Microfinance au Sénégal : l’encours de crédit progresse de 10,8 %, la qualité du portefeuille se dégrade au T1 2026

Le secteur de la microfinance a poursuivi sa progression au Sénégal en 2025, porté par la hausse des dépôts, des crédits et du nombre de sociétaires. Par contre, les crédits octroyés au cours du trimestre ont enregistré un repli et la qualité du portefeuille s'est détériorée.

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Au premier trimestre 2026, l’activité des institutions de microfinance a été marquée par une évolution globalement favorable des principaux indicateurs. Contrairement au quatrième trimestre de l’année 2025, le nombre de comptes ouverts a connu une hausse de 1,5 % au premier trimestre de 2026. Il s’est établi à 4 778 409, portant le taux d’inclusion financière du secteur à 20,4%. De même, l’encours des dépôts a augmenté de 1,0% pour atteindre 640,8 milliards de francs CFA, représentant 3,7% du PIB et 7,2% des dépôts bancaires.

L’encours de crédit des IMF a connu une croissance de 10,8 %, le taux de crédit en souffrance en croissance

Par contre, les crédits octroyés au cours du trimestre ont enregistré un repli et la qualité du portefeuille s’est détériorée. En effet, le volume des crédits octroyés au cours du premier trimestre a diminué de 13,5% pour s’établir à 227,2 milliards de francs CFA. Pendant ce temps, l’encours de crédit a progressé de 3,4% pour atteindre 878,5 milliards de francs CFA, correspondant à 12,0% du crédit à l’économie et à 5,0% du PIB. Sur une base annuelle, l’encours de crédit des IMF a connu une croissance de 10,8%, correspondant à un montant de 85,8 milliards francs CFA. L’encours des crédits sains, au terme du premier trimestre 2026, est ressorti à 816,0 milliards de francs CFA, soit une croissance de 2,2% par rapport au trimestre précédent. Cette situation découle de la progression des crédits sains à long terme (+14,2%), tandis que ceux à court terme et à moyen terme ont enregistré respectivement une baisse de 3,0 % et de 0,2%.

De même, le taux de crédit en souffrance s’est accru d’un point de pourcentage pour s’établir à 7,1%, largement au-dessus de la norme de 3%. Au premier trimestre 2026, l’encours des crédits en souffrance s’est établi à 62,4 milliards de francs CFA, enregistrant une hausse de 22,2 % par rapport au trimestre précédent et une baisse de 6,1 % un an auparavant.  Cette dégradation de la qualité du portefeuille de crédit, s’explique par les hausses des crédits en souffrance observées au niveau des créanciers : hommes (+23,7%), femmes (+22,0 %) et personnes morales (+18,1 %), soient des taux de souffrance respectifs de 7,6 %, 6,1 % et 6,6 %.

Les Emprunts, en hausse de 2,3%

Les Emprunts aussi, ont augmenté de 2,3% pour s’établir à 202,8 milliards de francs CFA contre 198,2 milliards de francs CFA au trimestre précédent. La dynamique des emprunts observée est principalement soutenue par les institutions mutualistes affiliées (+8,9 %). À l’inverse, les institutions mutualistes non affiliées et les sociétés anonymes enregistrent respectivement des contractions de 7,2% et 2,4%, de leurs emprunts, traduisant une évolution contrastée selon les catégories d’IMF. Comparativement à la même période de l’année 2025, les financements reçus par les IMF ont progressé de 19,3%, soit une augmentation de 32,9 milliards de francs CFA. Concernant les fonds propres, ils ont progressé de 11,8%, pour atteindre 257,8 milliards de francs CFA.

 

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