Le mobile money franchit un nouveau cap dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Dans une décision prise le 8 octobre 2026, la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé de relever les plafonds applicables à la monnaie électronique. La réforme porte sur le montant maximal des avoirs détenus par un client auprès d’un même établissement émetteur. En effet, à partir du 2 novembre 2026, les utilisateurs pourront détenir jusqu’à 4 millions de FCFA auprès d’un même établissement émetteur, contre 2 millions auparavant.
La BCEAO prévoit par ailleurs que les soldes détenus par un même client auprès d’un même émetteur soient pris en compte de manière cumulée. Autrement dit, la multiplication des portefeuilles au sein d’un même établissement ne permet pas de contourner le plafond réglementaire. Au-delà du montant maximal conservé dans un portefeuille électronique, la réforme prévoit également un relèvement du plafond cumulé des rechargements mensuels, qui passe de 10 à 15 millions de FCFA.
Il faut, cependant, préciser que cette évolution concerne particulièrement les professionnels qui utilisent les paiements électroniques pour encaisser des recettes, régler des fournisseurs ou effectuer des opérations commerciales récurrentes.
« Les plafonds fixés au présent article ne sont applicables ni aux distributeurs ni aux accepteurs de monnaie électronique, lorsqu’ils agissent dans le cadre de leur activité professionnelle »,
précise la décision.
A noter que cette décision intervient dans un contexte marqué par la progression des paiements numériques, notamment à travers les services de transfert d’argent et les portefeuilles électroniques utilisés quotidiennement par les ménages, les commerçants et les petites entreprises. Pour les utilisateurs de services de Mobile Money, ce relèvement représente une augmentation significative de la capacité de détention de monnaie électronique. Il pourrait ainsi répondre aux besoins d’acteurs économiques dont les opérations dépassent progressivement les limites jusque-là applicables.
Au Sénégal, où les services de paiement mobile occupent une place importante dans les échanges quotidiens, le relèvement des plafonds pourrait favoriser une utilisation plus intensive de la monnaie électronique, notamment pour les paiements commerciaux et les transferts de montants importants. Pour les petites et moyennes entreprises, les commerçants et les travailleurs indépendants, la possibilité de conserver davantage de fonds dans un portefeuille électronique pourrait également améliorer la gestion de certaines opérations courantes.
Au plan sécuritaire, les établissements concernés devront continuer à appliquer les exigences réglementaires en matière d’identification des clients, de surveillance des opérations et de prévention des activités illicites. Le relèvement des limites ne doit donc pas être interprété comme un assouplissement général des obligations de contrôle. L’enjeu sera désormais de transformer cette marge de manœuvre supplémentaire en un levier d’inclusion financière et d’activité économique, sans fragiliser la sécurité du système de paiement.

