Quels sont les risques majeurs de l’intelligence artificielle pour un investisseur ?
Le plus grand risque pour certains investisseurs face à l’intelligence artificielle est la désinformation. Certains font confiance aux informations générées ou fournies par ces outils sans procéder à une vérification préalable avant de prendre une décision.
Quels sont les nouveaux visages de l’intelligence artificielle aujourd’hui ?
Aujourd’hui, l’intelligence artificielle offre de nouvelles possibilités dans plusieurs secteurs, notamment celui des technologies financières, ou fintech. En Afrique, et particulièrement au Cameroun, ce secteur représente une importante opportunité de développement.
Qu’est-ce que l’intelligence artificielle peut apporter à nos marchés financiers ?
Les solutions de fintech permettent aux utilisateurs d’effectuer des transactions financières rapidement, sans nécessairement se rendre dans une banque ni subir les délais d’attente ou les procédures administratives habituelles. Elles facilitent également l’accès aux services financiers, quel que soit le lieu où se trouve l’utilisateur.
À titre d’exemple, M-Pesa permet d’exploiter les informations des clients afin de faciliter l’évaluation de leur profil et de leur accorder, dans certains cas, un crédit en quelques minutes. L’intelligence artificielle peut contribuer à améliorer l’efficacité des opérations sur les marchés financiers, notamment au sein des institutions boursières.
L’un des enjeux importants concerne le respect des délais de transmission des rapports. Les retards peuvent entraîner des pénalités pour les institutions concernées. Grâce à l’intelligence artificielle, il devient donc possible d’améliorer la prévention des retards, d’automatiser la génération de rappels et de mieux suivre les échéances. Ces outils peuvent ainsi aider les professionnels à répondre plus efficacement à leurs obligations et à produire les rapports attendus dans les délais.
Quels sont les risques liés au recours à des outils conçus par d’autres acteurs ?
Le recours à des applications conçues à l’étranger peut créer une dépendance vis-à-vis de solutions développées par des acteurs qui ne connaissent pas toujours suffisamment les réalités de nos marchés.
Il est donc important de disposer d’outils adaptés à nos secteurs d’activité, à nos besoins et à notre environnement réglementaire. Les applications doivent notamment tenir compte de nos spécificités locales et utiliser un langage commun aux différents acteurs du marché.
L’expérience de certaines entreprises qui déploient des solutions dans plusieurs pays africains montre l’importance de développer des applications capables de répondre aux réalités du continent.
Comment favoriser le développement d’applications numériques africaines ?
Il existe aujourd’hui de nombreuses possibilités de développement d’applications numériques en Afrique. Pourtant, au Cameroun, les entreprises ont encore tendance à faire appel à des sociétés étrangères, notamment pour le développement de solutions bancaires et de logiciels spécialisés. Ces entreprises étrangères disposent souvent d’une expérience importante et travaillent déjà avec plusieurs banques. Cela leur donne un avantage sur le marché.
Mais pour favoriser l’émergence de solutions africaines, il faudrait accorder davantage de confiance aux entreprises locales et leur donner la possibilité de proposer des solutions numériques.
L’accès au marché reste toutefois un défi. Lorsqu’une entreprise souhaite proposer ses services à une banque, elle doit souvent justifier de ses références et présenter des clients avec lesquels elle a déjà travaillé. Sans ces références, il devient difficile de convaincre de nouveaux partenaires.
Il est donc essentiel de donner une chance aux entreprises locales, même lorsqu’elles débutent, afin qu’elles puissent développer leurs compétences, faire leurs preuves et même proposer des solutions complémentaires à celles qui existent déjà.
Pourquoi plusieurs entreprises africaines hébergent-elles leurs données dans des centres de données situés hors d’Afrique ?
Plusieurs banques hébergent leurs données en Afrique en raison de la réglementation relative aux données personnelles. Celles qui les hébergent à l’étranger le font peut-être parce qu’elles ont conclu des accords avec les entreprises concernées ou parce qu’elles disposent d’infrastructures historiques situées hors du continent.
Cependant, une bonne pratique consisterait à privilégier, lorsque cela est possible et conforme aux exigences applicables, l’hébergement des données en Afrique, notamment au Cameroun.
Quelles infrastructures numériques faut-il consolider ou mettre en place à l’heure où l’Afrique s’oriente vers la ZLECAf ?
La solution consiste à mettre en place des centres de données. La création de centres de données physiques nécessite toutefois des investissements importants, en particulier en matière d’énergie et d’infrastructures.
Il existe également des solutions d’hébergement dans le cloud, qui peuvent être moins coûteuses que la construction et la gestion d’un centre de données physique. On peut citer, par exemple, OVH ainsi que des acteurs locaux du numérique, comme ST Digital.
Comparativement, les solutions cloud sont relativement moins coûteuses que les centres de données physiques. Toutefois, ces derniers peuvent offrir des possibilités de contrôle, de suivi et de traçabilité des données, au prix d’investissements importants.
Une approche envisageable consisterait à combiner les deux solutions : réserver des espaces dans des centres de données physiques existants et héberger une autre partie des données dans le cloud, notamment auprès de fournisseurs comme OVH. Cette approche permettrait de commencer à équilibrer les infrastructures et les coûts.
À mesure que les entreprises gagneraient en notoriété et accéderaient à davantage de financements, elles pourraient envisager de recourir entièrement à des centres de données physiques ou de créer leurs propres infrastructures. Il faut aussi savoir que pour avoir un bon data centrer sécurisé il faut une redondance, donc deux data centers.

