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Cameroun : sept entreprises publiques classées en première catégorie

Un nouvel arrêté du ministre des Finances rebat la classification des entreprises publiques camerounaises. Sept sociétés sont placées dans la première catégorie, qui regroupe des entreprises opérant dans des secteurs stratégiques comme l’énergie, les hydrocarbures, les télécommunications, l’agriculture, l’aluminium et les infrastructures portuaires.

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Le paysage des entreprises publiques camerounaises évolue. La nouvelle classification établie par le ministère des Finances place sept entreprises publiques en première catégorie. Il s’agit de Cameroon Telecommunications (Camtel), de la Compagnie camerounaise de l’aluminium (Alucam), de la Société camerounaise d’électricité (Socadel), du Port autonome de Douala (PAD), de la Société de développement du coton (Sodecoton), de la Société nationale de raffinage (Sonara) et de la Société nationale des hydrocarbures (SNH).

Cette classification intervient sur la base des performances réalisées au cours des exercices 2022, 2023 et 2024. Elle concerne des sociétés qui occupent une place importante dans les principaux moteurs de l’économie camerounaise.

Des secteurs stratégiques représentés

La liste traduit d’abord la volonté de placer au premier niveau les entreprises intervenant dans des secteurs considérés comme structurants. Dans les télécommunications, Camtel constitue l’opérateur public de référence. Dans l’agriculture et l’agro-industrie, la Sodecoton joue un rôle central dans la filière cotonnière et la transformation de ses produits. L’entreprise, à capitaux publics majoritaires, intervient notamment dans la production de fibre de coton, l’huile alimentaire et les aliments pour bétail.

Le secteur énergétique est représenté par Socadel, nouvelle société publique issue de la transformation d’Eneo, ainsi que par la Sonara, dans le raffinage, et la SNH, au cœur de la gestion des intérêts de l’État dans les hydrocarbures. À ces entreprises s’ajoutent Alucam, acteur majeur de la filière aluminium, et le Port autonome de Douala, infrastructure essentielle au commerce extérieur camerounais.

Des performances financières contrastées

Les données financières disponibles pour 2024 montrent des écarts importants au niveau de rentabilité. La Sodecoton a réalisé un chiffre d’affaires de 223,3 milliards de FCFA, pour un résultat net de 5,49 milliards de FCFA. Elle se place ainsi parmi les entreprises publiques les plus importantes en termes de revenus. Camtel affiche de son côté 217 milliards de FCFA de chiffre d’affaires et un bénéfice net de 12,7 milliards de FCFA.

La situation est différente pour la Sonara. Malgré un chiffre d’affaires de 137,98 milliards de FCFA, la société a enregistré une perte nette de près de 42 milliards de FCFA. Alucam affiche également une situation déficitaire avec 94,4 milliards de FCFA de chiffre d’affaires et une perte nette de 23,7 milliards de FCFA. Pour le Port autonome de Douala, les comptes sociaux font apparaître un chiffre d’affaires de 71,96 milliards de FCFA et un résultat net de 6,24 milliards de FCFA.

Un enjeu de gouvernance et de performance

Au-delà du classement administratif, cette nouvelle catégorisation pose une question économique plus large : comment améliorer la performance des entreprises publiques qui contrôlent des secteurs stratégiques ?

 La question n’est donc plus seulement celle du poids économique, mais aussi celle de la rentabilité, de la productivité, de l’investissement et de la capacité à créer davantage de valeur pour l’État. Pour les investisseurs et les entreprises privées, cette évolution constitue également un indicateur intéressant. Les sept entreprises concernées interviennent dans des secteurs où les besoins en infrastructures, équipements, maintenance, financement, technologies, sous-traitance et services spécialisés restent importants.

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