Le 19 septembre 2026, Bambali a franchi une nouvelle étape dans son développement économique avec la pose de la première pierre de SM10 Agro, un parc agro–industriel évalué à 11,7 milliards de FCFA. Porté par Sadio Mané, le projet repose sur une ambition industrielle : développer une plantation de 500 hectares, valoriser la production de mangues et installer localement des capacités de traitement et de transformation.
Avec une capacité annoncée de 8 500 tonnes par an et plus de 1 000 emplois directs au démarrage, SM10 Agro s’inscrit dans une logique qui dépasse le simple financement d’infrastructures. Il s’agit désormais de mobiliser du capital autour d’une activité productive, de créer une chaîne de valeur et de faire davantage circuler les revenus issus de l’agriculture au sein du territoire. Pour Bambali et, plus largement, pour la région de Sédhiou, le projet ouvre ainsi un nouveau chapitre : celui du passage d’une économie principalement agricole à une ambition agro-industrielle structurée.
De l’infrastructure sociale à l’investissement productif
Bambali n’est pas une nouvelle destination dans le parcours d’investissement de Sadio Mané. Depuis plusieurs années, le footballeur consacre une partie de ses ressources à son village natal, dans la région de Sédhiou.
En 2018, il avait notamment financé la construction d’un lycée évalué à plus de 153 millions de FCFA. En 2021, il a financé un centre de santé d’environ 350 millions de FCFA, destiné à desservir Bambali et plusieurs villages environnants. Plus récemment, une boulangerie moderne, réalisée avec le concours des Grands Moulins de Dakar et de la commune, représente un investissement de 250 millions de FCFA et emploie déjà des jeunes de la commune.
Ces investissements relèvent d’abord de l’accès aux services essentiels. Mais avec SM10 Agro, la logique évolue : il ne s’agit plus seulement de construire une infrastructure qui répond à un besoin, mais de mettre en place un outil de production capable de générer des revenus, des emplois et des débouchés commerciaux. C’est précisément ce changement d’échelle qui donne au projet agro-industriel une dimension particulière.
11,7 milliards FCFA pour faire de la mangue une chaîne de valeur
Le cœur du projet est une plateforme agro-industrielle implantée sur 500 hectares. Les données communiquées font état d’une capacité de traitement de 8 500 tonnes de mangues par an et de plus de 1 000 emplois directs au démarrage. L’objectif annoncé à terme monte à 2 500 emplois.
Le projet ne se limite pas à produire des mangues. Il prévoit leur traitement et leur transformation, avec plusieurs unités destinées notamment à la production de pulpe, mangue séchée et beurre de mangue. Une plantation progressive de 500 hectares de manguiers doit également alimenter cette chaîne.
L’enjeu économique se situe donc dans la transformation locale. Selon les informations communiquées lors du lancement, la région de Sédhiou perd une partie importante de ses récoltes de mangues faute d’équipements suffisants de stockage et de transformation. SM10 Agro entend précisément intervenir sur cette faiblesse de la chaîne.
Autrement dit, la valeur ne doit plus s’arrêter au stade de la récolte. Elle doit continuer dans le stockage, le traitement, la transformation, la commercialisation et, à terme, l’exportation.
Nous voulons créer de la valeur
C’est l’un des passages les plus révélateurs du discours prononcé par Sadio Mané lors de la pose de la première pierre.
Nous voulons créer de la valeur, accompagner les acteurs locaux et participer à notre échelle au développement économique et social de Bambali et de toute la région.
Cette phrase résume la nouvelle orientation du projet. Sadio Mané ne présente pas SM10 Agro comme une simple propriété personnelle. Dans son discours, il insiste sur la jeunesse, les femmes, l’agriculture et les familles de Bambali.
Il fixe également une ambition territoriale : permettre aux jeunes de Casamance de construire leur avenir sur leur propre terre plutôt que de devoir partir faute d’opportunités.
L’ambition est aussi de montrer qu’un jeune de Casamance peut construire son avenir sur sa propre terre sans être obligé de partir chercher ailleurs des possibilités qui lui manquent ici.
Pour un territoire agricole, cette orientation est stratégique. La création d’une unité de transformation peut en effet créer une demande pour les producteurs, les transporteurs, les fournisseurs, les techniciens et les différents prestataires qui gravitent autour de l’activité industrielle.
Le projet ne s’arrête pas à l’usine
L’un des éléments les moins visibles du projet est pourtant essentiel : la formation.
Le dispositif présenté autour de SM10 Agro prévoit un centre de formation aux métiers agricoles, ainsi qu’un centre de recherche et développement. Des infrastructures d’accompagnement sont également prévues pour les travailleurs.
Cette composante donne au projet une dimension supplémentaire. Il ne s’agit pas uniquement de construire des bâtiments et d’installer des machines, mais aussi de créer les compétences nécessaires au fonctionnement d’une chaîne agro-industrielle.
L’APIX accompagne par ailleurs le projet. Son directeur général a indiqué que SM10 Agro bénéficie des dispositions du nouveau cadre des investissements, notamment de cinq années d’exonérations fiscales et douanières sur l’importation de certains équipements nécessaires à sa réalisation. Les travaux sont annoncés sur une durée de 18 mois. Le financement privé rencontre donc ici un environnement institutionnel destiné à faciliter la réalisation de l’investissement.
Bambali : du financement social au capital qui produit
Le parcours des investissements attribués à Sadio Mané à Bambali permet de lire une progression.
Le lycée répond à une problématique éducative. L’hôpital répond à un besoin sanitaire. La boulangerie introduit une activité économique locale. Les infrastructures sportives et autres actions sociales accompagnent la communauté.
Avec 11,7 milliards de FCFA, SM10 Agro change cependant de dimension. Le capital est désormais destiné à une activité qui doit produire elle-même de la valeur économique.
Les montants disponibles permettent déjà de mesurer cette évolution. Le lycée, l’hôpital et la boulangerie représentent à eux seuls environ 753 millions de FCFA, sans compter les autres réalisations et aides attribuées au footballeur. À côté, SM10 Agro représente un engagement annoncé de 11,7 milliards de FCFA, soit un changement d’échelle considérable.
Il faut donc regarder Bambali non seulement comme le village natal d’un champion, mais comme un territoire où un entrepreneur–investisseur cherche désormais à faire émerger une activité agro-industrielle structurée.
Aujourd’hui, nous semons. Demain, nous construirons une histoire
Dans son discours, Sadio Mané résume lui-même cette transition avec une formule qui dépasse le symbole :
Aujourd’hui, nous semons. Nous semons une première pierre. Nous semons un espoir. Nous semons une ambition.
Puis il ajoute :
Je ne veux pas qu’on se souvienne seulement de moi pour les buts que j’ai marqués ou les trophées que j’ai remportés. Je souhaite qu’on se souvienne aussi de ce que nous aurons réussi à construire ensemble pour notre communauté.
Le véritable test de SM10 Agro sera désormais économique : transformer les 11,7 milliards de FCFA annoncés en infrastructures opérationnelles, en production, en emplois et en débouchés commerciaux. La réussite du projet dépendra donc de sa capacité à faire fonctionner durablement cette chaîne de valeur.
Pour Bambali, l’enjeu dépasse ainsi le prestige du nom qui porte le projet. Il s’agit de savoir si le capital mobilisé pourra faire émerger autour de la mangue un écosystème économique durable, capable d’associer producteurs, jeunes, femmes, travailleurs, transporteurs, transformateurs et marchés.
Bambali, le prochain chapitre ne s’écrira pas sur un terrain de football. Il se jouera dans les vergers, les unités de transformation et les marchés capables d’absorber cette production. La première pierre est posée ; désormais, le véritable enjeu sera de transformer cette ambition en une activité industrielle qui fonctionne, qui vend et qui dure.
Car derrière les 500 hectares annoncés, il y a une question plus large pour la Casamance : celle de la capacité d’un territoire à retenir sa matière première, ses compétences et sa jeunesse en créant suffisamment de valeur sur place.
Sadio Mané l’a formulé lui-même :
Aujourd’hui, nous semons. Demain, nous construirons une histoire. À Bambali, cette histoire vient donc de commencer.

