En 2025, le Sénégal a consacré 336,7 milliards de FCFA à l’achat de riz sur les marchés internationaux. Cette enveloppe représente une progression de 6,8 % par rapport à l’année précédente. Elle constitue le deuxième montant le plus élevé enregistré depuis 2015, derrière le record de 346,7 milliards de FCFA atteint en 2022.
La progression de la facture s’inscrit dans un contexte où les volumes importés ont également augmenté. Les achats extérieurs de riz sont passés de 1,38 million de tonnes en 2024 à 1,47 million de tonnes en 2025, soit environ 90 000 tonnes supplémentaires sur une année.
Les données de l’ANSD montrent ainsi que le riz demeure l’un des principaux produits agricoles et alimentaires pesant sur les importations sénégalaises. Dans ses statistiques du commerce extérieur, l’agence publique suit notamment l’évolution des importations par produits et leur poids dans les échanges du pays.
Près de 50 % de hausse des volumes depuis 2015
L’évolution sur une décennie permet de mesurer davantage l’ampleur de cette dépendance aux approvisionnements extérieurs. En 2015, le Sénégal avait importé 989 549 tonnes de riz, pour une valeur de l’ordre de 194,6 milliards de FCFA. Les données historiques de l’ANSD confirment un volume de 989 549 tonnes importées en 2015.
En comparaison, les 1,47 million de tonnes enregistrées en 2025 représentent une augmentation d’environ 49 % en volume en dix ans. En valeur, la progression est encore plus importante : la facture est passée d’environ 194,6 milliards de FCFA en 2015 à 336,7 milliards de FCFA en 2025, soit une hausse proche de 73 %.
Cette évolution traduit donc une augmentation simultanée des quantités achetées à l’étranger et de la valeur financière consacrée à ces approvisionnements.
La production locale au cœur de l’enjeu alimentaire
L’évolution des importations constitue également un indicateur du défi posé par l’approvisionnement du marché sénégalais en riz local. Le gouvernement sénégalais avait déjà inscrit la réduction de la dépendance aux importations dans le cadre du Programme national d’autosuffisance en riz (PNAR).
Les données historiques publiées par l’ANSD montrent que les importations étaient passées de 989 549 tonnes en 2015 à 891 068 tonnes en 2016, tandis que la production nationale progressait sur la même période. Le développement de la production locale avait alors été présenté comme un levier destiné à réduire le déficit commercial lié aux achats de riz à l’étranger.
Dix ans plus tard, le niveau des importations demeure toutefois élevé. Le franchissement du seuil de 1,4 million de tonnes en 2025 place les approvisionnements extérieurs à un niveau nettement supérieur à celui observé en 2015.
Une pression persistante sur les importations alimentaires
L’importance de la facture rizicole intervient dans un environnement où les importations constituent toujours une composante majeure du commerce extérieur sénégalais. Les statistiques officielles de l’ANSD recensent chaque mois les principaux produits importés, leur valeur et leur évolution. En 2026, le riz continue notamment de figurer parmi les produits suivis dans les statistiques du commerce extérieur.
L’enjeu pour le Sénégal est donc double : répondre à la demande intérieure tout en limitant, à terme, le poids des achats de riz sur le marché international. L’évolution des volumes importés depuis 2015 montre que cet objectif reste directement lié à la capacité du pays à accroître durablement sa production, sa transformation et sa commercialisation de riz local.
Avec 336,7 milliards de FCFA consacrés aux importations de riz en 2025 et 1,47 million de tonnes achetées à l’étranger, le Sénégal atteint un niveau élevé de dépendance au marché international pour cette denrée. La facture reste proche du record de 346,7 milliards de FCFA enregistré en 2022. Depuis 2015, les volumes importés ont progressé d’environ 49 %, tandis que la valeur de ces achats a augmenté de près de 73 %. Ces chiffres placent la production locale de riz au centre des enjeux liés à la réduction de la facture alimentaire et au renforcement de l’offre nationale.


