Sénégal : plus de 32 milliards de FCFA de projets garantis en moins de deux ans par le FONGIP

Cette structure publique a accompagné plus de 71 950 porteurs de projets depuis sa création en 2013.

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Faciliter l’accès au crédit sans se substituer aux banques. C’est la mission que le fonds de garantie prioritaire (FONGIP) s’est fixée depuis sa création en 2013. L’institution intervient principalement en partageant une partie du risque avec les établissements financiers afin de permettre aux porteurs de projets, parfois dépourvus de garanties suffisantes, d’accéder au financement. Et en 13 ans, la structure a accompagné 71 950 bénéficiaires, avec plus de 113 945 emplois créés. Pendant ce temps, les bonifications (mécanisme qui consiste à réduire les taux d’intérêt des crédits pour alléger la charge financière des emprunteurs) sont estimées à plus de 12 milliards de FCFA. Concernant les garanties mobilisées auprès des institutions financières, les données actuelles font état de plus de 42 milliards de FCFA.

Ces données traduisent l’importance prise par l’instrument de garantie dans le financement de l’économie sénégalaise. Mais, loin de se limiter à multiplier les financements, la structure s’assure que ceux-ci génèrent davantage d’activité, de valeur ajoutée et d’emplois dans les territoires.

113 945 emplois créés en 13 ans

Il faut préciser que l’activité du FONGIP s’est nettement accélérée entre octobre 2024 et juin 2026. En moins deux ans, les projets garantis ont représenté plus de 32,7 milliards de FCFA. Cette progression traduit, selon le chargé de la communication de l’institution, la volonté de renforcer l’accès au crédit pour les entreprises et les porteurs de projets. Le défi consiste à inscrire son action dans une logique davantage orientée vers la création d’emplois, la production locale et le développement des chaînes de valeur.

Au-delà des chiffres, notre ambition est aujourd’hui de faire évoluer le FONGIP vers un dispositif encore plus accessible, plus territorial et davantage orienté vers les secteurs qui contribuent à la transformation de notre économie

A indiqué Pierre Eduard Faye, chargé de la communication du Fongip.

Les bonifications estimées à plus de 12 milliards de FCFA

Sur les secteurs privilégiés par le FONGIP, notre interlocuteur affirme que l’agriculture et les activités liées à la chaîne de valeur agroalimentaire occupent naturellement une place importante, compte-tenu du poids de ces secteurs dans l’économie et dans l’emploi.

Nous voulons surtout accompagner les filières capables de créer de la valeur localement, de générer des emplois et de renforcer notre autonomie économique

Dit-il. Cependant, s’empresse-t-il de préciser

le fonds intervient dans un éventail très large de secteurs : agriculture, élevage, pêche, commerce, artisanat, services, tourisme, industrie et transformation des produits locaux, entre autres

En effet, le rôle du Fongip consiste, d’après M. Faye, à réduire le risque que les institutions financières (banques et autres) prennent lorsqu’elles financent des entreprises ou des porteurs de projets.

Nous proposons un accompagnement gratuit qui permet d’aider le porteur de projet à structurer son activité, à améliorer son business plan, à constituer un dossier bancable et à l’orienter vers l’institution financière appropriée

Explique le chargé de la communication. Et selon le produit, renseigne-t-il,

la garantie peut aller jusqu’à 80 % du montant restant dû en principal. Et en garantissant un crédit, le FONGIP partage une partie du risque avec l’institution financière

La garantie peut aller jusqu’à 80 % ….

À ce risque s’ajoutent ceux liés à la viabilité des projets, à la qualité de leur gestion, aux fluctuations des coûts des intrants ou encore aux chocs économiques susceptibles d’affecter les entreprises. Face à ces contraintes, le Fonds entend renforcer l’analyse et le suivi des projets. L’approche ne se limite pas à apporter une garantie financière.

Notre objectif est simple : garantir davantage, mais garantir mieux

va affirmé M. Faye.

Sur les réformes nécessaires pour rendre le dispositif de garantie plus rapide, plus accessible et plus efficace, le Fonds plaide pour la simplification des procédures et la réduction des délais, tout en maintenant un niveau d’analyse qui protège les ressources publiques. De l’avis de Pierre Eduard Faye,

La digitalisation constitue un levier essentiel. Nous devons également renforcer la territorialisation du dispositif, améliorer l’interconnexion avec les banques et les systèmes financiers décentralisés (SFD), développer davantage les mécanismes de garantie de portefeuille et mieux accompagner les petites entreprises. Enfin, nous devons continuer à développer des fonds et mécanismes de garantie spécialisés, adaptés aux réalités de certaines catégories de bénéficiaires et de certains secteurs.

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