Avec cet accord, la Guinée renforce son intervention dans la commercialisation de sa production de bauxite. Les statistiques officielles du ministère des Mines indiquent que la production de bauxite a atteint 141,7 millions de tonnes en 2024, contre 123 millions de tonnes en 2023, soit une progression de 15 %. Les exportations ont atteint 145,9 millions de tonnes en 2024.
Le contrat signé entre la Nimba Mining Company, entreprise entièrement publique, et Glencore porte ainsi sur une partie de cette production et s’inscrit dans une stratégie visant à développer simultanément la commercialisation et la transformation locale du minerai.
10 à 12 millions de tonnes par an : un contrat qui sécurise les débouchés
L’accord conclu entre Nimba Mining Company et Glencore prévoit la commercialisation de 10 à 12 millions de tonnes de bauxite par an pendant cinq ans, pour un montant supérieur à 300 millions de dollars.
À l’échelle de NMC, ces volumes correspondent à la montée en puissance de la mine de Tinguilinta. L’entreprise vise 10 millions de tonnes en 2026, puis 12 millions de tonnes par an à partir de 2027, correspondant à la capacité nominale annoncée de la mine. NMC indique avoir expédié plus de 1 million de tonnes en 2025 et dépassé 4 millions de tonnes exportées en 2026. L’accord associe ainsi la production de NMC aux capacités de commercialisation de Glencore, dans le cadre d’un contrat établi à la suite d’un appel d’offres international.
La bauxite brute reste au centre des exportations
Les données officielles du commerce extérieur montrent le poids de la bauxite dans les exportations guinéennes. En septembre 2025, elle représentait 56,7 % des exportations du pays, avec 12,92 millions de tonnes exportées au cours du mois.
La Chine constituait alors le principal débouché, avec 87,7 % des volumes exportés. Cette concentration des exportations intervient alors que les autorités guinéennes annoncent également la recherche de nouveaux débouchés internationaux, notamment au Moyen-Orient.
De la bauxite à l’alumine : plusieurs projets industriels
La transformation locale constitue le deuxième volet de la stratégie guinéenne. NMC prépare une raffinerie d’alumine d’une capacité annoncée de 1,2 million de tonnes par an. En juin 2026, la Guinée a également lancé les travaux de construction de la raffinerie de Chalco à Démoudoula, dans la préfecture de Boffa. Le projet représente 1,68 milliard de dollars d’investissement, pour une capacité annuelle annoncée de 1,2 million de tonnes d’alumine.
Le ministère guinéen des Mines présente cette infrastructure comme la troisième raffinerie d’alumine engagée depuis l’indépendance, après les projets SPIC et Winning Consortium Alumina Guinea. Le projet SPIC représente pour sa part 1,03 milliard de dollars d’investissement, avec une capacité annoncée de 1,2 million de tonnes d’alumine par an et une mine associée pouvant produire 15 millions de tonnes de bauxite par an.
Une ressource de plus de 40 milliards de tonnes
Selon le ministère guinéen des Mines, les réserves de bauxite du pays sont estimées à plus de 40 milliards de tonnes, dont environ 23 milliards de tonnes dans la région de Boké. Ces volumes constituent la base minière sur laquelle reposent les différents projets d’exploitation et de transformation actuellement développés dans le pays.
La Nimba Mining Company dispose, de son côté, d’un capital social de 50 milliards de francs guinéens. L’entreprise indique employer 98 % de Guinéens et prévoit d’atteindre 450 employés d’ici fin 2026. Elle annonce également 1,7 trillion de francs guinéens de dépenses directes annuelles en Guinée. L’accord de plus de 300 millions de dollars conclu entre NMC SA et Glencore porte sur la commercialisation de 10 à 12 millions de tonnes de bauxite par an pendant cinq ans. Il intervient dans un secteur qui a produit 141,7 millions de tonnes de bauxite en 2024, avec 145,9 millions de tonnes exportées la même année.
Parallèlement, plusieurs projets de raffineries d’alumine sont engagés, avec notamment des capacités annoncées de 1,2 million de tonnes d’alumine par an et des investissements dépassant le milliard de dollars pour certains projets.
La trajectoire présentée dans le cadre de Simandou 2040 repose ainsi sur trois niveaux : l’exploitation de la bauxite, la commercialisation du minerai et le développement progressif de capacités de transformation en alumine, avec l’objectif annoncé à terme de produire de l’aluminium en Guinée.

