Afrique du Sud : 4 secteurs ciblés pour franchir 3 % de croissance et créer 1 million d’emplois

L’Afrique du Sud ouvre, avec la troisième phase de son partenariat entre le gouvernement et le secteur privé, une nouvelle séquence consacrée à l’investissement productif. Lancée le 20 août 2026 par le président Cyril Ramaphosa, cette phase vise une croissance supérieure à 3 % par an et la contribution à la création d’un million d’emplois supplémentaires d’ici 2030. 

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Après avoir consacré les deux premières phases à la levée de contraintes dans l’électricité, le transport, la logistique et la gouvernance, le gouvernement sud-africain veut désormais convertir ces avancées en investissements, en production et en emplois.

Le contexte explique cette nouvelle orientation. 8,5 millions de personnes sont actuellement sans emploi, tandis qu’environ 300 000 nouveaux demandeurs d’emploi arrivent chaque année sur le marché du travail. La croissance reste donc au cœur de la stratégie économique présentée par Pretoria. 

Quatre secteurs au centre de la nouvelle phase

La phase 3 élargit le partenariat à quatre secteurs identifiés comme des moteurs potentiels de croissance : les mines, le tourisme, les infrastructures, ainsi que l’agriculture et l’agro-industrie.

Selon la présidence sud-africaine, leur sélection repose notamment sur leur capacité à attirer des capitaux, accroître la production, générer des recettes en devises, renforcer la transformation locale et créer des emplois à grande échelle.  L’agriculture et l’agro-industrie doivent notamment permettre d’augmenter la valeur créée localement, tandis que le secteur minier constitue un levier d’exportation et de transformation industrielle. Les infrastructures doivent, pour leur part, soutenir la capacité productive et la compétitivité des entreprises.

L’énergie et la logistique restent prioritaires

La nouvelle phase ne signifie pas l’abandon des chantiers engagés précédemment. L’énergie et le transport-logistique restent les deux principaux leviers d’infrastructure du partenariat.

La présidence indique que les phases précédentes ont contribué à l’amélioration de la situation énergétique, des performances portuaires et du fret ferroviaire. Le pays a également quitté la liste grise du GAFI et obtenu des améliorations de ses notations souveraines auprès de S&P et Fitch. Pour les entreprises, l’objectif de la phase 3 est donc de s’appuyer sur ces progrès pour accélérer les projets d’investissement et lever les contraintes qui limitent encore la production.

Un objectif d’investissement de 3 000 milliards de rands

Lors du lancement, le président Cyril Ramaphosa a également indiqué que le gouvernement s’était fixé l’ambition de mobiliser 3 000 milliards de rands d’investissements.

Le chef de l’État a relié cette ambition à plusieurs réformes structurelles portant notamment sur l’électricité, le fret ferroviaire, l’eau, les télécommunications et le système de visas.  Cette enveloppe donne une dimension financière à la nouvelle phase du partenariat : les réformes doivent progressivement déboucher sur des projets susceptibles d’attirer des capitaux privés et institutionnels.

Le seuil de 3 % devient une cible économique

La présidence sud-africaine établit un lien direct entre le rythme de croissance et la création d’emplois. Avec une croissance inférieure à 3 %, le nombre de nouveaux entrants sur le marché du travail progresse plus rapidement que les créations d’emplois. La phase 3 vise donc à installer durablement l’économie au-dessus de ce seuil, avec un objectif complémentaire d’un million d’emplois supplémentaires à l’horizon 2030. 

Le président Ramaphosa a toutefois précisé que 3 % n’est pas présenté comme un plafond, mais comme un seuil à dépasser pour parvenir ensuite à une croissance plus élevée et durable. Lors du lancement, le président sud-africain a résumé la logique économique de cette nouvelle étape en reliant successivement confiance, investissement, production et emploi.

« La confiance doit conduire à l’investissement. L’investissement doit conduire à la production. La production doit conduire aux emplois. Et les emplois doivent conduire à de meilleures conditions de vie. » 

Cyril Ramaphosa a également insisté sur la nécessité d’une croissance davantage orientée vers l’industrie, les petites et moyennes entreprises et les territoires ruraux et urbains où les besoins en emplois sont les plus importants.  Avec cette troisième phase, l’Afrique du Sud fait évoluer son partenariat public-privé d’une logique principalement centrée sur la résolution des contraintes vers une stratégie davantage orientée vers l’investissement, la production et la création d’emplois.

Les objectifs sont désormais chiffrés : plus de 3 % de croissance annuelle, 3 000 milliards de rands d’investissements à mobiliser et un million d’emplois supplémentaires d’ici 2030. Les plans d’exécution détaillés et les indicateurs de performance de chaque secteur doivent être présentés au quatrième trimestre 2026. Ils permettront de mesurer la traduction concrète de ces ambitions en projets, en capitaux mobilisés, en capacités de production et en emplois. 

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