Après les rencontres entre le président de la République et la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES) puis le Conseil national du patronat (CNP), respectivement les 17 juillet et 3 septembre derniers, le Premier ministre a rencontré ce mercredi 17 septembre 2026 le secteur privé sénégalais. Une occasion pour Ahmadou Al Aminou Lo de se prononcer sur la réglementation en vigueur dans le secteur privé. Une manière de répondre aux inquiétudes du président du Conseil du patronat Sénégalais (CNP), Baïdy Agne. Ce dernier a, lors du débat sur les Partenariats public-privé, qui s’est tenu le 16 septembre 2026, plaidé pour le vote d’une loi différente du contenu local. Pour ce dernier, il faut une loi plus générale qui prend en considération les projets stratégiques.
Mais, de l’avis chef du gouvernement sénégalais, le défi auquel le Sénégal se trouve confronté n’est plus de concevoir des réformes supplémentaires, mais de convertir celles qui existent déjà en services accessibles, rapides et effectivement utilisés. Il s’agit du Code des investissements de 2025 et le cadre rénové des partenariats publics-privés. Ces deux textes garantiront, selon lui, la sécurité juridique, la protection contre l’expropriation et la liberté de transfert des capitaux. « C’est le sens des chantiers que le gouvernement compte finaliser avant la fin de cette année 2026 », a-t-il indiqué.
Le Premier ministre sénégalais a, par ailleurs annoncé que le Code général des Impôts et le Code général des Douanes seront soumis aux commentaires et observations du secteur. De même, affirme-t-il,
« le projet de loi d’orientation sur le patriotisme économique sera finalisé. Le gouvernement entend, en outre, veiller à l’application consensuelle des recommandations des États généraux de l’Industrie, du Commerce et des PME/PMI ».
« Le défi auquel le Sénégal se trouve confronté n’est plus de concevoir des réformes supplémentaires »
Sur le rôle du secteur privé dans la transformation structurelle de l’économie sénégalaise, le Premier ministre sénégalais a indiqué que cette transformation va d’abord reposer sur le secteur privé, qui porte l’effort de création de richesses et d’emplois. Elle ne se fera pas, affirme-t-il, par la seule volonté de l’État. « Elle reposera d’abord sur vous : les entrepreneurs, industriels, commerçants et investisseurs qui portez, chaque jour, l’effort de création de richesses et d’emplois », a-t-il dit aux membres du secteur privé lors de l’ouverture de la rencontre de prise de contact et d’échanges.
Il a, aussi, tenu à rassurer que « l’État n’a ni la vocation, ni les moyens de se substituer à l’initiative privée ». Son rôle, précise-t-il, « est désormais celui d’un Etat stratège à savoir de fixer le cap, de réguler, de sécuriser l’investissement et de lever les contraintes au développement de l’initiative privée. Ce que l’État doit surtout à l’entreprise, c’est la prévisibilité des règles, la célérité de l’action administrative et le paiement de ses dettes ». Et sur ce dernier point, le chef du gouvernement sénégalais a tenu à rassurer le secteur privé concernant l’apurement de la dette intérieur. « Il sera conduit à son terme. Le secteur privé ne sera pas une variable d’ajustement de la trésorerie publique », a-t-il promis.
« L’apurement de la dette intérieur sera conduit à son terme »
Ahmadou Al Aminou Lo n’a pas manqué de rappeler l’ambition des pouvoirs publics de sortir l’économie sénégalaise de sa dépendance multiforme, pour construire une économie productive, industrialisée et créatrice de valeur ajoutée locale. Sur ce registre, il a fait savoir que cette transformation n’est pas une option, elle est une nécessité d’autant plus que la part de la valeur ajoutée manufacturière dans le PIB du Sénégal ne dépasse pas les 20% depuis une décennie.
A cela s’ajoute les entreprises Sénégalaises qui peinent à gagner des parts de marché importantes dans les grands travaux de l’Etat. « Elles restent pour la plupart confinées sur le territoire national, ne pouvant profiter des opportunités offertes par nos espaces intégrés de l’UEMOA, de la CEDEAO et de la ZLECAF. La formalisation de bon nombre d’entreprises demeure incomplète », a-t-il fait remarquer. Et face à cette situation, le chef du gouvernement sénégalais reste convaincu qu’il faut inverser cette trajectoire, filière par filière, territoire par territoire.
Ce qui suppose, selon lui, de construire, autour des ressources naturelles et agricoles, des avantages comparatifs sur les services, de véritables chaînes de valeur intégrées, capables de capter une part croissante de la valeur ajoutée nationale. Il s’agit également de consolider nos zones économiques spéciales et nos pôles industriels aménagés, et de faire du contenu local, dans la commande publique comme dans les grands projets d’investissement, un principe d’action et non une simple déclaration d’intention ».

