Le marché nigérian du sucre présente un écart important entre la demande et l’offre locale. Les données du NSDC font état d’une consommation annuelle d’environ 1,8 million de tonnes, alors que la production nationale moyenne reste autour de 35 000 tonnes par an. Plus de 97 % des besoins en sucre brut sont ainsi couverts par les importations.
Cet écart constitue le principal marché à capter pour les nouveaux projets agricoles et industriels. Le Nigeria a fixé dans son National Sugar Master Plan 2.0 un objectif de 2 millions de tonnes de production annuelle, avec un développement simultané des plantations, de l’irrigation, des unités de transformation et des compétences techniques.
Un déficit de production qui crée un marché industriel
Les statistiques historiques du NSDC montrent l’ampleur de la dépendance extérieure. En 2023, le Nigeria a consommé environ 1,44 million de tonnes de sucre et en a importé 1,41 million de tonnes, pour une facture d’importation de 927,7 millions de dollars. La production locale n’a représenté que 30 053 tonnes cette année-là.
Le marché offre donc déjà une demande existante avant même l’augmentation de la production nationale. L’enjeu pour les nouveaux projets est de substituer progressivement une partie de ces volumes importés par une production issue des plantations et usines implantées au Nigeria.
SINOMACH apporte un premier milliard de dollars
En avril 2025, le NSDC a signé un protocole d’accord avec SINOMACH pour développer un projet intégré comprenant une plantation de canne à sucre et une unité de production. Le projet doit démarrer avec une capacité de 100 000 tonnes de sucre par an et pourrait mobiliser jusqu’à 1 milliard de dollars. Le financement doit notamment reposer sur un modèle associant ingénierie, approvisionnement, construction et financement du projet par le groupe chinois.
Cette première opération ne représente toutefois qu’une partie du besoin identifié par les autorités. Le NSDC estime à 4,5 milliards de dollars le montant nécessaire pour atteindre les objectifs du plan sucrier national, notamment l’extension des surfaces cultivées et des capacités industrielles.
250 000 hectares à développer
L’objectif de 2 millions de tonnes nécessite une augmentation importante des superficies consacrées à la canne à sucre. Le NSDC estime que la réalisation du National Sugar Master Plan nécessite environ 250 000 hectares de plantations. L’organisme identifie par ailleurs plus de 1,2 million d’hectares de terres considérées comme adaptées à la culture de la canne à sucre.
Le besoin d’investissement concerne donc directement l’agriculture : acquisition et préparation des terres, irrigation, semences, mécanisation, équipements agricoles, routes d’accès et systèmes de collecte.
Les usines constituent un deuxième marché
La transformation industrielle représente un autre segment d’investissement. Le NSDC recense déjà plusieurs grands acteurs du secteur, mais leurs capacités installées sont principalement concentrées dans le raffinage, tandis que la production de canne et de sucre local reste insuffisante.
L’organisme estime le marché nigérian du sucre à environ 2 milliards de dollars et identifie également des débouchés dans les produits dérivés de la canne, notamment les biocarburants, les bioplastiques, les aliments pour animaux et la production d’électricité. L’investissement peut donc porter sur des unités intégrées associant production agricole, broyage de la canne, extraction du sucre et valorisation des sous-produits.
Des projets déjà identifiés pour les investisseurs
Le NSDC propose actuellement plusieurs modèles d’investissement dans le secteur. Pour les exploitations commerciales, l’organisme cible notamment des projets d’outgrowers à partir de 30 hectares pour les particuliers et coopératives, et de 50 à plus de 500 hectares pour les opérateurs agro-industriels.
Le conseil identifie également des besoins de financement pour l’expansion d’opérateurs existants. Pour certains projets de développement, les besoins indicatifs atteignent 1,5 milliard de dollars pour l’expansion de capacités pouvant porter la production annuelle à 720 000 tonnes, 605 millions de dollars pour Lafiagi et 610 millions de dollars pour Golden Sugar Company. Ces montants correspondent aux besoins indicatifs publiés par le NSDC pour différents projets et ne constituent pas une enveloppe unique à financer.
Une filière qui dépasse la production de sucre
Le développement de la canne à sucre ouvre également des marchés secondaires. Les usines peuvent valoriser la bagasse pour produire de l’électricité, tandis que les autres sous-produits peuvent alimenter les industries de l’éthanol, des biocarburants, des aliments pour animaux ou des matériaux dérivés. Le NSDC présente ainsi la transformation de la canne comme une chaîne industrielle allant de l’agriculture à plusieurs produits à valeur ajoutée.
Le Nigeria dispose déjà d’un marché du sucre estimé à 1,8 million de tonnes de consommation annuelle, mais sa production locale moyenne ne dépasse que 35 000 tonnes, selon le NSDC. Plus de 97 % des besoins en sucre brut restent couverts par les importations. Pour réduire cet écart, le pays vise 2 millions de tonnes de production annuelle et estime à 4,5 milliards de dollars les investissements nécessaires à la transformation de la filière.
Le partenariat avec SINOMACH, pouvant mobiliser 1 milliard de dollars, constitue une première opération majeure. Mais le besoin d’investissement reste beaucoup plus large : plantations, irrigation, mécanisation, unités de broyage et de transformation, logistique, énergie et valorisation des sous-produits.

