La réhabilitation de la route Douala-Bafoussam franchit une nouvelle étape. Après l’approbation du financement par la Banque islamique de développement, le décret signé le 2 octobre 2026 permet désormais au Cameroun de formaliser l’accord avec le bailleur.
L’enjeu est important pour cette route nationale qui relie Douala, principal centre économique et portuaire du pays, à Bafoussam, dans la région de l’Ouest. Le projet ne concerne d’ailleurs pas uniquement la chaussée : il prévoit également des interventions sur des voies de desserte et plusieurs infrastructures socioéconomiques.
139,2 milliards de FCFA pour près de 219 km
Le financement de la BID s’élève précisément à 212,349 millions d’euros, soit 139,292 milliards de FCFA, selon l’avis général de passation des marchés publié par l’Agence de régulation des marchés publics. Le projet comprend la réhabilitation de la route Douala-Bafoussam ainsi que des voies de desserte, notamment Loum-Solé-Yabassi sur 53 km et Bafang-Nkondjock sur 55 km.
Pour la route principale, le chantier est organisé en plusieurs sections. Les documents de passation des marchés prévoient notamment 70 km entre Bekoko et Penja, 77,7 km entre Penja et le pont du Nkam, puis 71,2 km entre le pont du Nkam et Bandjoun, soit environ 218,9 km.
Les travaux doivent ainsi permettre de traiter en profondeur un axe dont l’état actuel complique fortement les déplacements des personnes et le transport des marchandises.
Une liaison essentielle pour les échanges
La route Douala-Bafoussam joue un rôle important dans les échanges entre la façade littorale et l’Ouest camerounais. Son amélioration doit faciliter la circulation des produits agricoles, des marchandises et des voyageurs entre les différentes zones traversées.
L’objectif affiché du projet est notamment de renforcer l’interconnexion entre Douala et Bafoussam grâce à la réhabilitation de l’itinéraire. Le ministère des Travaux publics avait indiqué que le financement devait permettre de développer cette liaison et d’améliorer les conditions de circulation sur l’axe. Une route en meilleur état signifie également moins de difficultés pour les transporteurs et une circulation plus régulière des marchandises. Pour les producteurs situés dans les zones desservies, l’amélioration de l’axe peut faciliter l’accès aux marchés de Douala et de l’Ouest.
Des routes secondaires et des infrastructures de proximité
Le projet va au-delà de la seule route principale. Les documents disponibles font également état de la réhabilitation d’environ 108 km de routes locales ou rurales. Le programme prévoit par ailleurs des interventions sur des infrastructures socioéconomiques, notamment des écoles, des centres de santé, des marchés, des équipements agricoles et des installations d’approvisionnement en eau.
Ces composantes doivent permettre de mieux relier les populations et les activités économiques locales à la route principale. Elles peuvent notamment faciliter l’évacuation des productions agricoles vers les centres de consommation et améliorer l’accès aux services de base dans les localités concernées.
Des marchés pour les entreprises
La mobilisation de cette enveloppe ouvre également une importante phase de passation des marchés. L’Agence de régulation des marchés publics précise que les ressources du financement de la BID serviront au paiement de biens, travaux, services connexes et services de conseil dans le cadre du projet. La préqualification des entreprises est notamment prévue pour les contrats de construction et de réhabilitation de la route.
Le chantier devrait donc mobiliser plusieurs catégories d’entreprises, depuis les sociétés chargées des travaux routiers jusqu’aux bureaux d’études, entreprises de contrôle, fournisseurs et prestataires intervenant autour du projet. Les procédures de recrutement des entreprises doivent ainsi constituer une étape déterminante avant le démarrage effectif des travaux.
Une opération financée sur plusieurs années
Le financement de la BID couvre la majeure partie du coût du projet. Les données publiées en septembre 2026 évaluent l’opération à environ 150,82 milliards de FCFA, dont 139,3 milliards de FCFA apportés par la BID et environ 11,53 milliards de FCFA à la charge de l’État camerounais. Le financement de la BID est annoncé sur une maturité de 20 ans, avec une période initiale de cinq ans.
Le décret du 2 octobre vient donc formaliser l’étape permettant au ministre de l’Économie de signer l’accord avec la banque. La suite du processus devra conduire à la finalisation des procédures contractuelles et au lancement effectif des travaux.
À travers cette opération, la route Douala-Bafoussam devient surtout un chantier qui doit reconnecter des territoires, faciliter les échanges et améliorer les conditions de circulation sur l’un des axes importants entre le Littoral et l’Ouest.
Le véritable enjeu sera désormais de voir les 139,2 milliards de FCFA se traduire sur le terrain par une route praticable, des déplacements plus réguliers et une circulation plus fluide des marchandises. C’est à ce niveau que se mesurera concrètement l’impact du projet sur les populations et sur l’activité économique des régions traversées.

