La Banque Africaine de Développement a publié son rapport sur « Les perspectives économiques régionales ». Un document qui confirme la suprématie de l’économie ivoirienne dans l’espace UEMOA. En effet, l’économie ivoirienne continue d’afficher des perspectives favorables et devrait se situer à 6,2 % et 6,5 % en 2026 et 2027 respectivement. Cependant, ces perspectives économiques, qui demeurent favorables, pourraient être grandement assombries par le risque de choc inflationniste, la persistance des tensions commerciales et géopolitiques, la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement et le durcissement des Conditions financières internationales
Les pressions inflationnistes se sont estompées en 2025 avec un taux d’inflation estimé à 0,1 %
Par rapport aux pressions inflationnistes, elles se sont estompées en 2025 avec un taux d’inflation estimé à 0,1 %, grâce à un meilleur approvisionnement du marché en produits alimentaires et à la baisse des coûts du transport, liée au rabaissement des prix des produits pétroliers à la pompe, estimée à environ 6 % en moyenne en 2025. L’amélioration des termes de l’échange constatée en 2025 s’explique en grande partie par la hausse des cours mondiaux du cacao (dont le pays est le premier producteur mondial). Cette évolution a contribué positivement à l’amélioration du solde du compte courant qui passe de -4,5 % en 2024 à -1 % en 2025.
La pression fiscale attendue à 15,7% du Pib en 2026, le ratio de la dette publique au PIB attendu à 56,4% en 2027
Par rapport à la politique budgétaire et la dette publique, la mise en œuvre de la Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme (SRMT), à travers des mesures ciblées, devrait contribuer à un élargissement de l’assiette fiscale et porter le taux de pression fiscale de 13,8% du PIB en 2024 à près de 15,7% en 2026. Cependant, précise le document, ce taux demeure en deçà de l’objectif de 20% du PIB, minimum fixé par l’UEMOA. Par ailleurs, le ratio de la dette publique au PIB de la Côte d’Ivoire est estimé à 57,1% en 2025 et devrait s’établir à 56,4% en 2027, traduisant une trajectoire soutenable de l’endettement public. Le pays continuerait ainsi à respecter l’objectif de l’Uemoa qui fixe un plafond de dette publique à 70% du Pib.
Dette extérieure, Côte d’Ivoire figure parmi les plus élevées d’Afrique subsaharienne
Par rapport à la dette extérieure la note de la Côte d’Ivoire figure parmi les plus élevées d’Afrique subsaharienne. Le 13 mars 2026 l’agence de notation Moody’s Ratings a confirmé la note souveraine à long terme de la Côte d’Ivoire à Ba2, assortie d’une perspective stable, attestant ainsi des progrès réalisés par le pays dans le renforcement de son cadre macroéconomique. En mars 2025, la Côte d’Ivoire a émis avec succès un eurobond de 1,75 milliard de dollars. De plus, pour la première fois en Afrique subsaharienne, le pays a émis une obligation internationale libellée en monnaie locale (Francs CFA), équivalente à 335 millions d’euros à un taux de 6,875%, pour une maturité de trois ans. En juillet 2025, le pays a émis avec succès un Samouraï bond (obligation souveraine libellée en yen japonais) d’un montant de 50 milliards de yens japonais (environ 300 millions d’euros), assorti d’un coupon de 2,3 % sur une maturité de 10 ans.
La dette publique soutenable malgré….
En 2026, les autorités nationales ont réalisé avec succès une nouvelle émission obligataire internationale en levant 1,3 milliard de dollars. En outre, la dette publique brute a enregistré une forte baisse entre 2000 et 2012, passant de 74 % à 24,7 % du PIB. Cette évolution s’explique notamment par les opérations d’allègement de dette ainsi que par le renforcement des fondamentaux Macroéconomies. À partir de 2013, le ratio d’endettement a suivi une tendance haussière, atteignant 59,3 % du PIB en 2024, dans un contexte marqué par l’accélération des investissements publics, les besoins élevés de financement du développement et les effets des chocs économiques récents. La structure de la dette a également évolué au cours de la période. Les créanciers bilatéraux et multilatéraux, qui représentaient une part importante de l’encours au début des années 2000, ont progressivement cédé du terrain au profit des financements de marché. La part de la dette détenue par les créanciers privés est ainsi passée de 3,4 % du PIB en 2012 à 19,7 % en 2024, reflétant le recours accru aux marchés internationaux de capitaux.
Dans le même temps, la dette intérieure a plus que doublé, passant de 10,8 % à 23,4 % du PIB. Toutefois, la dette publique de la Côte d’Ivoire demeure soutenable comme nous le verrons dans l’un des prochains paragraphes portant sur l’Analyse de la Viabilité de la Dette (AVD).
Un ratio constant de 17,4 % des recettes publiques entre 2015-2019 et 2020-2023
La Côte d’Ivoire affiche, en outre, une situation relative stable en matière de service de la dette extérieure publique, avec un ratio constant de 17,4 % des recettes publiques entre 2015-2019 et 2020-2023. Cette performance contraste avec la détérioration observée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment le Bénin, dont le ratio a fortement augmenté à 21,4 %, et le Sénégal, à 20,5 %. Cette stabilité reflète la Capacité des autorités ivoiriennes à maintenir un équilibre entre le recours au financement extérieur et la mobilisation des recettes publiques dans un contexte marqué par les chocs liés à la pandémie du COVID-19, aux tensions géopolitiques et au resserrement de Conditions financières internationales. Toutefois, le niveau atteint demeure relativement élevé et supérieur à celui observé dans plusieurs économies de la sous-région .


