La Côte d’Ivoire dispose désormais d’un cadre d’investissement beaucoup plus vaste à alimenter. Le Plan national de développement (PND) 2026-2030 prévoit un volume global d’investissements de 114 838,5 milliards de FCFA. Les secteurs privé et public devront contribuer à financer les infrastructures, l’agriculture, l’industrie, les services, le capital humain, l’énergie et les autres priorités retenues dans le nouveau plan.
Dans ce contexte, le Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) organise, du 1er au 4 septembre à Assinie, un atelier consacré à la rationalisation des visites de constat d’investissements. Les travaux portent également sur l’identification des projets structurants, leur phasage et les mécanismes de suivi et d’évaluation, en cohérence avec le PND 2026-2030.
Un marché de 114 838 milliards FCFA à structurer
Le PND 2026-2030 fixe à 114 838,5 milliards de FCFA le volume global d’investissements nécessaire à sa mise en œuvre. Ce montant constitue l’enveloppe de référence autour de laquelle doivent être organisés les financements destinés aux différents projets du plan.
Le gouvernement ivoirien a notamment placé la promotion de l’investissement privé parmi les six piliers du PND, aux côtés de la modernisation de l’agriculture, du développement du capital humain, du renforcement des infrastructures stratégiques et de la bonne gouvernance.
Pour les entreprises disposant de capacités financières et recherchant des projets à financer, l’enjeu se situe donc dans l’identification d’opérations présentant un niveau suffisant de structuration, un calendrier d’exécution défini et une capacité de suivi. C’est précisément sur ces éléments que porte le travail engagé par le CEPICI à Assinie.
812,67 milliards FCFA d’investissements agréés en 2025
Le niveau d’activité enregistré par le CEPICI donne une première indication de la profondeur du marché ivoirien. En 2025, les investissements privés agréés ont atteint 812,67 milliards de FCFA, contre 741,46 milliards en 2024, soit une progression de 9,6 %. Les services, l’industrie et l’agriculture figuraient parmi les principaux secteurs bénéficiaires des agréments.
Sur la période 2021-2025, le montant cumulé des investissements agréés par le CEPICI s’est établi à 4 242 milliards de FCFA. Ces données correspondent aux projets ayant obtenu un agrément dans le cadre du dispositif ivoirien de promotion de l’investissement.
Le Code des investissements prévoit par ailleurs des avantages dont la durée dépend notamment de la zone d’implantation et de l’achèvement du programme d’investissement. Les entreprises bénéficiaires sont soumises à des obligations liées à la réalisation de leur programme.
Du projet agréé au projet effectivement réalisé
L’un des enjeux de l’atelier d’Assinie est précisément de renforcer le lien entre l’investissement annoncé et l’investissement effectivement réalisé. Les visites de constat permettent à l’administration de vérifier sur le terrain l’état d’avancement ou l’achèvement des programmes d’investissement.
Cette étape prend une importance particulière dans un contexte où le volume des capitaux à mobiliser pour le PND 2026-2030 est nettement supérieur aux montants d’investissements privés agréés enregistrés au cours des années précédentes.
Le CEPICI travaille ainsi sur des critères d’identification des projets structurants, leur phasage et leurs mécanismes de suivi et d’évaluation. L’objectif opérationnel est de disposer d’une méthode permettant de distinguer les projets selon leur importance et leur niveau de réalisation, tout en améliorant le suivi des investissements bénéficiant du dispositif prévu par le Code des investissements.
Des financements déjà mobilisés autour du PND
La recherche de capitaux pour le PND 2026-2030 ne repose pas uniquement sur les investissements privés agréés. En juillet 2026, la Côte d’Ivoire et le Groupe de la Banque mondiale ont signé cinq accords représentant un engagement nouveau de près de 875 millions de dollars, soit environ 480 milliards de FCFA. Les opérations couvrent notamment l’investissement privé, l’emploi, les compétences, l’énergie, le développement communautaire et la gestion des ressources publiques.
Un autre cadre de financement a été annoncé avec la Team Europe : un programme d’investissement d’un milliard d’euros, soit environ 656 milliards de FCFA, destiné à accompagner la mise en œuvre du PND 2026-2030.
Ces montants s’ajoutent aux investissements privés et aux autres ressources destinées à financer les projets du plan. La question n’est donc pas uniquement celle de la disponibilité des capitaux, mais également celle de leur affectation à des projets suffisamment définis pour être exécutés et suivis.
Le CEPICI renforce aussi le suivi numérique des investissements
Cette démarche intervient après le lancement, en juillet 2026, du Guichet Unique de Déclaration de l’Investissement Privé (GUDIP). Présenté par le CEPICI comme un nouvel outil stratégique, ce dispositif numérique doit servir au suivi des investissements privés.
La combinaison du suivi numérique, des procédures de constat et de critères plus précis pour identifier les projets structurants doit permettre de disposer d’informations plus précises sur le parcours des investissements : déclaration, agrément, réalisation, suivi et évaluation.
Pour les porteurs de projets, cette évolution concerne directement la préparation et la documentation des programmes d’investissement. Pour les détenteurs de capitaux, elle fournit un cadre permettant de mieux apprécier l’état d’avancement des projets intégrés au dispositif public de promotion des investissements.
Avec 114 838,5 milliards de FCFA d’investissements prévus sur 2026-2030 et 812,67 milliards de FCFA d’investissements privés agréés en 2025, la Côte d’Ivoire dispose d’un volume important de projets et de besoins de financement à organiser.
L’atelier du CEPICI à Assinie place désormais la question de la sélection, du phasage et du suivi des projets structurants au centre du dispositif. Pour les prochaines années, l’enjeu sera de transformer les besoins d’investissement identifiés dans le PND en programmes suffisamment structurés pour mobiliser les capitaux, avec des mécanismes permettant de suivre leur exécution et leurs résultats.


