Le conseil d’administration de la Banque européenne d’investissement (BEI) a approuvé, le 23 septembre 2026, un financement de 190 millions d’euros soit 124,6milliards de Fcfa consacré au développement de la chaîne de valeur durable de la noix de cajou (encore appelé anacarde) en Côte d’Ivoire. Le projet, dont le coût global est estimé à 447 millions d’euros, vise les infrastructures de stockage, la logistique et la transformation. Et le financement, qui peut accélérer la transformation locale d’une matière première jusque-là largement exportée à l’état brut, démontre que la filière anacarde en Côte d’Ivoire est un gisement d’opportunités. En effet, ce pays présente des opportunités dans la transformation, le stockage, etc.
Première productrice mondiale de la noix de Cajou, la Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel considérable dans cette filière. Mais l’intérêt est surtout marqué dans la transformation, le stockage, la logistique et la commercialisation des amandes, plutôt que dans le simple achat-revente de noix brutes. En 2025, le pays a produit 1,5 tonnes au moment où les recettes d’exportation ont dépassé 1 000 milliards de FCFA. Cependant, derrière cette production et les recettes engrangées, se trouvent des défis liés à la transformation et la valorisation locales de la noix de cajou.
La question n’est plus seulement de produire et d’exporter la noix brute, mais de savoir comment créer davantage de valeur autour de ce produit de rente. Il faut savoir que seules 659 579 tonnes d’anacarde ont été transformées localement en 2025, soit 43 % de la production.
Seule 43 % de la production nationale transformée en 2025
Pendant ce temps, le gouvernement qui veut passer d’exportateur de noix brutes à exportateur de produits transformés, vise plus de 50 % d’ici 2030. Ce qui implique de moderniser ou construire de nouveaux équipements, et de remédier aux difficultés d’accès au financement. La Côte d’Ivoire dispose de 37 unités de transformation opérationnelles, totalisant une capacité installée de 830.000 tonnes. Ce qui ouvre un espace aux investisseurs capables de financer des unités de transformation supplémentaires.
La disponibilité de la matière première constitue l’un des principaux arguments en faveur de l’investissement. La Côte d’Ivoire dispose d’un volume suffisamment important pour alimenter un marché industriel en développement. Néanmoins, il faut préciser qu’une nette amélioration a été notée dans le secteur de la transformation. Celle-ci était estimée à 344 026 tonnes en 2024 contre 659 579 tonnes en 2025.
37 unités de transformation opérationnelles pour une capacité installée de 830.000 tonnes
Cependant, le marché reste exposé à certains risques. Le premier est celui de la volatilité des marchés internationaux. La fixation du prix bord champ à 400 FCFA en 2026, contre 425 FCFA en 2025, illustre la sensibilité de la filière à l’évolution du marché mondial. Le deuxième risque concerne le financement. Une activité industrielle nécessite du capital pour acheter les noix pendant la campagne, les stocker et assurer le fonctionnement de l’usine avant la commercialisation des produits transformés. Le troisième défi est celui de la qualité. Le rendement en amandes, la qualité des noix et les conditions de stockage peuvent directement influencer la valeur commerciale du produit.

