Le Sénégal a posé la première canalisation du segment nord de son futur réseau national de transport de gaz naturel. La cérémonie a eu lieu le 10 septembre 2026 et était présidée par le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf.
Ce premier maillon d’environ 85 kilomètres vise à acheminer le gaz du Grand Tortue Ahmeyim (GTA) vers la centrale électrique de Gandon (250 MW) pour permettre ensuite son raccordement au reste du réseau gazier national.
D’une longueur de 85 km et d’une capacité de 300 millions de pieds cubes par jour, l’infrastructure doit accompagner la transformation du secteur électrique et soutenir le développement industriel du pays. Selon le ministre, « cette étape permettra, au Sénégal, de matérialiser son ambition de ne plus seulement produire son gaz, mais aussi de le maîtriser, le transporter et le transformer au bénéfice de l’économie nationale ». En effet, cette infrastructure constitue un maillon important dans la stratégie Gas-to-power qui ambitionne de favoriser l’utilisation du gaz produit localement dans la production d’électricité et de réduire progressivement la dépendance au combustibles importés.
Cependant, le ministre a tenu à préciser que cela ne signifie pas une baisse automatique du prix de l’électricité. « La réalisation du gazoduc ne suffira pas, à elle seule, à entrainer une baisse du prix de l’électricité. Celle-ci dépendra aussi de la disponibilité du gaz, du coût du transport, de la performance des centrales et de la qualité du réseau », a-t-il dit non sans manquer de préciser que le gouvernement mise sur une action globale : adaptation du parc de production, renforcement du réseau électrique et réformes du secteur.
Au-delà de l’électricité, le réseau vise, aussi, à rapprocher le gaz des zones industrielles, notamment dans l’agroalimentaire et la transformation, pour renforcer la compétitivité des entreprises sénégalaises.
Le ministre a, en outre, précisé qu’avec cette première canalisation, le Sénégal pose, les bases d’un système énergétique davantage intégré et franchit une étape concrète vers sa souveraineté énergétique.
La construction de l’infrastructure est confiée au consortium Sicilsaldo/Micoperi/Enereco pour 275 millions d’euros, soit 180 milliards de Fcfa.

