Tchad : le gouvernement gèle les nouvelles prospections minières et reprend la main sur le secteur

Une décision qui intervient alors que le pays cherche à mieux organiser son secteur extractif, à moderniser son cadastre minier et à renforcer la valorisation de ses ressources, notamment aurifères. Pour les investisseurs, le gel ouvre une période d’attente, mais aussi de réorganisation du marché.

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Dans une note circulaire N°008/2026 datée du 11 septembre 2026, le ministère des Mines, du Pétrole et de la Géologie annonce la suspension de toute nouvelle demande d’autorisation de prospection minière sur l’ensemble du territoire national.

La mesure découle de l’arrêté ministériel N°064 du 10 septembre 2026, signé par la ministre des Mines, du Pétrole et de la Géologie, Fatima Haram Acyl. Elle s’applique jusqu’à nouvel ordre et concerne les sociétés minières, les opérateurs économiques ainsi que les partenaires institutionnels.

Un secteur stratégique dominé par l’or

Cette suspension intervient dans un secteur où l’or occupe une place de plus en plus importante. Le pays comptait 324 sites d’exploitation aurifère recensés en 2024, selon les données reprises par plusieurs sources récentes. Parallèlement, les autorités ont engagé des initiatives visant à développer la transformation locale de l’or, notamment à travers des projets d’usines annoncés ces dernières années.

L’exploitation artisanale occupe une place importante dans cette activité. Elle coexiste avec des opérateurs titulaires de permis et autorisations dans différentes branches du secteur minier.

Des opérateurs déjà présents

Les données publiées dans les rapports de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE-Tchad) font apparaître plusieurs sociétés ayant détenu ou détenant des titres miniers, notamment dans l’exploration aurifère. Parmi les noms recensés dans les données historiques figurent HUIBO International Mining, SONADEM, SOGEM, Scientific Mineral Exploration ou encore ORCOSARA. Certaines de ces données portent toutefois sur des périodes antérieures et ne permettent pas, à elles seules, d’affirmer que tous ces titres sont encore actifs en 2026.

Pourquoi cette suspension maintenant ?

Le gouvernement tchadien n’a pas officiellement détaillé, dans la note circulaire, les raisons précises ayant conduit au gel des nouvelles demandes. Mais la décision intervient dans un contexte de réorganisation du cadre réglementaire du secteur.

Quelques jours avant l’annonce de la suspension, le ministère des Mines, du Pétrole et de la Géologie avait engagé un processus de validation du projet de nouveau Code minier et de ses textes d’application. La suspension intervient donc alors que les autorités travaillent parallèlement à l’évolution des règles qui encadrent le secteur. Le pays cherche également à renforcer son dispositif de connaissance et de contrôle du sous-sol. La modernisation du cadastre et la cartographie des ressources constituent ainsi des éléments importants de cette nouvelle phase.

Pour les investisseurs, le Tchad reste un territoire à potentiel, mais l’accès à ce potentiel pourrait désormais être davantage conditionné par la qualité du cadre réglementaire, la transparence du cadastre, la maîtrise des titres et la capacité de l’État à structurer la chaîne de valeur minière.

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