Le président ghanéen John Dramani Mahama a inauguré le 28 août 2026 l’usine Northshore Apparel Ghana Limited à Savelugu. Entièrement détenue par des capitaux ghanéens, l’unité est entrée dans une phase de production avec 51 lignes de confection et plus de 2 300 travailleurs déjà formés et employés.
Le projet ne se limite toutefois pas à cette première capacité. Son développement est prévu en trois phases, avec pour objectif de porter progressivement le nombre de lignes à 200, d’intégrer la transformation du coton et, à terme, de mettre en place une filature et un réseau de producteurs de coton. Cette évolution fait du financement des capacités de production, de l’accès aux matières premières et de la sécurisation des marchés les principaux paramètres de la poursuite du projet.
Une première unité industrielle déjà opérationnelle
Northshore Apparel dispose d’un complexe industriel installé sur un terrain de 50 acres, avec environ 40 000 m² consacrés à la production. Le site comprend notamment une unité de coupe et de design de 4 000 m², deux entrepôts de 4 000 m² chacun, ainsi que des infrastructures destinées aux travailleurs.
La première phase compte 51 lignes de production. Les vêtements fabriqués comprennent notamment des T-shirts, polos, vêtements pour enfants, vêtements de sport, sous-vêtements, leggings, pantalons et sweats à capuche.
Le projet repose ainsi sur une activité manufacturière déjà structurée, avec une infrastructures physique, des équipements de production et une main-d’œuvre formée.
Plus de 2 300 emplois déjà créés, 10 000 visés
L’usine emploie actuellement plus de 2 300 personnes, dont une majorité de femmes. Elle compte également 40 travailleurs présentant une déficience auditive.
La montée en puissance prévue doit porter les effectifs de Northshore Apparel à 10 000 emplois. Le gouvernement ghanéen présente parallèlement le futur Northshore Industrial Hub comme un projet susceptible d’atteindre jusqu’à 30 000 emplois à pleine capacité. Cette progression dépendra directement de l’extension des capacités industrielles et de la capacité de l’entreprise à obtenir des commandes suffisantes pour faire fonctionner les nouvelles lignes.
200 lignes de production dans la deuxième phase
La deuxième phase doit porter la capacité de confection à 200 lignes de production. Elle prévoit également l’intégration d’activités liées au coton et le renforcement des capacités énergétiques du complexe grâce notamment au solaire et au stockage par batteries.
La troisième phase doit aller plus loin avec la création d’une filature de tissus et la mise en place d’un programme destiné à développer la production de coton dans la sous-région. Le projet évolue ainsi d’une activité de confection vers une intégration progressive de plusieurs maillons de la chaîne de valeur textile.
Des marchés internationaux déjà recherchés
La production de Northshore Apparel vise le marché ghanéen mais également les marchés extérieurs. Des lettres d’intention de grands acheteurs aux États-Unis et en Afrique du Sud ont été obtenues avant le démarrage complet des opérations.
Une première expédition internationale est annoncée pour octobre 2026. La capacité à transformer ces intentions commerciales en commandes régulières sera déterminante pour accompagner l’augmentation du nombre de lignes et des effectifs. Pour une unité industrielle de cette taille, le développement commercial devient ainsi directement lié au rythme d’investissement dans les équipements et à la capacité d’assurer des volumes de production réguliers.
Un montage financier associant plusieurs institutions
La construction de Northshore Apparel a mobilisé plusieurs partenaires financiers, notamment Ghana EXIM Bank, KfW, à travers son dispositif Investing for Employment, et Agricultural Development Bank. Ce montage associe financement bancaire et financement du développement pour soutenir la création d’une capacité manufacturière dans une région moins industrialisée du Ghana.
Le projet ne repose donc pas uniquement sur la construction d’une usine. Son développement nécessite également des ressources pour les équipements, la montée en capacité, l’approvisionnement en matières premières, l’énergie, la logistique et l’accès aux marchés.
Une infrastructure énergétique intégrée
Northshore Apparel a également intégré l’énergie dans son dispositif industriel. Le complexe dispose d’une installation solaire de 500 kW en puissance de pointe, ainsi que d’un système de stockage et d’autres infrastructures destinées à sécuriser les besoins du site. Un biodigesteur anaérobie et un réservoir d’eau souterrain de 600 000 litres complètent les installations.
Ces équipements sont intégrés au modèle industriel du complexe et doivent accompagner la production tout en limitant les contraintes liées aux coûts et à la disponibilité des ressources.
Le coton pour remonter la chaîne de valeur
L’un des principaux enjeux du projet se situe dans les phases futures. La création d’une filature doit permettre de produire localement une partie des tissus nécessaires à la confection, tandis que le programme de producteurs de coton doit rapprocher l’industrie de sa matière première.
Cette intégration doit progressivement réduire la dépendance à l’égard des intrants importés et permettre de conserver davantage de valeur ajoutée dans la chaîne textile. Le projet ouvre ainsi plusieurs besoins industriels autour de la production de vêtements : coton, filature, tissus, énergie, logistique, équipements et services associés.
Le nord du Ghana comme nouvelle zone industrielle
L’implantation de Northshore Apparel à Savelugu s’inscrit dans une politique visant à décentraliser l’activité industrielle et à créer davantage d’emplois dans le nord du Ghana.
La ministre ghanéenne du Commerce, de l’Agriculture et de l’Industrie a indiqué que le Ghana avait enregistré 2,62 milliards de dollars d’investissements nouveaux en 2025, répartis sur 254 projets. Le secteur manufacturier représentait le plus grand nombre de projets, avec près de 19 000 emplois projetés. Northshore Apparel s’inscrit donc dans un mouvement plus large de développement des capacités manufacturières du pays.
Une montée en capacité qui crée plusieurs marchés autour de l’usine
Le développement de Northshore ne concerne pas uniquement la capacité de confection. Le passage de 51 à 200 lignes nécessitera davantage de matières premières, de compétences, de maintenance industrielle, de transport et de services spécialisés. La création d’une filature et le développement de la production de coton ajouteront d’autres besoins en équipements et en financement.
L’intérêt économique du projet se situe donc également autour de l’usine elle-même : fournisseurs de matières premières, producteurs de coton, transformation textile, équipements industriels, énergie, stockage, transport et distribution constituent autant de maillons nécessaires à la constitution de la chaîne projetée.
Northshore Apparel entre dans une phase où la question n’est plus seulement celle de la construction d’une usine, mais celle du financement et de l’extension d’une chaîne industrielle. Avec 51 lignes actuellement, plus de 2 300 emplois, un objectif de 200 lignes et 10 000 emplois, le projet dispose d’une première base productive appelée à s’élargir.
Les prochaines étapes filature, transformation du coton et développement des marchés internationaux nécessiteront de nouvelles capacités industrielles et logistiques. Pour les entreprises capables d’apporter des équipements, des matières premières, des solutions énergétiques, des services industriels ou des financements à ces différents maillons, le développement du pôle textile de Savelugu constitue un ensemble de besoins à suivre au fur et à mesure de la montée en puissance du projet.


