du programme Simandou 2040 est estimé à environ 15 milliards de dollars soit 884,2 milliards selon la Banque africaine de développement. Pour combler cet écart, la mobilisation accrue des ressources et l’approfondissement du système financier national seront nécessaires.

