Grand Tortue Ahmeyim : le Sénégal accélère la production de gaz pour réduire le coût de l’électricité

Le Sénégal et la Mauritanie poursuivent la valorisation du champ gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé à leur frontière maritime. L’opérateur Kosmos Energy annonce une nouvelle étape baptisée « Phase 1+ », destinée à augmenter la production de gaz à partir des infrastructures existantes. Avec une capacité initiale de 2,7 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an, le projet doit contribuer à renforcer l’approvisionnement énergétique des deux pays et soutenir l’objectif du Sénégal de réduire le coût de production de l’électricité.

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Le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) entre dans une nouvelle phase de développement. Situé à environ 120 kilomètres au large des côtes sénégalaises et mauritaniennes, ce gisement gazier est considéré comme l’un des plus importants projets énergétiques d’Afrique de l’Ouest.

Développé par un consortium composé de BP, Kosmos Energy, PETROSEN et la Société Mauritanienne des Hydrocarbures (SMH), GTA vise à produire du gaz naturel liquéfié pour l’exportation, mais également à alimenter les besoins énergétiques locaux. Dans son rapport du deuxième trimestre 2026, Kosmos Energy indique que les partenaires préparent une Phase 1+ afin d’augmenter les volumes de production et de renforcer l’utilisation du gaz dans les marchés domestiques sénégalais et mauritaniens.

Une production de GNL portée à plusieurs millions de tonnes par an

La première phase du projet GTA repose sur une infrastructure flottante de liquéfaction du gaz naturel (FLNG) capable de produire environ 2,7 millions de tonnes de GNL par an. Selon les données communiquées par Kosmos Energy, les installations ont atteint un rythme supérieur aux prévisions initiales, avec une capacité pouvant atteindre environ 2,85 millions de tonnes par an.

Pour l’année 2026, l’opérateur prévoit entre 32 et 36 cargaisons de GNL, contre 18,5 cargaisons en 2025, traduisant une augmentation progressive de la production. Cette montée en puissance doit permettre de sécuriser davantage l’approvisionnement énergétique et de préparer l’alimentation des centrales électriques locales.

Le Sénégal investit dans les infrastructures gazières pour produire son électricité

Pour utiliser directement le gaz issu de GTA, le Sénégal développe un réseau d’infrastructures énergétiques. Le pays prévoit la construction d’un réseau de gazoducs reliant le terminal central de GTA aux installations électriques nationales. Une centrale électrique fonctionnant au gaz est également en construction près de Saint-Louis.

Cette infrastructure doit permettre à la SENELEC d’intégrer progressivement le gaz naturel local dans son approvisionnement, avec l’objectif de réduire la dépendance aux combustibles importés.

143 milliards de FCFA d’économies attendues grâce au gaz domestique

L’utilisation du gaz produit localement représente un enjeu financier important pour l’État sénégalais. Selon les estimations avancées par les autorités, la substitution d’une partie des importations de gaz par la production issue de GTA pourrait générer au moins 143 milliards de FCFA d’économies.

Ces gains proviendraient principalement de la baisse du coût du combustible utilisé pour produire l’électricité, de la réduction des dépenses publiques liées aux subventions énergétiques et d’une meilleure compétitivité pour les entreprises.

Un investissement énergétique stratégique pour deux pays

Le projet GTA constitue un partenariat énergétique entre le Sénégal et la Mauritanie. Au-delà de la production de gaz naturel liquéfié, les deux États veulent développer un usage domestique de cette ressource.

En Mauritanie, un accord de 25 ans a été signé pour développer une centrale électrique au gaz d’une capacité de 230 mégawatts (MW) à N’Diago. Cette centrale doit être alimentée par le gaz provenant de GTA et renforcer les capacités de production électrique du pays.

Des réserves gazières estimées à plusieurs dizaines de milliards de mètres cubes

Le champ Grand Tortue Ahmeyim dispose de ressources importantes. Les réserves récupérables du projet sont estimées à environ 15 trillions de pieds cubes de gaz naturel, soit près de 425 milliards de mètres cubes. Cette quantité place GTA parmi les plus grands projets gaziers développés en Afrique de l’Ouest et constitue un levier majeur pour les stratégies énergétiques du Sénégal et de la Mauritanie. 

Avec la mise en œuvre de la Phase 1+, le projet Grand Tortue Ahmeyim franchit une nouvelle étape dans son développement. L’augmentation de la production, les investissements dans les gazoducs et les centrales électriques doivent permettre au Sénégal et à la Mauritanie de mieux valoriser leurs ressources naturelles. Pour Dakar, l’enjeu est de transformer cette richesse gazière en un outil de réduction des coûts énergétiques, de soutien à l’industrie et de renforcement de la sécurité énergétique nationale.

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