Le 22 septembre 2026, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a proposé 850 milliards de FCFA aux établissements de crédit de la CEMAC dans le cadre de son opération d’injection de liquidité. Les banques commerciales ont finalement sollicité 748,2 milliards de FCFA, soit un taux de souscription légèrement supérieur à 88 %. Ce niveau reste élevé, même s’il marque un ralentissement par rapport aux trois opérations précédentes. Les 1er, 8 et 15 septembre, les taux de souscription avaient atteint respectivement 100,7 %, 100,8 % et 112,9 %, pour une offre de 800 milliards de FCFA à chaque opération. Sur les trois premières semaines de septembre, les banques ont ainsi mobilisé environ 2 400 milliards de FCFA auprès de la banque centrale.
Pourquoi les banques ont-elles besoin de liquidités ?
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette demande selon les financiers. La première raison tient aux besoins de financement de l’économie. Les banques doivent disposer de ressources suffisantes pour répondre aux demandes de crédit de leurs clients. La période de rentrée scolaire et académique peut notamment accroître la demande de crédits destinés aux dépenses liées à l’éducation.
Mais les banques peuvent également rechercher des liquidités pour renforcer leur trésorerie ou financer leurs opérations sur le marché financier sous-régional. Elles figurent notamment parmi les principaux détenteurs des titres publics émis par les États de la CEMAC. Une partie des ressources mobilisées peut donc servir à financer l’acquisition de ces titres.
Une politique monétaire désormais plus accommodante
Cette forte demande intervient également dans un contexte de baisse des taux directeurs de la BEAC. Depuis le 29 juin 2026, le taux d’intérêt des appels d’offres, ou TIAO, est passé de 4,75 % à 4,50 %. Le taux de la facilité de prêt marginal a, lui, été ramené de 6,25 % à 5,75 %. L’objectif est de réduire le coût auquel les banques commerciales peuvent obtenir des ressources auprès de la banque centrale et, à terme, de favoriser une amélioration des conditions de financement dans la sous-région. Le mécanisme attendu est relativement simple : si le coût du refinancement baisse, les banques disposent théoriquement de davantage de marge pour accorder des crédits à leurs clients.
Le véritable test : le crédit à l’économie
Mais c’est ici que se situe le principal enjeu. Une baisse des taux directeurs ne signifie pas automatiquement une baisse des taux appliqués par les banques aux entreprises et aux ménages. Pour mesurer l’efficacité de l’assouplissement monétaire, il faudra donc observer l’évolution des taux débiteurs et surtout des volumes de nouveaux crédits accordés par les banques. La question est donc moins de savoir combien d’argent la BEAC met à disposition des établissements de crédit que de déterminer quelle part de cette liquidité atteint effectivement l’économie réelle.
Pour les entreprises, notamment celles qui cherchent à financer leurs investissements, leur trésorerie ou leur développement, l’enjeu est majeur. Une meilleure transmission de la politique monétaire pourrait faciliter l’accès au financement et soutenir l’activité économique dans la CEMAC. À l’inverse, si les banques mobilisent davantage de ressources auprès de la BEAC sans augmentation significative des crédits accordés au secteur privé, l’effet de l’assouplissement monétaire sur l’économie réelle restera limité. Le prochain indicateur à surveiller sera donc le crédit bancaire : son coût, mais surtout son volume et sa destination.

