Dette publique du Sénégal : Une hausse de 14364 milliards de Fcfa enregistrée en 5ans

La dette sénégalaise a atteint 25 583 milliards F Fcfa en fin 2024 soit 128,6 % du PIB contre 11 219 milliards F Cfa en 2019.

6 Min Lecture

Suivez-nous sur nos chaînes   chaîne Telegram Invest-Time chaîne WhatsApp Invest-Time chaîne TikTok Invest-Time

Les pourparlers se poursuivent entre le Sénégal et le Fonds Monétaire International (FMI). Après deux ans de négociation, une mission, sous la conduite de Mercedes Vera Martin, séjourne au Sénégal depuis le 19 Aout avec pour objectif de progresser vers une convergence de vue sur les politiques et les réformes susceptibles d’être soutenues par un accord de financement. En effet, l’institution, affirme être « déterminée à soutenir le Sénégal dans ses efforts visant à préserver la stabilité macroéconomique et à promouvoir une croissance durable et inclusive ».

Il faut savoir que le partenariat entre le Sénégal et le Fmi a été suspendu en 2024 suite à la révélation d’une certaine irrégularité dans les données publique. Ces révélations ont plongé le pays dans une crise de confiance, marquée notamment par la suspension du programme FMI, d’un montant d’environ 1,8 milliard de dollars (plus de 1000 milliards de Fcfa), ainsi que par plusieurs dégradations de la notation souveraine du Sénégal. Et dans le souci de réconcilier les chiffres, de conclure un nouveau programme avec l’institution de Bretton Woods et de restaurer la crédibilité financière du Sénégal , l’État a mandaté, après la publication du rapport de la Cour des comptes du 12 février 2025 confirmant les conclusions de l’audit des finances publiques, le cabinet Forvis Mazars pour réaliser un exercice de fiabilisation de l’encours de la dette de la République du Sénégal sur la période 2019-2024.

La dette publique est passée de 11 219 milliards F Cfa en 2019 à 22450 milliards F Cfa en 2023 puis 25 583 milliards F à la fin de l’exercice 2024

Il ressort de cette étude que l’encours de la dette publique atteignait déjà 25 583 milliards de FCFA en fin 2024, soit 128,6 % du PIB, contre 23 535,9 milliards de FCFA déclarés dans la Loi de finances initiale (LFI) 2024 soit 2047,1 milliards de Fcfa non comptabilisés. La dette sénégalaise s’est, en d’autres termes, fortement accélérée entre 2019 et 2024. Elle, est, ainsi, passé de 11 219 milliards F Cfa en 2019 à 22450 milliards F Cfa en 2023 puis 25 583 milliards F à la fin de l’exercice 2024.  

À elle seule, la dette de l’administration centrale s’élève à 23 667 milliards de FCFA, soit 119 % du PIB. Elle reste majoritairement externe. En effet, sur les 23 667 milliards de FCFA de dette de l’administration centrale, 16 894 milliards (soit 71%) proviennent de financements extérieurs. Les créanciers multilatéraux demeurent les principaux bailleurs, avec un encours de 6 749 milliards de FCFA, devant les créanciers commerciaux (5 672 milliards), les créanciers bilatéraux (2 934 milliards) et les crédits à l’exportation (1 539 milliards).

La dette de l’administration centrale s’élève à 23 667 milliards de FCFA, soit 119 % du PIB

La Banque mondiale reste le premier créancier multilatéral du Sénégal , avec un encours de 2 803 milliards de FCFA, devant le Fonds monétaire international (905 milliards) et le Groupe de la Banque africaine de développement. Alors que le pays éprouve toujours des difficultés à revenir sur le marché international depuis les révélations sur les statistiques de la dette, le document indique que le Sénégal a mobilisé 3133 milliards de FCFA auprès des créanciers commerciaux, principalement à travers les eurobonds.

La Banque mondiale reste le premier créancier multilatéral du Sénégal, avec un encours de 2 803 milliards de FCFA

La dette domestique s’établit à 6 773 milliards de Fcfa soit 9,6 % du PIB, avec des entités comme la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) qui concentre la part la plus importante avec un encours de 660,2 milliards F Cfa en 2024 (essentiellement de la dette extérieure). La Société nationale de gestion et d’exploitation du patrimoine de l’Etat (Sogepa) enregistre un encours de 299 milliards F Cfa (exclusivement domestique), la Société de l’électricité du Sénégal (Senelec) affiche un encours de 227, 6 milliards F Cfa, en baisse notable par rapport aux 341, 7 milliards de 2020. Pendant ce temps, l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass (Aibd) et le Fonds d’entretien routier autonome (Fera) affichent respectivement des dettes de 188, 7 milliards F Cfa et 170, 9 milliards F Cfa. La dette parapublique, quant à elle, est arrêtée à 1 917 milliards de FCFA soit 29% du total. Elle est soutenue en grande partie par des obligations du Trésor.

« Le Sénégal est en mesure de rembourser sans restructurer sa dette »

A noter que malgré le montant de la dette actuelle, qui bat tout record, les autorités sénégalaises refusent toute idée de restructuration comme l’a suggéré le Fonds monétaire international (FMI) lors de sa mission en novembre dernier. L’ancien Premier ministre sénégalais est catégorique sur la question. Pour Ousmane Sonko, même si « la situation est presque catastrophique », la dette publique du Sénégal est « viable ». « Le Sénégal est en mesure de rembourser sans restructurer sa dette, notamment via un programme de rationalisation des dépenses et des recettes budgétaires. Chaque partenaire en tire les conséquences qu’il voudra, mais la position officielle, c’est que l’on ne veut pas de cette restructuration », a-t-il soutenu.

Pour en savoir plus...

Explorez des contenus similaires sur les mots clés :