Côte d’Ivoire : les chiffres alarmants de l’orpaillage illégal

Le gouvernement se donne 6 mois pour éradiquer le phénomène

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Le phénomène est alarmant en Côte d’Ivoire. En juillet 2026, le Conseil national de sécurité a présenté un bilan qui donne une idée générale sur l’ampleur de l’orpaillage illégal. Sur 31 régions, 29 sont déjà touchées par le phénomène. Et entre juillet 2021 et juillet 2026, plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal ont été déguerpis, 4 474 individus, dont 65 % de ressortissants étrangers, ont été déférés au parquet. Sur la même période, plus de 960 millions de francs CFA et environ 136 kilogrammes d’or et plusieurs engins lourds ont été saisis. Et il faut dire que ces chiffres confirment une réalité déjà observée dans les bilans antérieurs. Déjà, en 2023, les services du ministère des Mines ont annoncé plus de 1 000 sites traités en moins d’un an, des centaines d’interpellations et des saisies importantes de matériels. En 2026, aussi, les autorités ont lancé des opérations de cartographie et de réhabilitation des terres dégradées.

Une nouvelle stratégie fondée sur le renseignement, la coordination, un durcissement des sanctions

Mais face à l’inefficacité de la stratégie répressive, les autorités ivoiriennes ont annoncé une nouvelle démarche dans l’optique d’éradiquer le phénomène dans un délai de 6 mois. « Nous avons adopté une nouvelle stratégie fondée sur le renseignement, la coordination, un durcissement des sanctions et la mobilisation de tous. Notre objectif est clair : éradiquer l’orpaillage illégal en 6 mois. Nous devons protéger nos terres, nos forêts, nos cours d’eau et surtout l’avenir de nos enfants », a, en effet, indiqué Fidèle Gboroton Sarassoro, directeur de cabinet du président de la République lors de l’atelier national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal qui s’est déroulé du 4 au 5 septembre 2026.

Les préfets, gouverneurs appelés en renfort

Dans sa nouvelle stratégie, le gouvernement veut, désormais, associer davantage les préfets, les chefs coutumiers et les communautés locales. En outre, il invite les pays d’origine des orpailleurs étrangers à une coopération basée sur une application plus stricte des sanctions prévues par le code minier. Cette approche traduit un changement de méthode : l’État ne veut plus seulement fermer des sites. Il cherche à mettre fin aux réseaux et à rendre l’activité légale plus attractive.

Il faut, cependant, préciser que la Côte d’Ivoire n’est pas un cas isolé en Afrique. Plusieurs autres pays producteurs d’or sont concernés par ce phénomène. Le Ghana, le Burkina Faso, le Mali, la Guinée et le Sénégal ne sont pas, aussi, épargnés. Il en est de même pour le Nigeria, le Congo, l’Afrique du Sud, le Cameroun, le Tchad, la Tanzanie, l’Ouganda et le Zimbabwe.

 

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