Le recours aux ressources extérieures est incontournable pour le Sénégal. Du moins, pour le chef du gouvernement, le pays ne peut pas être en autarcie. « Nous avons besoin de l’étranger », a-t-il, en effet, déclaré ce 8 septembre 2026 à l’Assemblée nationale à l’occasion de sa déclaration de politique générale. Pour Almadou Al Aminou Lô, il nous faut renouer avec la communauté internationale. L’enjeu est désormais de restaurer un environnement macroéconomique suffisamment attractif pour rétablir la confiance des investisseurs et permettre au Sénégal de retrouver l’accès aux financements internationaux.
Il faut savoir que le Sénégal fait face à un déficit croissant entre son niveau d’épargne et ses besoins d’investissement dans un contexte marqué par une croissance hors hydrocarbures insuffisante et des difficultés d’accès au financement. « L’épargne nationale représente 24% de la richesse du pays, tandis que les investissements atteignent 31%. En 2025, la croissance hors hydrocarbures s’est établie à 2,25%, contre taux de croissance démographique de 3% » a informé M. Lô qui reste convaincu que « le déficit entre ces deux niveaux doit être couvert par des ressources extérieures ».
« Nous avons besoin de l’étranger », selon le chef du gouvernement sénégalais
Ces dernières années, le Sénégal a renoncé à plusieurs investissements publics à caractère social et productif sans compter l’impact de l’accumulation des arriérés de paiement sur le secteur privé, notamment sur la viabilité des PME et PMI et sur l’emploi au sein des grandes entreprises. Et, en à croire M. Lô, c’est pour faire face à ces difficultés que le Sénégal a établi le Plan de redressement économique et social « Jubbanti Koom ». Ce programme, explique-t-il, « devrait mobiliser 6 166 milliards de francs CFA sur trois ans, dont 1 091 milliards issus du recyclage d’actifs. Il repose sur le financement endogène, la réduction du train de vie de l’État et la mobilisation de ressources domestiques ».
Malheureusement, constate-t-il, pour le regretter, « les premiers résultats restent inférieurs aux objectifs fixés. Nous sommes ambitieux mais nous n’avons pas les résultats souhaités pour ce plan ». La preuve, indique-t-il, « pour la mobilisation des recettes fiscales, 173 milliards ont été réalisés sur une cible de 303 milliards de francs CFA. A cela s’ajoute la dégradation de la valeur des titres sénégalais sur les marchés internationaux. S’ils valaient 100, maintenant on les vend à 50 ».
Concernant les transferts de la diaspora, il a souligné qu’ils constituent, certes, une source importante de financement. « Ils ont atteint 2 642 milliards de francs CFA en 2025, mais 85% de ces transferts sont consacrés aux dépenses courantes des familles, ce qui limite leur transformation en épargne et en investissements productifs ».

