Face aux députés, Ahmadou Al Aminou Lo a affirmé qu’« il n’y a pas de restructuration de la dette mais un Plan de Traitement de la Dette du Sénégal (PTDS). Nous cherchons à restaurer la viabilité de la dette, rétablir la confiance des investisseurs de portefeuille mais aussi ceux directs étrangers, relancer l’économie sénégalaise qui manque de plus en plus d’oxygène, ne pas mettre en péril la stabilité financière de l’UEMOA », a-t-il indiqué
A en croire le chef du gouvernement, le Sénégal vise essentiellement, à travers ce plan, un allongement significatif des maturités de la dette et une réduction de son coût moyen afin de la ramener dans une trajectoire viable, c’est-à-dire bien articulée avec les besoins de financement du pays et un service de la dette compatible avec ses capacités réelles.
« Le Sénégal vise un allongement significatif de maturité de la dette et une réduction de son coût »
Et c’est dans ce cadre, précise le chef du gouvernement sénégalais, que le pays a bénéficié de l’accompagnement financier et de l’assistance technique du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale ainsi que du concours financier d’autres bailleurs de fonds et partenaires multilatéraux. Ce Plan de Traitement de la Dette du Sénégal, explique-t-il, « a été conçu, en particulier pour la protection contre tout impact disruptif sur l’économie nationale et la population notamment sa composante vulnérable, ainsi que sur la solidité et la stabilité financière du système bancaire et financier de l’Union économique et monétaire Ouest africaine ».
Le Premier ministre n’a pas manqué de revenir sur les cinq dégradations de la note du Sénégal par Moody’s et par Standard &Poor’s. Selon lui, « elles traduisent plus la sanction de l’incertitude que nos capacités à rebondir ».
1.956 milliards FCFA d’arriérés de paiements en 2025
Concernant le redressement des comptes, il a indiqué que le gouvernement fait de l’apurement des arriérés de paiements, évalués à 1.956 milliards FCFA à fin mars 2025, une question centrale pour débloquer le pays et les entreprises, dont des milliers de TPE-PME-PMI. D’ailleurs, il a informé qu’« un plan d’apurement a été élaboré, faisant appel à diverses modalités : paiements en numéraires, affacturage, titrisation, compensation fiscale, rééchelonnements. La priorité dans le paiement des dossiers réguliers se fera sur la base des critères relatifs à l’ancienneté de la créance, au type de créancier ». En outre, ajoute-t-il,
« l’État transférera au Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS) des actifs marchands ou à potentiel marchand pour 1.000 milliards de FCFA. Cette stratégie préservera l’équilibre budgétaire et la soutenabilité de la dette, tout en permettant de faire davantage avec les ressources disponibles. Elle soutiendra les projets catalytiques de l’Etat, grâce à près de 5.000 milliards de FCFA de capitaux mobilisables par effet de levier, principalement privés, et générer 200 000 emplois ».

