Le marché camerounais du gaz domestique fait face à des tensions d’approvisionnement alors même que le produit reste disponible dans les stocks de la chaîne d’approvisionnement. La difficulté se situe principalement dans l’acheminement du gaz depuis le dépôt primaire de Douala vers les centres de consommation, notamment Yaoundé.
La hausse de la demande, combinée à l’allongement des délais de transport et aux contraintes logistiques rencontrées par les transporteurs, a contribué à perturber les livraisons dans plusieurs points de vente de la capitale. Face à cette situation, une réunion de crise a été organisée et plusieurs mesures ont été arrêtées afin d’augmenter les capacités d’enfûtage et de fluidifier l’approvisionnement.
Une disponibilité du gaz, mais des difficultés d’acheminement
À l’issue de la visite du dépôt de la SCDP à Nsam, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a expliqué que les tensions observées sur le marché ne résultaient pas d’un manque de gaz dans les stocks disponibles.
Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de gaz. Il y en a suffisamment aussi au niveau du dépôt primaire de Douala.
Selon le ministre, le principal problème se situe au niveau de la logistique entre Douala et Yaoundé. Les camions chargés du transport du produit mettent désormais davantage de temps pour effectuer le trajet et rencontrent eux aussi des difficultés logistiques.
Cette situation intervient dans un contexte marqué par une augmentation de la demande. Gaston Eloundou Essomba souligne que celle-ci
croît aujourd’hui de manière exponentielle
Ce qui accentue la pression sur la chaîne d’approvisionnement.
Une réunion de crise pour renforcer l’approvisionnement
Face aux perturbations, les autorités ont organisé une réunion de crise destinée à arrêter des mesures permettant de rétablir l’approvisionnement du marché.
Nous avons donc tenu une réunion de crise et au cours de cette réunion, un certain nombre de mesures ont été prises
A expliqué le ministre.
La visite du dépôt de Nsam devait notamment permettre d’évaluer la mise en œuvre des directives arrêtées à l’issue de cette réunion et les moyens effectivement mobilisés par la SCDP.
Nous sommes donc ici aujourd’hui pour voir les efforts que la SCDP a faits pour augmenter les capacités d’enfûtage, saturer le marché et mettre un terme à cette crise qui commençait déjà à durer.
La SCDP renforce ses équipements à Nsam
Le renforcement de l’approvisionnement passe également par l’amélioration des capacités techniques du centre d’emplissage de Yaoundé. Lors de sa visite, le ministre a notamment relevé les opérations de maintenance réalisées sur les équipements d’enfûtage.
Je me réjouis de voir que des efforts sont faits en matière de maintenance parce que le carrousel qui porte les principales machines qui procèdent à l’enfûtage, ce carrousel, il est en bon état de fonctionnement avec un certain nombre de bascules qui ont été réhabilitées.
Certaines de ces bascules ont été transférées depuis le dépôt de Bafoussam afin de renforcer le dispositif d’emplissage de Yaoundé. Ces interventions doivent permettre à la SCDP d’améliorer la capacité opérationnelle du site de Nsam.
200 tonnes métriques de gaz par jour pour Yaoundé
Avant le déclenchement de la crise, le volume d’enfûtage indiqué par le ministre pour le site de Yaoundé était de 140 tonnes métriques. Le renforcement de la logistique doit désormais permettre d’assurer un approvisionnement quotidien de la capitale à hauteur de 200 tonnes métriques.
L’engagement a été pris avec cette logistique qui a été renforcée de passer donc à 200 tonnes métriques par jour.
À l’issue de la visite, le ministre a retenu ce nouveau niveau d’approvisionnement comme principal indicateur du dispositif mis en place.
Le chiffre que je retiens donc en sortant du dépôt SCDP de Nsam, c’est que la ville de Yaoundé va recevoir 200 tonnes métriques de gaz chaque jour.
Ce volume doit alimenter les différents points de vente de la capitale et contribuer à réduire les perturbations enregistrées ces dernières semaines.
La crise actuelle du gaz domestique à Yaoundé met ainsi en évidence le rôle de la logistique dans la régularité de l’approvisionnement, au-delà de la seule disponibilité des stocks. Entre l’augmentation de la demande, les contraintes sur le transport Douala-Yaoundé et le renforcement des capacités d’enfûtage de la SCDP, le dispositif annoncé repose désormais sur un objectif de 200 tonnes métriques par jour pour la capitale. L’évolution de la disponibilité dans les points de vente au cours des prochains jours permettra de mesurer concrètement l’efficacité de ces mesures.

