La RDC a formalisé, le 29 juin 2026, l’interdiction d’exporter les concentrés de cuivre et de cobalt. La mesure vise à favoriser leur traitement sur le territoire national, avec des possibilités de dérogation d’une durée d’un an dans certaines situations. Cette décision intervient dans un secteur qui représente déjà une part importante de l’activité minière congolaise. Les statistiques du ministère des Mines montrent que la production de cuivre a atteint des niveaux élevés en 2025, tandis que plusieurs opérateurs développent des capacités de transformation directement sur les sites miniers.
Une production de cuivre supérieure à 3 millions de tonnes en 2025
Les statistiques du ministère congolais des Mines indiquent que la production de cuivre a atteint 3 009 851,79 tonnes en 2025. Le cobalt a représenté 66 634,50 tonnes sur la même période. Ces volumes correspondent à la production enregistrée par les services statistiques du ministère.
Cette base de production constitue le principal approvisionnement des unités de traitement implantées dans le pays. La réglementation adoptée en juin 2026 intervient donc sur une chaîne industrielle déjà structurée autour de l’extraction, de la concentration et, pour une partie des volumes, de la transformation.
La transformation locale nécessite de nouvelles capacités industrielles
L’interdiction des exportations de concentrés accroît mécaniquement l’importance des capacités de traitement disponibles en RDC. Les entreprises minières doivent disposer d’installations capables de transformer leurs concentrés en produits répondant aux exigences du marché.
Le complexe Kamoa-Kakula constitue l’un des exemples les plus avancés. Son propriétaire Ivanhoe Mines a mis en service une fonderie d’une capacité nominale de 500 000 tonnes de cuivre par an. Les premières anodes de cuivre, d’une pureté de 99,7 %, ont été produites en décembre 2025. Au deuxième trimestre 2026, la fonderie produisait environ 850 tonnes d’anodes par jour, soit un rythme annualisé de près de 300 000 tonnes. Sa capacité nominale de 500 000 tonnes par an doit être atteinte progressivement, avec un objectif annoncé pour 2028.
L’investissement ne concerne pas uniquement les fonderies
La transformation du cuivre nécessite également des infrastructures énergétiques, des équipements industriels, des installations de stockage, des moyens de transport et des solutions logistiques. Kamoa-Kakula, par exemple, a prévu des installations solaires avec stockage par batteries représentant jusqu’à 60 MW de capacité de base à partir de 2026. Le complexe dispose également d’environ 193 MW de capacité de production électrique par groupes électrogènes au 31 décembre 2025.
L’entreprise prévoit par ailleurs des investissements en capital compris entre 1,1 et 1,4 milliard de dollars en 2026 pour Kamoa-Kakula, puis entre 750 et 950 millions de dollars en 2027. Ces montants illustrent les besoins financiers associés à l’augmentation de la production et au développement des infrastructures nécessaires au traitement du cuivre.
Le cuivre raffiné prend progressivement la place des concentrés
Les données disponibles montrent déjà une évolution de la structure des produits miniers exportés par la RDC. Au premier trimestre 2026, les exportations de cuivre ont atteint 823 886 tonnes, dont environ 85 % sous forme de cathodes raffinées, selon les données reprises des statistiques minières congolaises. Cette évolution intervient alors que plusieurs opérateurs augmentent leurs capacités de traitement sur le territoire national.
À Kamoa-Kakula, l’entreprise indique que la production d’anodes de cuivre a commencé et que les exportations de concentrés doivent progressivement diminuer jusqu’à devenir nulles lorsque la fonderie fonctionnera à pleine capacité.
Le besoin de financement s’étend à toute la chaîne industrielle
Le changement réglementaire crée des besoins qui dépassent la seule construction de fonderies. Les capacités de transformation doivent être accompagnées par des infrastructures d’alimentation électrique, des équipements industriels, des systèmes de traitement des sous-produits, des infrastructures de transport et des solutions logistiques.
La fonderie de Kamoa-Kakula produit également de l’acide sulfurique. Au deuxième trimestre 2026, sa production atteignait 112 307 tonnes, avec une capacité nominale annoncée de 700 000 tonnes par an. L’acide produit est vendu à des exploitations minières voisines du Copperbelt congolais. La transformation génère donc plusieurs flux industriels qui peuvent être valorisés localement.
De nouveaux projets miniers élargissent le potentiel de production
Le ministère des Mines poursuit également les travaux de connaissance géologique et de développement de nouveaux projets. Le 25 juin 2026, il a lancé les activités de prospection géologique du projet MICKA, dans le Kasaï-Oriental, consacré à la recherche de cuivre. Le projet associe la MIBA à LBK Construction SARL et CREC Resource.
Le ministre des Mines a indiqué à cette occasion que près de 90 % des ressources potentielles de la RDC restent encore à découvrir. Cette donnée concerne le potentiel géologique global du pays et non une estimation de réserves de cuivre directement exploitables. L’augmentation des capacités minières devra donc être accompagnée par le développement parallèle des infrastructures de transformation.
La RDC modifie les conditions d’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt avec l’objectif de favoriser leur traitement sur le territoire national. La mesure du 29 juin 2026 intervient alors que le pays a produit plus de 3 millions de tonnes de cuivre en 2025 et que des capacités industrielles nouvelles sont déjà opérationnelles.
La fonderie de Kamoa-Kakula, avec une capacité nominale de 500 000 tonnes de cuivre par an, constitue l’une des principales infrastructures de cette transformation. L’entreprise prévoit parallèlement jusqu’à 1,4 milliard de dollars de dépenses d’investissement en 2026 sur le complexe.
Pour les investisseurs, les besoins identifiables se situent ainsi dans les capacités de fusion et de raffinage, l’énergie, les équipements industriels, la logistique, le stockage et les infrastructures nécessaires à la transformation des minerais sur le territoire congolais.

