L’or représente désormais l’un des principaux produits d’exportation du Sénégal. Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les exportations d’or non monétaire sont passées de 588,5 milliards de FCFA en 2024 à 978 milliards de FCFA en 2025, soit une progression de 66,2 % en un an. L’or a ainsi représenté 16,5 % des exportations totales du pays en 2025, se classant au deuxième rang des produits exportés.
Dans ce contexte, la réunion organisée entre l’État et les compagnies aurifères ouvre un nouveau chantier : améliorer les conditions d’investissement, sécuriser les opérations minières et accroître la valeur économique générée par les ressources aurifères.
978 milliards de FCFA d’or exportés en 2025
Les chiffres du commerce extérieur donnent la mesure du poids économique de la filière. En 2025, le Sénégal a exporté 978 milliards de FCFA d’or non monétaire, contre 588,5 milliards de FCFA en 2024. La progression atteint ainsi 389,5 milliards de FCFA en valeur sur une année.
La Suisse demeure le principal débouché avec 644,9 milliards de FCFA d’achats d’or sénégalais en 2025, devant l’Australie avec 202,7 milliards, l’Italie avec 70,2 milliards et les Émirats arabes unis avec 60 milliards de FCFA. Ces flux commerciaux donnent une indication claire du potentiel économique associé à l’exploitation aurifère, mais aussi de l’importance des conditions dans lesquelles les entreprises peuvent investir, produire et exporter.
Sabodala et Mako concentrent une partie importante de la production
Les données publiées par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) Sénégal montrent également le poids des principaux projets industriels. Les statistiques minières disponibles font notamment apparaître 7 tonnes d’or pour Sabodala et 5,8 tonnes pour Mako, pour les données de production présentées par l’ITIE.
Les données historiques de l’ITIE montrent par ailleurs que le projet Sabodala avait produit 293 680 onces d’or en 2023, pour une valeur estimée à 345,3 milliards de FCFA. Ces volumes montrent que l’enjeu pour le Sénégal ne porte pas seulement sur la recherche de nouveaux gisements. Il concerne également la consolidation des opérations existantes et l’amélioration de l’environnement dans lequel évoluent les entreprises minières.
L’État veut réduire les obstacles aux investissements
La réunion du 20 août à Diamniadio, présidée par le ministre des Mines et de la Géologie, Cheikhou Oumar Seck, doit instaurer un cadre de dialogue permanent entre les pouvoirs publics et les compagnies aurifères.
Les discussions ont porté sur la gestion des titres miniers, l’instruction des demandes, la sécurité des opérations, l’utilisation des explosifs, l’acceptabilité sociale des projets et les exigences environnementales. Pour les investisseurs, ces éléments constituent directement des paramètres de décision : durée d’obtention des titres, sécurité des sites, disponibilité des infrastructures, cadre réglementaire et conditions d’exploitation.
L’orpaillage et les chaînes de valeur au centre des discussions
La formalisation de l’orpaillage figure également parmi les sujets abordés par les autorités. Le secteur artisanal constitue un autre segment de l’activité aurifère, avec des enjeux liés à l’encadrement des producteurs, à la traçabilité de l’or et à la réhabilitation des sites.
La réunion a également abordé le Fonds d’Appui au Développement Local, la recherche minière et les réformes réglementaires. L’objectif opérationnel est de mieux organiser l’ensemble de la chaîne, depuis l’exploration jusqu’à l’exploitation, tout en renforçant les retombées locales liées à l’emploi, aux fournisseurs et aux services associés aux activités minières.
Une progression qui renforce l’intérêt économique du secteur
La progression de 66,2 % des exportations d’or non monétaire entre 2024 et 2025 intervient dans un contexte de forte valorisation du métal jaune sur les marchés internationaux. À court terme, l’évolution des cours peut accroître la valeur des exportations à volume constant. À plus long terme, l’augmentation de la production dépend toutefois des investissements consacrés à l’exploration, au développement des mines, aux infrastructures et aux technologies de traitement.
Le Sénégal dispose donc d’un marché minier dans lequel les besoins ne se limitent pas aux compagnies qui extraient directement l’or. Les activités d’exploration, de forage, de traitement, de maintenance, de transport, de sécurité, d’ingénierie et de services miniers constituent également des segments liés à l’expansion de la filière.
Avec 978 milliards de FCFA d’exportations d’or non monétaire en 2025, contre 588,5 milliards un an auparavant, le secteur aurifère représente déjà une composante importante du commerce extérieur sénégalais.
La mise en place d’un dialogue permanent entre l’État et les compagnies minières intervient ainsi à un moment où les volumes financiers générés par l’or progressent fortement. La prochaine étape sera de traduire les discussions sur les titres miniers, la sécurité, la recherche, l’environnement et la formalisation de l’orpaillage en conditions concrètes pour accélérer les investissements et développer davantage les activités autour de la production aurifère.

