Le projet kényan sur l’huile de palme porte sur un maillon industriel précis : la transformation locale. Annoncée à Witu Nyangoro Ranch, dans le comté de Lamu, l’installation représente un investissement estimé à 12,9 milliards de shillings. Selon Abubakar Hassan, Principal Secretary au State Department for Investment Promotion, les discussions relatives à cet investissement sont en cours de finalisation. L’implantation de cette unité intervient dans un secteur où le Kenya importe encore une grande partie de l’huile de palme destinée à son marché intérieur.
Un investissement de 100 millions de dollars
Le montant annoncé pour l’installation atteint 12,9 milliards de shillings, soit environ 100 millions de dollars. Le projet doit être implanté à Witu Nyangoro Ranch, dans le comté de Lamu. Les autorités kényanes annoncent également environ 3 000 emplois liés au projet. À ce stade, le gouvernement n’a pas communiqué de capacité annuelle de production ou de transformation de l’usine dans les informations rendues publiques. Pour le financement, le projet se trouve donc encore au stade de finalisation des discussions et ne doit pas être présenté comme une infrastructure déjà opérationnelle.
Un marché intérieur alimenté par les importations
Selon le Principal Secretary chargé de la promotion des investissements, le Kenya importe environ 1 milliard de dollars d’huile de palme par an. Le responsable présente cette dépense comme la deuxième plus importante facture d’importation du pays après les produits pétroliers.
Le projet de Lamu cible donc un marché existant : celui des entreprises et consommateurs kényans qui utilisent l’huile de palme et ses dérivés. La construction d’une capacité locale de transformation doit permettre d’ajouter un maillon industriel au sein du pays, entre la production agricole et les utilisateurs finaux.
L’enjeu se situe aussi en amont de l’usine
Une unité de transformation nécessite un approvisionnement régulier en matière première. Le développement d’une filière d’huile de palme ne se limite donc pas à la construction de l’usine. Il implique également la mise en place de plantations, la production de régimes de palme, la collecte, le transport vers l’unité industrielle, puis la transformation et la distribution.
Le gouvernement kényan avait déjà identifié plusieurs zones susceptibles d’accueillir le développement de cultures destinées à la production d’huiles alimentaires, notamment Lamu, Kwale, Tana River, Taita Taveta, Homa Bay, Migori, Kisumu et Busia. Cette organisation de la filière permet d’identifier plusieurs catégories d’activités autour de l’unité industrielle : production agricole, équipements, collecte, transport, stockage, transformation et commercialisation.
Lamu développe ses infrastructures agricoles
Le projet intervient également dans un comté où les autorités développent plusieurs chaînes de valeur agricoles. En avril 2026, le gouvernement du comté de Lamu a annoncé avoir distribué plus de 12 millions de shillings à des coopératives et des SACCO dans le cadre du Food Systems Resilience Project. À Witu, quatre institutions, dont trois coopératives et une SACCO, ont reçu 3,1 millions de shillings lors de cette première phase. Ces financements sont destinés au renforcement des structures agricoles locales et à l’amélioration de leur capacité de production et de services.
Un projet à inscrire dans une chaîne de valeur
Pour l’investisseur qui examine le projet, le montant de 12,9 milliards de shillings ne constitue donc qu’un premier indicateur. Les autres éléments à suivre concernent la disponibilité de la matière première, la capacité de transformation prévue, les besoins en équipements, les infrastructures de stockage, la logistique et les débouchés commerciaux.
Le marché identifié par les autorités représente environ 1 milliard de dollars d’importations annuelles d’huile de palme. Le projet de Lamu doit ainsi être évalué en fonction de sa capacité future à traiter une partie de cette demande et à organiser un approvisionnement local régulier.
Le Kenya avance vers la création d’une unité de transformation d’huile de palme de 12,9 milliards de shillings, soit environ 100 millions de dollars, à Witu Nyangoro Ranch, dans le comté de Lamu. Les autorités annoncent environ 3 000 emplois et indiquent que les discussions sur l’investissement sont en phase finale.
Le projet s’inscrit dans un marché où le Kenya importe environ 1 milliard de dollars d’huile de palme chaque année. Sa réalisation nécessitera, au-delà de l’usine, une chaîne d’approvisionnement comprenant la production agricole, la collecte, le transport, le stockage et la transformation. Pour les capitaux privés, les principaux paramètres à surveiller seront donc le bouclage du financement, la capacité industrielle retenue, le dispositif d’approvisionnement en matière première et les contrats de commercialisation.

