Les marchés sénégalais et ivoirien de la téléphonie mobile affichent une dynamique comparable. Mais des réalités contrastées sur les prix et les services les plus utilisés.
Au Sénégal, l’Indice des prix des services mobiles (IPSM) s’est établi à 84,0 au deuxième trimestre 2026, contre 99,6 un an auparavant. Cela représente une baisse de 15,6 % des prix des services mobiles sur un an. En revanche, sur une base trimestrielle, les tarifs sont restés parfaitement stables, après les baisses enregistrées au quatrième trimestre 2025 (-5,3 %) et au premier trimestre 2026 (-10,2 %).
Au Sénégal, la baisse sur 15,6% sur un an de l’IPSM principalement portée par orange
Cette baisse annuelle est principalement portée par Orange, qui affiche un recul de 24,5 % de son indice entre les deuxièmes trimestres 2025 et 2026. Avec une pondération de 63 % dans l’indice, l’opérateur contribue à hauteur de 14,8 points au recul global. YAS enregistre une diminution plus modérée de 1,8 %, tandis qu’Expresso recule de 3,5 %. Promobile fait exception, avec une progression de 1,5 %.
La baisse concerne surtout les gros utilisateurs de données. Les profils 1, 4 et 7, caractérisés par une forte consommation de data, enregistrent respectivement des baisses de prix de 25,1 %, 33,1 % et 23 % sur un an. À l’inverse, les profils combinant une forte consommation de voix avec une consommation moyenne ou faible de données voient leurs tarifs progresser. Le profil 2 augmente ainsi de 12,2 %, et le profil 3 de 7,9 %.
Cette baisse des prix n’empêche toutefois pas les dépenses de progresser. L’Indice de dépense minimale (IDM) augmente de 2,7 % au deuxième trimestre, alors que l’IPSM reste stable. Un phénomène qui s’explique essentiellement par une hausse des volumes consommés. Les dépenses minimales des profils 1 et 7 progressent ainsi respectivement de 5,5 % et 12,1 %.
596 millions de Go, soit une hausse de 36,3 % sur un an
En Côte d’Ivoire, la comparaison doit être maniée avec davantage de prudence. L’ARTCI ne publie pas un indice des prix construit selon la même méthodologie que l’IPSM sénégalais. Les données disponibles permettent néanmoins de mesurer l’importance croissante de la data. Au premier trimestre 2026, le trafic Internet mobile a atteint 596 millions de Go, soit une hausse de 36,3 % sur un an.
Le marché ivoirien est dominé par Orange, MTN et Moov Africa. La concurrence s’exprime notamment à travers des forfaits proposant des volumes importants de données à des prix relativement bas. Moov affiche par exemple des offres allant de 1 Go à 750 FCFA à 20 Go à 9 900 FCFA, tandis que MTN propose plusieurs formules data et combinées, dont certaines à partir de 500 FCFA.
La comparaison entre les deux pays fait donc ressortir une même tendance : la data est devenue le principal champ de bataille des opérateurs
La comparaison entre les deux pays fait donc ressortir une même tendance : la data est devenue le principal champ de bataille des opérateurs. Mais si le Sénégal dispose désormais d’un indicateur statistique permettant de mesurer précisément la baisse des prix, la Côte d’Ivoire se distingue surtout par l’intensité de la consommation et la multiplication des offres à gros volumes.
Au-delà des tarifs, c’est donc le comportement des consommateurs qui évolue. Au Sénégal, les prix baissent mais les dépenses minimales repartent à la hausse parce que les usages augmentent. En Côte d’Ivoire, la progression de 36,3 % du trafic Internet mobile confirme également cette transformation. Dans les deux marchés, la baisse du coût relatif de la data semble ainsi encourager davantage de consommation plutôt qu’une simple réduction de la facture télécom.

