Les 72 milliards de FCFA mobilisés auprès d’Afreximbank interviennent dans un contexte où le Tchad cherche à améliorer ses infrastructures commerciales et à renforcer les connexions avec les marchés régionaux. Pour les entreprises, l’enjeu porte notamment sur les conditions de transport, de transit et de circulation des marchandises dans un pays enclavé.
Cette opération s’inscrit dans un programme national beaucoup plus large. Tchad Connexion 2030 prévoit environ 30 milliards de dollars d’investissements, avec des projets couvrant notamment les infrastructures, l’agriculture, l’agro-industrie, l’énergie, l’eau et le développement du secteur privé.
Des infrastructures au service des échanges
Le financement accordé par Afreximbank doit contribuer au développement d’infrastructures destinées à faciliter le commerce. Le programme national prévoit notamment le renforcement des connexions du Tchad avec ses pays voisins à travers les principaux corridors commerciaux. Pour les entreprises, l’amélioration de ces infrastructures peut concerner directement les activités de transport, logistique, stockage, transit et services liés au commerce transfrontalier.
Le Tchad étant un pays sans accès à la mer, une partie importante de ses échanges dépend de corridors reliant son territoire aux ports et marchés des pays voisins. La performance de ces corridors constitue donc un élément déterminant pour les entreprises qui importent des équipements ou exportent leur production.
Un portefeuille de 18 000 milliards FCFA à mobiliser
L’intérêt de l’opération dépasse le montant de la facilité d’Afreximbank. Tchad Connexion 2030 représente environ 30 milliards de dollars, soit près de 18 000 milliards de FCFA, pour 268 projets et réformes. Le gouvernement prévoit une mobilisation de capitaux publics et privés pour financer ce portefeuille.
Parmi les secteurs identifiés figurent notamment l’agriculture et l’agro-industrie, l’énergie, l’eau, le commerce d’exportation, la microfinance et les filières présentant un potentiel de croissance. Pour un investisseur, ces secteurs constituent les principaux espaces où des besoins en capitaux doivent être transformés en projets économiques structurés.
Agriculture et agro-industrie : des besoins à financer
L’agriculture et l’agro-industrie occupent une place importante dans la stratégie de diversification économique du Tchad. L’objectif est notamment d’augmenter la capacité de production et de développer davantage de transformation locale. Les besoins ne concernent donc pas uniquement la production agricole. Ils s’étendent à la transformation, au stockage, à la chaîne du froid, au transport et à la commercialisation.
Pour les porteurs de projets, cette chaîne de valeur ouvre plusieurs possibilités de recherche de financement privé, notamment pour les unités de transformation et les infrastructures nécessaires à la commercialisation des produits.
Énergie, eau et numérique
Le développement du secteur privé dépend également de la disponibilité des infrastructures de base. Le programme national identifie ainsi l’énergie et l’eau parmi les secteurs prioritaires. Le renforcement des infrastructures numériques constitue également un axe de la stratégie de connexion du pays. La digitalisation des échanges, des services et des procédures commerciales peut créer des besoins pour les entreprises spécialisées dans les solutions numériques et les services aux entreprises.
Ce que recherche le marché tchadien
Les chiffres du programme national donnent une indication sur l’ampleur des besoins. Avec un portefeuille annoncé de 18 000 milliards de FCFA, le Tchad cherche à mobiliser des financements au-delà des ressources publiques. Pour les investisseurs, l’enjeu est donc d’identifier des projets capables de répondre à des besoins déjà inscrits dans les priorités nationales : infrastructures, agriculture, agro-industrie, énergie, eau, logistique, commerce et services numériques.
La facilité de 72 milliards de FCFA d’Afreximbank ne constitue pas une enveloppe directement destinée à chacun de ces secteurs. Elle participe au financement des infrastructures commerciales dans le cadre plus large de Tchad Connexion 2030.
Avec cette facilité de 110 millions d’euros, soit environ 72 milliards de FCFA, Afreximbank accompagne le Tchad dans le développement d’infrastructures destinées à faciliter les échanges commerciaux. L’opération intervient alors que le pays cherche à mobiliser environ 30 milliards de dollars, près de 18 000 milliards de FCFA, pour financer 268 projets et réformes dans le cadre de Tchad Connexion 2030.
Pour le secteur privé, les besoins officiellement identifiés se concentrent notamment dans l’agriculture, l’agro-industrie, l’énergie, l’eau, la logistique, le commerce et les services numériques. La prochaine étape consiste à transformer ces besoins en projets structurés, avec des modèles économiques capables d’attirer les capitaux privés recherchés pour la mise en œuvre du programme.

