Le système électrique ivoirien entre dans une nouvelle phase d’investissement. Le gouvernement multiplie les projets destinés à augmenter la capacité disponible et à accompagner la progression de la demande d’électricité. Les projets annoncés portent notamment sur une centrale thermique à cycle combiné de 470 MW à Taboth, une unité flottante de 225 MW à Abidjan et une centrale thermique modulaire de 40 MW sur les sites d’Attakro et d’Abrobakro. Leur capacité cumulée atteint 735 MW. Cette nouvelle capacité représente près de 23 % de la capacité de production électrique enregistrée par la Côte d’Ivoire en 2025, qui s’établissait à 3 224 MW.
735 MW répartis sur trois projets
Le programme repose sur trois infrastructures de production. La première concerne une centrale thermique à cycle combiné de 470 MW à Taboth. La deuxième porte sur une unité flottante de production de 225 MW à Abidjan. La troisième prévoit 40 MW de capacité thermique modulaire répartis entre Attakro et Abrobakro. Ces projets doivent être développés dans le cadre de conventions de partenariat public-privé. Le recours au PPP permet de répartir entre acteurs publics et privés les responsabilités liées au financement, à la construction et à l’exploitation des infrastructures.
Le portefeuille officiel des projets PPP ivoiriens comprend déjà plusieurs centrales destinées à accroître la capacité nationale, dont une centrale thermique à cycle combiné de 450 MW à Jacqueville, évaluée à 277,8 milliards de FCFA, ainsi que plusieurs projets solaires et hydroélectrique
Une capacité électrique qui a plus que doublé depuis 2011
La Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui d’un parc électrique nettement supérieur à celui du début des années 2010. Selon les données publiées par le gouvernement, la capacité de production est passée de 1 391 MW en 2011 à 3 224 MW en 2025. Cette progression représente une augmentation de 1 833 MW, soit plus du double de la capacité enregistrée en 2011. L’ajout potentiel de 735 MW porterait donc la capacité à un niveau supérieur à 3 900 MW si l’ensemble des projets était réalisé et ajouté au parc existant.
Des besoins qui dépassent la construction des centrales
le développement de nouvelles capacités ne se limite pas à la construction des centrales. Chaque MW supplémentaire nécessite des infrastructures permettant de transporter et de distribuer l’électricité produite. Le gouvernement ivoirien a ainsi annoncé en juin 2026 un accord-cadre avec l’Algérie comprenant notamment l’installation de groupes mobiles totalisant 100 MW, mais également la modernisation des réseaux de transport et de distribution, avec la construction de lignes 225 kV et 400 kV et l’acquisition de matériels destinés aux réseaux électriques. Les besoins d’investissement concernent donc également les lignes haute tension, les postes électriques, les équipements de distribution, les systèmes de protection et les solutions de maintenance.
Le financement privé déjà mobilisé sur de grands projets
Le recours au financement privé et aux partenariats internationaux est déjà visible dans plusieurs projets énergétiques ivoiriens. À Songon, un projet de centrale électrique à cycle combiné de 372 MW a fait l’objet, le 1er juin 2026, de la signature d’accords financiers pour un investissement global de 423,166 milliards de FCFA. Selon le gouvernement, 342,129 milliards de FCFA correspondent directement au coût de la centrale. Le projet est développé avec Energy China. Cette opération fournit un précédent concret sur les montants nécessaires au développement d’importantes capacités thermiques dans le pays.
Le solaire complète le programme thermique
La stratégie d’augmentation de l’offre ne repose pas uniquement sur les centrales thermiques. Le 5 août 2026, le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie a annoncé la signature de quatre conventions concernant des projets solaires représentant 210,3 MWc. Parmi eux figurent les projets de Touba et Laboa, développés dans le cadre du programme Scaling Solar avec la Société financière internationale, pour une capacité cumulée de 108,3 MWc. Le gouvernement vise par ailleurs une part de 45 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique à l’horizon 2030.
Les marchés autour de la production électrique
L’augmentation du parc crée plusieurs catégories de besoins pour les entreprises : ingénierie, construction, équipements électriques, turbines, transformateurs, câbles, lignes haute tension, postes de transformation, maintenance, systèmes de contrôle et solutions de stockage. Le portefeuille PPP officiel comprend déjà des projets de stockage par batteries de 200 MWh chacun, ainsi que des centrales solaires intégrant des systèmes de stockage.
Le développement du système électrique ivoirien s’organise donc autour de plusieurs segments : production thermique, production solaire, hydraulique, transport, distribution et stockage. La Côte d’Ivoire prépare près de 735 MW de nouvelles capacités de production à travers trois projets annoncés en partenariat public-privé : 470 MW à Taboth, 225 MW pour une unité flottante à Abidjan et 40 MW à Attakro et Abrobakro. Cette expansion intervient après une progression de la capacité de production nationale de 1 391 MW en 2011 à 3 224 MW en 2025.
Pour les capitaux privés, les besoins identifiables se situent à plusieurs niveaux : financement des centrales, construction, équipements de production, raccordement au réseau, transport haute tension, distribution, maintenance et stockage. Le projet de Songon, évalué à 423,166 milliards de FCFA, montre déjà l’ordre de grandeur des capitaux nécessaires à certaines infrastructures électriques ivoiriennes.

