Aux Etats-Unis, le fer et l’acier importés de l’Egypte sont désormais indésirables

Washington durcit les mesures protectionnistes portant ainsi à plus de 100% le droit d’entrée sur le territoire américain des produits provenant du Caire.

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Donald Trump, President des Etats-Unis

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L’administration Trump durcit le ton face aux importations de fer et produits en acier provenant de l’Egypte. En effet, dans le cadre de mesures anti-dumping visant à protéger le marché local, le département américain du Commerce vient d’imposer aux exportateurs égyptiens des charges supplémentaires allant de 34,2 à 52,7% de la valeur de leurs produits rentrant aux Etats-Unis. Selon cette décision, des charges anti-dumping représentant 34,2% de la valeur des exportations vers le pays de l’Oncle Sam sont imposées au métallurgiste égyptien Ezz Steel et tous les autres exportateurs, tandis que les entreprises Al Marakby Steel et Suez Steel payeront désormais des frais supplémentaires correspondant à 52,7% de leurs exportations vers le marché américain.

Selon l’administration Trump, cette décision a été prise au terme d’une enquête diligentée par le département du Commerce dès juin 2025, à la suite des plaintes formulées par six métallurgistes américains. Ces industriels, apprend-on, dénonçaient les prix des barres en acier importées d’Egypte devenus très compétitifs sur le marché américain, grâce aux subventions accordées aux métallurgistes égyptiens par leur gouvernement.

D’ailleurs, au titre de la compensation des subventions reçues par le gouvernement égyptien, les exportations vers Washington des produits en acier fabriqués au Caire sont également frappées d’une taxe uniforme représentant 23,2% de la valeur de leurs marchandises. Ceci, en plus des charges anti-dumping mentionnées plus haut. A ces deux taxes, il faut ajouter la taxe globale de 50% à laquelle sont assujettis tous les exportateurs de l’acier vers les Etats-Unis, ce qui porte à au moins 107% de la valeur, le droit de douane à débourser par les métallurgistes égyptiens pour leurs ventes vers les Etats-Unis.

Une conjoncture internationale impulsée par la Chine

Cet alignement de taxes a pour finalité de décourager les importations de fer et d’acier depuis l’Egypte, en renchérissant les coûts des produits une fois arrivée sur le sol américain. Il s’agit surtout de mesures de sauvegarde visant à protéger et à promouvoir l’industrie sidérurgie–métallurgie américaine face à la concurrence extérieure. Ces mesures sont à situer dans un contexte mondial marqué par l’explosion de l’offre mondiale du fer et de l’acier, portée par la surproduction en Chine. Selon les analystes, cette réalité a eu pour conséquence directe la baisse du prix du fer et de l’acier importés et la fragilisation des producteurs locaux de par le monde.

Dès juin 2025, les Etats-Unis ont été parmi les premiers pays à riposter à cette conjoncture défavorable à l’industrie locale de l’acier, en doublant de 25 à 50% les droits de douane sur les importations du fer et de l’aluminium. Au cours de la même année, le Canada a instauré un quota d’importation du fer à béton et une surtaxe de 50% sur les importations dépassant le seuil autorisé pour les produits en provenance de pays comme la Chine, la Turquie et l’Inde. Attendue en cette année 2026, une mesure européenne devrait également autoriser jusqu’à 18 millions de tonnes d’importation d’acier en franchise de droits de douane, et un tarif douanier dissuasif de 50% pour le surplus des importations, afin de prévenir un afflux excessif vers le marché européen des produits étrangers.

Le cas emblématique du Sénégal

En Afrique, ces mesures de protection de l’industrie sidérurgique locale ont été encore plus rudes en RD Congo, avec l’interdiction pure et simple des importations de fer à béton dans l’Ouest du pays. Cette interdiction est également en vigueur depuis quelques années au Cameroun, en plus de l’instauration des normes obligatoires et d’une valeur de référence douanière de 900 FCfa par kilogramme visant à décourager les importations du fer à béton. Le Maroc a quant à lui choisi d’activer le levier des barrières non tarifaires : depuis janvier 2025, pas moins de 16 normes obligatoires et d’application immédiates ont été instaurées pour tous les produits en fer et en acier.

Contrairement aux Etats occidentaux et africains cités plus haut, des pays comme le Sénégal ont plutôt ouvert leur marché aux importations, contribuant ainsi à fragiliser l’industrie locale de transformation de l’acier. En effet, en supprimant dès 2025 la valeur douanière de référence sur les importations du fer à béton, au profit de la valeur transactionnelle plus favorable aux importateurs dans un tel contexte, les autorités sénégalaises ont rendu le matériau importé plus compétitif sur le marché que le produit local.

Jusqu’en 2024, le prix du fer FE500 produit localement était inférieur au prix du FE500 importé. En 2025, la tendance s’inverse et le produit importé devient plus compétitif. En septembre 2025, l’écart de prix entre le fer à béton local et le fer importé atteint entre 54 323 à 51 254 FCFA par tonne selon la matière première utilisée (ferraille ou lingots de fer), principalement en raison de la baisse des cours internationaux tirée par le marché chinois. Cette évolution a contribué à réduire le coût d’achat des importateurs , explique une note d’analyse du marché sénégalais du fer à béton.

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