Côte d’Ivoire : une unité d’affinage de 100 tonnes d’or pour capter davantage de valeur dans la filière

La Côte d’Ivoire prépare une nouvelle étape dans le développement de son industrie aurifère. Une unité d’affinage d’une capacité annoncée de 100 tonnes d’or par an doit entrer en exploitation au premier semestre 2027 à Abidjan. Le projet intervient alors que la production nationale est passée de 58 tonnes en 2024 à près de 62 tonnes en 2025, tandis que plusieurs nouveaux projets miniers représentent déjà plusieurs centaines de milliards de francs CFA d’investissements.

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Le 16 septembre 2026, le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a annoncé l’entrée en exploitation, au terme du premier semestre 2027, d’une unité d’affinage portée par la Société ivoirienne des métaux précieux (SIMEP). Sa capacité annoncée est de 100 tonnes d’or par an.

Cette capacité représente un volume supérieur de près de 61 % à la production aurifère ivoirienne de 2025, estimée à près de 62 tonnes par les autorités. Elle intervient dans un secteur dont la production est passée de 12,35 tonnes en 2011 à 59,124 tonnes en 2024, selon le bilan officiel du gouvernement.

Une production aurifère multipliée par près de cinq en treize ans

La progression de la production constitue la première donnée à prendre en compte. Selon le gouvernement ivoirien, la production d’or brut est passée de 12,35 tonnes en 2011 à 59,124 tonnes en 2024, soit une progression de 378,7 %. Le nombre de mines est également passé de 3 en 2011 à 22 en 2024. Les données de l’U.S. Geological Survey (USGS) donnent une évolution comparable : 39 tonnes en 2020, 42 tonnes en 2021, 48 tonnes en 2022, 52 tonnes en 2023 et 58 tonnes en 2024.

En 2025, la production ivoirienne a atteint près de 62 tonnes, selon les chiffres communiqués en septembre 2026 par l’État ivoirien dans le cadre de la présentation de la SIMEP. L’unité d’affinage annoncée pour 2027 est donc dimensionnée à un niveau supérieur à la production nationale actuelle.

100 tonnes de capacité pour une production appelée à augmenter

La capacité de 100 tonnes par an ne correspond pas à la production actuelle de la Côte d’Ivoire. Il s’agit de la capacité maximale annoncée pour l’unité d’affinage.

Le gouvernement explique que cette capacité doit notamment accompagner les volumes provenant des mines industrielles projetées. L’objectif affiché par les autorités est de faire de la Côte d’Ivoire le premier producteur africain d’or à l’horizon 2035.

Plusieurs projets contribuent déjà à cette perspective. En février 2026, deux permis d’exploitation ont été accordés à des projets aurifères représentant ensemble 732,71 milliards de FCFA d’investissements annoncés.

Le projet Assafo-Didibango, porté par Etruscan Resources Côte d’Ivoire, prévoit 451,31 milliards de FCFA d’investissement et une production annuelle moyenne de 7,99 tonnes d’or, pour une production totale annoncée de 120 tonnes sur 19 ans.

Le second projet, porté par Ampella Mining Côte d’Ivoire, représente 281,4 milliards de FCFA d’investissement, pour une production annuelle moyenne annoncée de 6,43 tonnes et une production totale de 59 tonnes sur 14 ans.

À ces projets s’ajoute celui de Doropo, annoncé en 2025. Resolute Mining prévoit un investissement de 300 milliards de FCFA pour développer cette mine, dont le potentiel annoncé dépasse 100 tonnes d’or.

La SIMEP ne se limite pas à l’affinage

L’unité d’Abidjan constitue seulement l’un des éléments du dispositif. La Société Ivoirienne des Métaux Précieux doit également assurer plusieurs fonctions : exploitation de mines semi-industrielles, achat national d’or, transformation, commercialisation et constitution d’un stock d’or pour le compte de l’État.

Un comptoir national d’achat doit notamment agréger l’or issu de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle et assurer sa traçabilité. La structure présente également une particularité au niveau de son capital. L’État ivoirien et la Société pour le développement minier (SODEMI) détiennent ensemble 49 % du capital social, tandis que la participation nationale atteint 70 %. Le capital est estimé à 5 milliards de FCFA.

Une chaîne de valeur qui s’élargit autour de l’or

L’organisation prévue fait apparaître plusieurs maillons économiques autour du métal jaune : collecte, traçabilité, transport sécurisé, affinage, stockage et commercialisation internationale.

Pour cette dernière étape, le gouvernement indique que la SIMEP s’appuiera notamment sur StoneX pour la commercialisation internationale et la connexion aux acteurs de la chaîne mondiale de l’or. La logistique et la sécurité des flux doivent également être prises en charge dans le dispositif prévu autour de la société.

L’enjeu économique se situe donc également dans les services nécessaires au fonctionnement de cette chaîne : équipements industriels, maintenance, laboratoire, transport sécurisé, logistique, ingénierie et prestations spécialisées.

Avec une production passée de 12,35 tonnes en 2011 à près de 62 tonnes en 2025, plusieurs projets miniers représentant déjà plus de 1 000 milliards de FCFA d’investissements annoncés si l’on additionne Assafo-Didibango, Ampella et Doropo, et une unité d’affinage de 100 tonnes par an attendue en 2027, la Côte d’Ivoire développe progressivement une chaîne aurifère allant de l’extraction à la commercialisation.

La prochaine étape sera la mise en service effective de l’unité d’Abidjan et la montée en production des nouveaux projets miniers. Pour les entreprises, les flux financiers ne se situent donc plus uniquement dans l’exploitation des gisements, mais aussi dans les différents services et infrastructures nécessaires à la transformation et à la circulation de l’or.

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