Sénégal : Interpol déjoue une fraude de 4,7 milliards FCFA visant une compagnie pétrolière

Une grande compagnie pétrolière opérant au Sénégal a été ciblée par une tentative de fraude financière portant sur 7,9 millions de dollars, soit environ 4,7 milliards de FCFA. L’opération, fondée sur l’infiltration des messageries professionnelles et l’usurpation d’identité de dirigeants, a finalement été stoppée grâce à une intervention rapide des autorités sénégalaises, selon Interpol.

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Le secteur pétrolier sénégalais a été confronté à une tentative de cyberfraude d’ampleur. Selon Interpol, une grande compagnie pétrolière a détecté une escroquerie aux faux ordres de virement, connue sous le sigle FOVI, visant à détourner 7,9 millions de dollars. Converti sur la base d’un taux de référence arrondi de 600 FCFA pour 1 dollar, ce montant représente environ 4,74 milliards de FCFA.

L’affaire s’inscrit dans le cadre de l’opération Sentinel, une initiative coordonnée par Interpol entre le 27 octobre et le 27 novembre 2025 contre plusieurs formes de cybercriminalité en Afrique. Selon l’organisation internationale, l’opération a mobilisé les services chargés de l’application de la loi de 19 pays africains. Au total, 574 suspects ont été arrêtés et environ 3 millions de dollars ont été récupérés. Les enquêtes menées pendant cette période étaient liées à des pertes financières estimées à plus de 21 millions de dollars.

Les messageries internes au cœur de l’attaque

Selon Interpol, les fraudeurs ont infiltré les systèmes de messagerie électronique internes de la compagnie pétrolière. Ils se sont ensuite fait passer pour des dirigeants de l’entreprise afin d’obtenir l’autorisation d’effectuer un virement frauduleux de 7,9 millions de dollars.

Cette méthode correspond aux escroqueries aux faux ordres de virement. Elle consiste notamment à exploiter les échanges professionnels et l’identité de responsables d’une entreprise pour convaincre les collaborateurs ou les établissements financiers d’exécuter une opération financière présentée comme légitime.

Dans le cas sénégalais, la tentative a toutefois été détectée avant que l’argent ne puisse être retiré. Selon Interpol, les autorités sénégalaises ont procédé au gel urgent des comptes destinataires, permettant ainsi d’interrompre le transfert frauduleux.

Plus de 6 000 liens malveillants désactivés

L’affaire sénégalaise intervient dans un contexte plus large de montée des cybermenaces visant les entreprises et les infrastructures stratégiques africaines. Selon Interpol, l’opération Sentinel a permis de désactiver plus de 6 000 liens malveillants et de décrypter six variantes de rançongiciels.

L’organisation internationale souligne également que les escroqueries aux faux ordres de virement, l’extorsion en ligne et les rançongiciels figurent parmi les formes de cybercriminalité ciblées par l’opération. Ces menaces concernent particulièrement les entreprises disposant de flux financiers importants et de systèmes numériques fortement interconnectés.

Le secteur énergétique de plus en plus exposé

La tentative enregistrée au Sénégal illustre les risques financiers associés à la transformation numérique des activités économiques. Le secteur de l’énergie figure parmi les domaines sensibles en raison de la valeur des transactions, de l’importance des infrastructures et de la circulation de données stratégiques.

Dans son Rapport 2025 sur l’évaluation des cybermenaces en Afrique, Interpol indique que les cyberinfractions représentent une part moyenne à élevée de l’ensemble des infractions recensées dans deux tiers des pays africains ayant participé à son évaluation. L’organisation estime par ailleurs que la cybercriminalité représente plus de 30 % des infractions recensées en Afrique de l’Ouest et de l’Est.

Une opération évitée grâce au gel des fonds

Dans cette affaire, le préjudice financier n’a finalement pas atteint le montant initialement visé. Le gel rapide des comptes destinataires a permis aux autorités sénégalaises d’empêcher le retrait des fonds, évitant ainsi le détournement potentiel de près de 4,7 milliards de FCFA.

L’opération Sentinel met ainsi en évidence l’importance de la coopération entre les entreprises, les services de sécurité et les réseaux internationaux de lutte contre la cybercriminalité. Pour les entreprises opérant dans les secteurs stratégiques, la sécurisation des messageries professionnelles et la vérification des ordres financiers constituent désormais des enjeux directement liés à la protection des actifs.

Selon Interpol, cette intervention au Sénégal fait partie des opérations ayant permis de limiter les pertes financières liées aux cyberattaques en Afrique. L’organisation estime que les résultats de Sentinel démontrent l’importance d’une réponse rapide et coordonnée face aux attaques visant notamment les secteurs critiques comme l’énergie et la finance.

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