Cameroun : RAFMAC renforce ses capacités alors que 92,2 milliards FCFA d’huile de palme sont importés

La Raffinerie Moderne d’Afrique Centrale (RAFMAC), productrice des savons Sanet et de l’huile raffinée Net Oil, prépare la construction d’une nouvelle usine de raffinage d’huiles végétales à Babenga, dans l’arrondissement de Dibombari, région du Littoral. Le projet intervient après le passage de son capital social de 1,84 milliard à 9,735 milliards FCFA en décembre 2025. Dans le même temps, les importations camerounaises d’huile de palme ont atteint 130 564 tonnes en 2025, contre 69 719 tonnes en 2024, pour une facture de 92,2 milliards FCFA.

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Le développement de nouvelles capacités de transformation intervient alors que l’approvisionnement du marché camerounais en huile de palme reste inférieur aux besoins des ménages et des industries.

RAFMAC exploite déjà à Bonabéri, à Douala, une raffinerie d’une capacité de 200 tonnes par jour. L’entreprise prévoit désormais une nouvelle implantation à Babenga, à Dibombari. Le projet doit franchir une étape réglementaire avec la tenue des audiences publiques du 31 août au 5 septembre 2026, consacrées à son étude d’impact environnemental et social.

Pour un investisseur, les données du marché permettent d’identifier les besoins financiers associés à cette expansion : production de matière première, collecte, stockage, transport, première transformation et capacités industrielles.

Un déficit entre production et besoins

La production camerounaise d’huile de palme brute est estimée à environ 450 000 tonnes par an, tandis que les besoins nationaux dépassent 1 million de tonnes. Les capacités installées des raffinerie et savonneries sont, elles, estimées à environ 1,2 million de tonnes.

L’écart entre la production disponible et les besoins du marché conduit les opérateurs à recourir aux importations pour approvisionner les industries et satisfaire la demande intérieure. Cette situation concerne directement les entreprises qui utilisent l’huile de palme comme matière première, notamment les raffineries et les savonneries.

130 564 tonnes importées en 2025

Les données de l’Institut national de la statistique (INS) montrent une forte progression des achats extérieurs. En 2025, le Cameroun a importé 130 564 tonnes d’huile de palme, contre 69 719 tonnes en 2024. La hausse atteint ainsi 87,3 % en volume.

La facture des importations est passée d’environ 49,9 milliards FCFA en 2024 à 92,2 milliards FCFA en 2025, soit une progression d’environ 84 %. Le chiffre de 87 % doit donc être associé aux volumes importés, et non à la valeur financière des importations.

RAFMAC porte son capital à 9,735 milliards FCFA

Cette situation intervient au moment où RAFMAC renforce ses fonds propres. En décembre 2025, les actionnaires ont porté le capital social de l’entreprise de 1,84 milliard à 9,735 milliards FCFA. L’opération représente une augmentation de 7,895 milliards FCFA et a été réalisée par conversion de créances en capital. Le renforcement du capital intervient quelques mois avant le projet de nouvelle usine de Dibombari.

Il ne faut toutefois pas assimiler le capital social de 9,735 milliards FCFA au coût de construction de la future usine. Les deux montants correspondent à des réalités financières différentes : le premier désigne les fonds propres inscrits au capital de l’entreprise , tandis que le coût global du projet doit être déterminé par son propre plan d’investissement.

Une deuxième implantation après Bonabéri

RAFMAC dispose déjà d’une unité industrielle à Bonabéri, d’une capacité de 200 tonnes par jour. La future installation de Babenga doit permettre à l’entreprise de développer ses capacités de raffinage d’huiles végétales.

Le projet se situe donc dans une chaîne comprenant plusieurs étapes : production de l’huile de palme brute, collecte auprès des producteurs, transport vers les unités industrielles, raffinage et distribution des produits finis. Pour les investisseurs et porteurs de projets, ces différents maillons correspondent à des besoins distincts en équipements et en financement.

Le besoin d’investissement se situe aussi en amont

L’augmentation des capacités de raffinage intervient dans un marché où la matière première disponible localement demeure inférieure aux besoins. Le déficit entre une production d’environ 450 000 tonnes d’huile de palme brute et une demande supérieure à 1 million de tonnes crée des besoins d’investissement dans la production agricole et la première transformation.

Les projets peuvent notamment concerner l’augmentation des superficies productives, l’amélioration des rendements, les équipements de récolte et de première transformation, les infrastructures de stockage ainsi que les moyens de transport. Le financement de ces activités constitue un complément au financement des capacités industrielles de raffinage.

Un marché déjà soutenu par des investissements

Le développement de l’offre locale fait également l’objet d’autres projets. En décembre 2025, OPALM a annoncé un investissement de 45 milliards FCFA pour la construction de cinq usines de transformation d’huile de palme au Cameroun. Selon les informations communiquées sur ce projet, ces unités doivent ajouter plus de 108 000 tonnes d’huile de palme brute par an à l’offre locale.

Le projet prévoit également environ 1 650 emplois, dont 450 directs et 1 200 indirects, selon les données communiquées lors de son annonce. Ces investissements s’inscrivent dans un marché où les importations ont atteint 130 564 tonnes en 2025.

La demande industrielle reste supérieure à l’offre disponible

Les capacités installées des raffineries et savonneries camerounaises sont estimées à environ 1,2 million de tonnes, alors que la production nationale d’huile de palme brute est d’environ 450 000 tonnes.

L’écart entre ces deux niveaux concerne directement les industriels qui doivent sécuriser leur approvisionnement. Pour un porteur de projet à la recherche de capitaux, les besoins identifiés se répartissent ainsi entre production agricole, transformation primaire, collecte, stockage, logistique et transformation industrielle.

Les audiences publiques, prochaine étape du projet

Avant la poursuite du projet de Dibombari, RAFMAC doit également franchir l’étape de l’évaluation environnementale et sociale. Les audiences publiques relatives à l’étude d’impact environnemental et social détaillée sont programmées du 31 août au 5 septembre 2026. Elles doivent permettre de recueillir les observations des populations riveraines et des différentes parties prenantes. Le projet est donc encore dans une phase précédant sa mise en exploitation.

RAFMAC prépare une nouvelle usine de raffinage à Babenga, Dibombari, alors que le Cameroun produit environ 450 000 tonnes d’huile de palme brute par an pour des besoins nationaux supérieurs à 1 million de tonnes. Dans ce contexte, les importations ont atteint 130 564 tonnes en 2025, contre 69 719 tonnes en 2024, pour une facture de 92,2 milliards FCFA.

L’entreprise a parallèlement renforcé son capital social, passé de 1,84 milliard à 9,735 milliards FCFA en décembre 2025, et dispose déjà d’une raffinerie de 200 tonnes par jour à Bonabéri.

 les données disponibles montrent que les besoins ne concernent pas uniquement les nouvelles unités de raffinage. Ils portent également sur l’augmentation de la production de matière première, la première transformation, la collecte, le stockage, le transport et les équipements industriels.

Le projet RAFMAC s’inscrit ainsi dans un marché où l’offre locale de matière première reste inférieure aux besoins, tandis que plusieurs investissements sont annoncés pour accroître les capacités de production et de transformation. La prochaine étape du projet de Dibombari est constituée par les audiences publiques prévues du 31 août au 5 septembre 2026.

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