Investissez pour demain. Protégez-vous dès aujourd’hui.
Le thème choisi par la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF) a donné le ton d’une édition 2026 largement consacrée à la prévention des risques. Organisée simultanément à Douala, Brazzaville et Bangui, la manifestation s’inscrit dans la World Investor Week, campagne mondiale de l’OICV/IOSCO lancée en 2017 pour promouvoir l’éducation financière et la protection des investisseurs.
Arnaques, deepfakes et confiance
La première journée a mis l’accent sur la défense de l’épargnant. Autour des arnaques financières, l’ANIF Cameroun, l’ANTIC et un magistrat spécialiste du cyberdroit ont détaillé les mécanismes de détection et les mesures préventives, ainsi que le rôle des administrations et pouvoirs publics.
Place ensuite au numérique. Expert en intelligence artificielle et un spécialiste de la cyberderit ont passé en revue les risques de désinformation et de deepfakes. Faux témoignages vidéo, clonage de voix, documents générés par IA, les fraudeurs usent de plusieurs moyens. En fin de journée, des dirigeants de sociétés de gestion ont expliqué comment restaurer la confiance pour attirer l’épargne populaire vers le financement de l’économie réelle.
Le marché s’ouvre à l’informel et aux PME
Le second jour a fait entrer dans le débat ceux que la finance touche encore peu. Dans le volet consacré au secteur informel, les intervenants ont appelé à souscrire à des assurances, y compris à titre individuel. La CNPS propose ainsi des services aux particuliers, dont des produits de retraite. Les discussions ont également porté sur les véhicules d’investissement adaptés à l’informel et sur la sécurisation de la trésorerie de ses acteurs. Les intervenants ont d’ailleurs lancé l’appel aux entreprises relevant du secteur informel à penser à se formaliser pour facilement bénéficier des financements.
L’après-midi a été consacrée aux PME et aux start-up. La Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) y a présenté ses mesures d’accompagnement, notamment le programme BVMAC ESPro (Enterprise Support Program). Cet incubateur, surnommé « usine à émetteurs », vise à préparer les entreprises de la zone CEMAC à accéder au marché financier, par introduction en bourse ou par émission obligataire. À terme, l’objectif est d’élargir l’offre de titres, et donc les choix des investisseurs.
Six réflexes à retenir
Vérifier avant de payer. Contrôler l’agrément de tout professionnel ou plateforme. Une promesse de rendement élevé avec un risque faible ou nul est, selon la COSUMAF, un signal d’alerte quasi certain. Résister à la pression. L’urgence artificielle est une tactique classique des fraudeurs. Ne jamais communiquer identifiants, mots de passe ou codes à un interlocuteur non sollicité.
Garder l’esprit critique face à l’IA. Elle peut aider à décider, pas se substituer à la recherche indépendante. Elle peut aussi produire des réponses convaincantes mais fausses.
Bâtir sa résilience. Fonds d’urgence, diversification, rééquilibrage régulier, et pas de décisions dictées par l’émotion ou les réseaux sociaux. Jouer la durée. Investir régulièrement, surveiller les frais et laisser agir les intérêts composés.
S’assurer et préparer sa retraite, y compris hors salariat : c’est d’ailleurs le message fort du second jour. En fin de compte, le régulateur du marché financier de la CEMAC, la COSUMAF insiste sur une idée à savoir que la protection de l’investisseur ne se décrète pas, elle s’apprend, et dans la durée. Les fraudes évoluent sans cesse, et seule une éducation continue, plus qu’une sensibilisation ponctuelle, offrant une protection durable.

