Filière bois : Lomié veut transformer 150 000 m³ de bois par an et créer 8 500 emplois

À Lomié, dans la région de l’Est, la transformation locale du bois entre dans une nouvelle phase avec la mise en œuvre annoncée du SMEs Wood’s Park, au sein du Complexe industriel intégré de transformation du bois de Lomié (CIBLO). Le projet doit accompagner 241 PME, artisans et organisations de l’économie sociale, traiter jusqu’à 150 000 m³ de bois brut par an et générer environ 8 500 emplois directs. Un dispositif qui prend une importance particulière à l’approche de l’interdiction de l’exportation des grumes prévue à partir du 1er janvier 2028.

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La convention signée le 6 octobre 2026 à Yaoundé entre le ministre des PME, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, et le maire de Lomié, Gérard Lomié, fixe le cadre de mise en œuvre du SMEs Wood’s Park. Installé au sein du CIBLO, le parc doit créer un environnement permettant aux PME, aux artisans et aux organisations de l’économie sociale de participer davantage à la transformation de la ressource forestière.

Pour la filière bois, l’enjeu est principalement économique : transformer davantage sur place signifie multiplier les opérations réalisées avant la commercialisation du produit final. Sciage, séchage, menuiserie, fabrication et autres activités connexes peuvent ainsi générer de la valeur, de l’emploi et de la demande pour des services autour de la matière première.

Le projet arrive surtout à un moment où la filière doit adapter son modèle à la fin annoncée de l’exportation des grumes à partir de 2028. La capacité industrielle prévue à Lomié doit donc permettre d’orienter davantage de bois vers la transformation locale.

150 000 m³ de bois brut à traiter chaque année

Le SMEs Wood’s Park affiche une capacité annoncée de 150 000 m³ de bois brut par an. Ce volume donne une indication de l’échelle industrielle recherchée. À titre de simple comparaison mathématique, si les 8 500 emplois directs annoncés étaient rapportés à cette capacité, cela représenterait environ 17,6 m³ de bois brut par emploi direct et par an, ou encore 12,5 emplois directs pour 100 m³. Ce ratio ne constitue pas une productivité officielle : il permet uniquement de mettre en perspective les deux objectifs annoncés.

L’activité générée autour de ces volumes ne concerne pas uniquement les opérations de transformation. Elle implique également l’approvisionnement, le transport, la manutention, l’entretien des équipements, l’énergie, la commercialisation et différents services destinés aux entreprises.

241 acteurs intégrés à la chaîne de valeur

L’autre donnée importante du projet est le nombre de bénéficiaires ciblés : 241 PME, artisans et organisations de l’économie sociale. Le parc ne se limite donc pas à une infrastructure de transformation. Il doit également servir de cadre à un tissu d’entreprises intervenant à différents niveaux de la chaîne.

Pour ces acteurs, l’intérêt économique réside dans l’accès à un environnement industriel commun et dans la possibilité de développer des activités autour d’une matière première disponible localement. La concentration de ces activités au sein d’un même dispositif peut également favoriser la sous-traitance et la circulation de revenus entre les différentes entreprises de la chaîne.

Une ressource forestière à valoriser davantage

Le choix de Lomié est directement lié à son environnement forestier. La commune dispose notamment d’une forêt communale de 55 000 hectares, tandis que 15 190 hectares supplémentaires sont annoncés en cours de classement. Ces superficies donnent au projet une base de ressources importante, mais elles ne constituent pas à elles seules une garantie de volume industriel disponible. L’exploitation doit rester liée aux règles de gestion forestière, aux autorisations et aux conditions d’approvisionnement du parc.

L’enjeu pour le projet est donc de transformer cette disponibilité potentielle de matière première en activité industrielle régulière, avec des entreprises capables d’en tirer une valeur commerciale.

La transformation plutôt que l’exportation du bois brut

La principale évolution économique recherchée se situe dans le passage du bois brut au produit transformé. Un bois exporté sous forme de grume quitte le territoire après une première opération d’exploitation. À l’inverse, lorsqu’il est transformé localement, plusieurs étapes économiques peuvent être réalisées au Cameroun avant sa commercialisation.

Le sciage, le séchage, la fabrication de meubles ou d’autres produits en bois mobilisent alors des entreprises, des travailleurs, des équipements et des services. La valeur générée par la ressource est ainsi répartie sur plusieurs maillons de la chaîne.

C’est cette logique que le SMEs Wood’s Park cherche à renforcer avec ses 150 000 m³ de capacité annuelle et ses 241 structures ciblées.

2028, une échéance qui renforce l’enjeu industriel

Le projet intervient également à moins de deux ans de l’échéance du 1er janvier 2028, date annoncée pour l’interdiction de l’exportation des grumes dans l’espace CEMAC.

Cette évolution oblige les acteurs de la filière à disposer de capacités de transformation suffisantes pour absorber une partie du bois qui ne pourra plus être commercialisé sous forme brute.

Pour Lomié, le calendrier donne donc une dimension supplémentaire au projet. Le parc doit contribuer à préparer les entreprises locales à une filière dans laquelle la transformation devient une étape incontournable avant la mise sur le marché.

Une activité qui dépasse la seule filière bois

Les effets économiques attendus ne se limitent pas aux entreprises qui manipulent directement le bois. Une capacité de 150 000 m³ par an nécessite des moyens de transport pour acheminer la matière première et les produits finis. Elle suppose également des besoins en maintenance, équipements, énergie, stockage, logistique et services aux entreprises.

Les 8 500 emplois directs annoncés donnent une mesure de l’ambition du projet. À ceux-ci peuvent s’ajouter des activités économiques induites par le fonctionnement du parc, même si aucun chiffre officiel d’emplois indirects n’est annoncé dans le cadre de la convention présentée le 6 octobre.

Cette distinction est importante : les 8 500 emplois correspondent à l’objectif d’emplois directs annoncé et ne doivent pas être confondus avec une estimation des emplois indirects.

La plus-value recherchée est dans l’aval de la filière

Pour l’économie locale, la principale plus-value du projet tient donc à la multiplication des activités réalisées après l’exploitation forestière.

Les 150 000 m³ constituent la matière première annoncée. Les 241 PME, artisans et organisations représentent les acteurs appelés à participer à la chaîne. Les 8 500 emplois directs correspondent à l’impact sur le marché du travail visé par le projet.

Le modèle recherché consiste ainsi à transformer davantage de bois sur place et à faire circuler une partie de la valeur créée entre plusieurs entreprises avant la commercialisation du produit final.

Avec le SMEs Wood’s Park, Lomié se positionne sur une activité industrielle dont les principaux objectifs sont désormais chiffrés : 150 000 m³ de bois brut à traiter chaque année, 241 PME, artisans et organisations à accompagner et environ 8 500 emplois directs à créer.

Le projet s’inscrit surtout dans la préparation de l’échéance de 2028, qui doit mettre fin à l’exportation des grumes. Pour la filière camerounaise, le défi est alors de disposer de suffisamment de capacités pour transformer localement une plus grande partie de la ressource.

À Lomié, la logique économique est donc celle d’un déplacement de la valeur vers l’aval : moins de bois vendu comme matière brute et davantage d’activités réalisées autour de sa transformation, de sa fabrication et de sa commercialisation.

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